Début septembre, nous avons eu l’occasion de rencontrer Rob Maigret, l’une des têtes pensantes qui se cachent derrière le robot BB8, le premier “robot domestique”. Bien plus qu’un simple jouet, ce petit robot est avant tout un compagnon qui entretiendra une véritable relation avec son propriétaire… Explications.

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“Tout a commencé il y a un peu plus d’un an” explique Rob Maigret, l’ex-senior vice-président of global creative chez Disney. “A l’époque, Sphero faisait partie des participants à un accélérateur de startup chez Disney.” Contrairement à la plupart des participants, la startup disposait déjà d’un vaste portfolio de produits et était déjà une société parfaitement rentable. Leur démarche n’était pas “commune”, selon Rob Maigret, qui a immédiatement été attiré par les idées de la jeune startup. Contrairement à la plupart des spécialistes de la robotique, Sphero ne conçoit pas de robot ménager, ou ayant une quelconque utilité. L’entreprise américaine s’est spécialisée dans la conception de robot qui ont pour seul et unique but de divertir.

“Disney a montré une photo de BB8 aux employés de Sphero et ils leur ont demandé s’ils pourraient fabriquer un tel robot” explique Rob Maigret. “En une demi-heure, ils avaient un prototype fonctionnel.” Bien plus qu’un simple figurant dans la nouvelle saga Star Wars, BB8 devait avant tout être une icône, LE personnage qui fera sourire les spectateurs. Il était donc logique que Disney collabore étroitement avec Sphero sur ce projet. De ce fait, si les ingénieurs de Sphero ont eu le champ libre dans la création du produit, certains aspects ont été entièrement pris en main par Disney, c’est le cas notamment du packaging, qui devait suivre les lignes directives du géant américain. “C’était un certain challenge pour Sphero car une petite société n’a généralement pas besoin de recevoir l’aval d’une société mère pour chaque décision, mais notre collaboration avec Disney a fait de notre société une meilleure entreprise.”

Par ailleurs, BB8 rejoignait totalement l’objectif de la jeune startup, qui avait déjà créé plusieurs robots fonctionnels sans toutefois pouvoir leur donner une identité à part entière. “La tête donne toute son identité à BB8″ explique Rob Maigret. “Mais toute la magie réside dans le software.” Si BB8 ressemble à s’y méprendre aux précédents produits de la marque américaine, l’approche est ici radicalement différente puisqu’il n’est pas tant question de réaliser des pirouettes avec un jouet télécommandé mais davantage d’interagir avec un robot à la personnalité bien développée. “BB8 ne sait pas parler, mais il fait des petits bruits qui lui sont caractéristiques et il réagit à certains ordres qu’on lui donne.”

Dès l’ouverture de la boite, la magie opère. BB8 est en effet livré comme s’il s’agissait d’un véritable droïde. Le boitier dans lequel il est soigneusement rangé ressemble à s’y méprendre à un container, il n’y a pas de manuel, et le robot se charge comme par magie grâce à une plaque à induction. Une fois allumé, le droïde se dirige via une application qui lui est entièrement dédiée. L’interface de l’application ressemble à l’interface typique des droïdes croisés dans l’univers de Star Wars. “Ce n’est pas juste un robot, c’est un véritable ordinateur dont on peut contrôler la température, les mouvements et chaque élément indépendamment!” Si BB8 se dirige directement avec un smartphone, qui joue ici le rôle de télécommande, il est également possible de lui donner certains ordres vocalement, d’utiliser l’appareil photo de son smartphone pour visualiser des hologrammes qu’il fait apparaître en réalité virtuelle, et même de lui faire cartographier son environnement.

“BB8 n’a pas de réel objectif” explique Rob Maigret, “si ce n’est de vous rendre heureux“. “Il fait sourire les gens, il a un effet quelque peu thérapeutique. Après quelques minutes, les gens ne voient plus en lui un robot mais un compagnon.”

Le “form factor” joue ici un rôle primordial. Selon Rob Maigret, BB8 n’aurait pas le même succès auprès des gens s’il avait la forme d’un chien ou d’un animal. “S’il était un chien, il ne serait pas aussi fascinant.” Avec BB8, Sphero veut créer bien plus qu’un simple objet de divertissement, il veut avant tout que le consommateur se sente à l’aise avec un robot qui lui permettra peut-être de se sentir moins seul. “Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère” précise Rob Maigret, qui entrevoit un monde dans lequel les robots feront partie intégrante de notre environnement dans 20 ans. Pour Sphero, le potentiel de BB8 est gigantesque. “Notre histoire ne fait que commencer avec BB8 explique Rob Maigret.” L’avenir réserve encore de nombreuses surprises, notamment au niveau des interactions avec ces objets connectés, qui devraient se faire sans smartphone. Pour Sphero, c’est une certitude, les contrôles gestuels et vocaux remplaceront rapidement les contrôles tactiles, devenus presque ringards. Reste à présent à voir si le grand public cédera rapidement à cette nouvelle tendance, qui devrait recevoir un premier accueil chaleureux des fans de la saga.