Issu d’une collaboration entre Microsoft et le studio indépendant MDHR, Cuphead est une exclusivité Xbox One qui a su faire monter l’attente en affichant son esthétique cartoon flamboyante dans moult vidéos. Mais derrière sa beauté plastique se cache un titre retors qui mettra les nerfs des joueurs à rude épreuve.

Cuphead don't deal with the devil

Cuphead et Mugman sont deux tasses qui, après avoir perdu une partie de poker contre le Diable, doivent partir récolter pour ce dernier les âmes des créatures farfelues habitant Inkwell Isle. Sur cette île haute en couleurs divisée en trois parties que l’on parcoure en vue du dessus, nos héros vont de boss en boss, récoltant au passage des pièces dans des phases de plateforme qui leur seront bien utiles pour améliorer leur redoutable tir sortant de…leur index !

Des influences délicieusement rétro

Conçu initialement comme un pur boss rush, Cuphead est issu de l’imagination des frères Moldenhauer. Ces deux canadiens ont travaillé durant sept ans sur leur bébé, dessinant et animant chaque image à l’ancienne, c’est-à-dire à base de bons vieux crayons, de celluloïds et de peinture à l’aquarelle, notamment utilisée pour les décors. Le résultat est un ravissement pour les yeux en hommage aux dessins animés des années 30, véritable âge d’or d’où émanaient des personnages tels que Mickey Mouse et Betty Boop. L’amour de cette époque transpire de chaque image de Cuphead, son ambiance rétro étant joyeusement rythmée par une bande sonore jazzy du plus bel effet.

Les influences de Cuphead lorgnent aussi bien sûr du côté du jeu vidéo. A l’instar d’un Contra III ou d’un Gunstar Heroes, le jeu est un run and gun agrémenté d’une petite dose de shoot’em up à défilement horizontal. Les héros peuvent ainsi tirer dans huit directions différentes, sauter, s’accroupir et même profiter d’un dash. Le joueur a également la possibilité d’utiliser un « parry » en rebondissant sur le moindre élément rose présent à l’écran. Autant de mouvements et d’actions simples et efficaces qui vous permettront de venir à bout des boss et niveaux retors présents tout au long de l’aventure.

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Une difficulté diaboliquement élevée

Autant vous prévenir, vous aurez besoin de bien maîtriser ces bases pour venir à bout du titre. A l’image des jeux cités plus haut, Cuphead est un monstre de difficulté qui demande beaucoup de patience, de dextérité et de concentration. Vous allez littéralement vous arracher les cheveux ! Les boss, qui composent la plus grosse partie du jeu, sont diaboliquement retors et changent leurs attaques lors de plusieurs phases. Cela engendre une foule de patterns à étudier attentivement mais prenez gare, car ils ne sont pas toujours lancés dans le même ordre lors d’un nouvel essai. Car n’imaginez pas réussir à battre un boss du premier coup : Cuphead embrasse les mécaniques du die and retry et vous allez mourir, au bas mot, des centaines de fois.

Vous aurez toujours la possibilité de choisir le mode facile qui supprime notamment certaines transformations des ennemis mais qui ne permet pas d’accéder au monde final, uniquement accessible en ayant récolté les âmes des ennemis en mode normal. Pour profiter du jeu pleinement, il va donc falloir souffrir.

Vous pourrez d’ailleurs décider de souffrir à deux, le jeu permettant de jouer en coopération (mais uniquement en local). On pourrait se dire que l’aventure est plus facile de cette façon, mais, même si ce mode permet de ressusciter son partenaire grâce à un « parry » effectué sur son fantôme, il ne simplifie pas forcément les choses, l’encombrement à l’écran devenant bien trop souvent important.

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Une persévérance récompensée

Pour peu que l’on soit habitué au genre, on ne se décourage pour autant pas devant les nombreux échecs et l’on a toujours envie de recommencer pour aller plus loin et voir ce que nous ont réservé les développeurs. Le rythme trépidant du jeu nous y pousse ainsi que sa direction artistique singulière à se damner, d’où émerge des idées peu vues dans l’univers du jeu vidéo.

Cuphead fourmille véritablement de détails et d’animations à la fois dingues et magnifiques. On soulignera d’ailleurs que ça fourmille tellement que la lisibilité à parfois tendance à en pâtir (des éléments à l’avant-plan cachant parfois des projectiles adverses, par exemple). Un fait qui se produit d’ailleurs davantage lorsque l’on approche de la fin du jeu.

cuphead boss

Un peu de plateforme pour le skill

Entre les combats de boss, une petite poignée de phases de plateforme sous forme de run and gun permettent de récolter des pièces pour l’achat d’améliorations. Celles-ci permettent de changer le tir principal, d’obtenir des attaques spéciales ainsi que des charmes. Allant du tir autoguidé à l’ajout d’un point de vie, ces améliorations s’avèrent très utiles mais sont à utiliser à bon escient, l’ajout du point de vie diminuant par exemple légèrement votre puissance de tir. Des combinaisons à tester et à adopter en fonction de l’ennemi que l’on affronte, ce qui ajoute à l’ensemble une petite dimension stratégique  pas désagréable.

Notons que pour obtenir certaines attaques spéciales, il faudra passer par les mausolées présents sur la carte. Ces endroits demandent au joueur d’enchaîner les « parry » sur des fantômes roses afin de libérer un esprit qui remettra les super attaques en question. Sympathique.

Si tout tourne à merveille et que recommencer un niveau après être mort se fait immédiatement, lancer la partie, entrer dans un niveau ou dans une nouvelle zone passe par contre par un écran de chargement longuet qui a même tendance à ramer. Un petit bémol qui a néanmoins la vertu de permettre de reprendre son souffle entre deux affrontements acharnés.

Les + :

– Une direction artistique époustouflante
– Des boss étonnants et variés
– Les attaques spéciales et les charmes
– Le prix doux (20€)

Les – :

– Une difficulté qui peut rebuter les moins courageux
– Des temps de chargement longuets
– Un confort de jeu parfois amoindri par l’encombrement d’éléments à l’écran

Conclusion

Ne vous fiez pas à son esthétique douce et charmeuse : Cuphead est un jeu exigeant destiné aux hardcore gamers habitués aux mécaniques du die and retry. Pour peu que l’on fasse preuve de patience et de persévérance, le titre propose une aventure singulière regorgeant d’affrontements marquants et de tableaux aussi beaux qu’ahurissants que vous n’êtes pas prêts d’oublier.

16/20

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