De l’ADN pour remplacer nos disques durs ?

Des chercheurs de l’école polytechnique de Zurich, en Suisse, ont réussi à stocker un album de Massive Attack dans des brins d’ADN.

Crédit photo : AFP
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On parle toujours du numérique comme étant l’une des plus grosses évolutions technologiques récentes. Si nous sommes loin d’en avoir exploité toutes les capacités, certains pensent déjà à la prochaine transition qui aura lieu. Cette dernière pourrait bien venir de la biologie, puisque l’ADN est depuis quelques années sérieusement envisagé en tant que support de stockage de données. La raison en est simple : l’ADN est tellement dense qu’il est virtuellement possible de stocker une quantité de données phénoménale dans un encombrement réduit. De quoi proposer une alternative franchement plus attrayante aux gigantesques et couteux (tant sur le plan pécuniaire qu’environnemental) data centers utilisés par les grandes entreprises. Une équipe de chercheur suisse a récemment stocké l’album Mezzanine du groupe de trip-hop Massive Attack dans des brindilles d’ADN, eux-mêmes placés dans des nano-billes de verre.

L’avantage, c’est que ce mode de stockage est d’une stabilité qui dépasse toutes nos technologies actuelles. L’album de musique pourra être stocké pendant des milliers d’années avant qu’il ne se dégrade. Une longévité impensable avec un disque dur classique ou de la mémoire flash que l’on retrouve dans nos ordinateurs, smartphones, tablettes etc. La technologie de stockage sur ADN n’est pour le moment qu’en phase de développement et n’est absolument pas prête pour un déploiement à grande échelle. Il faut un effet du matériel et des connaissances poussées pour pouvoir encoder des fichiers numériques composés de 0 et de 1 en « langage » ADN qui s’exprime à travers les lettres A, T, C et G. De même, n’importe qui ne peut pas lire un fichier stocké dans de l’ADN.

Il est également question de place : l’album de Massive Attack a été compressé à 15 Mo pour l’expérience, ce qui en fait le deuxième plus gros fichier jamais inscrit sur des brins d’ADN. Le fichier le plus volumineux pèse 200 Mo et a été synthétisé par Microsoft. Bien loin donc des standards pour les supports de stockage actuels, qui dépassent de plus en plus souvent le téraoctet (1000 Go). Une fois ce problème de place résolu, le stockage sur ADN pourra vraiment commencer à être employé de façon régulière. Facile à transporter, pérenne et fiable, cette technologie à de quoi séduire, surtout dans un monde où des entreprises comme Google gère quotidiennement environ 25 pétaoctets (25.000 téraoctets) de données !