S’il existait déjà de nombreux casques de réalité virtuelle, la plupart ne donnaient malheureusement accès qu’à une poignée d’applications souvent très banales qui permettaient au mieux de découvrir le concept de la réalité virtuelle. Avec son Gear VR, le géant de l’électronique Samsung passe à la vitesse supérieure en mettant l’accent sur le contenu et la qualité de son produit.

 © E.F.
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Du Cardboard de Google au VR One de Carl Zeiss, les casques de réalité virtuelle inondent le marché depuis plusieurs mois. Coûtant entre dix euros et quelques centaines d’euros, ils proposent une expérience unique qui consiste à se couper du monde qui nous entoure pour se plonger dans une “réalité virtuelle.” Grâce à des capteurs, le casque est capable de simuler les mouvements de la tête dans une vidéo ou un jeu à 360 degrés, et créer ainsi l’illusion d’un monde alternatif. Malheureusement, si la technologie est au point, on a pu remarquer au cours de ces derniers mois que le contenu proposé restait très maigre.

C’est dans ce contexte que Samsung est arrivé sur le marché avec son Gear VR, un casque de réalité virtuelle pour “smartphones” qui reprend à peu de choses près le concept du Google Cardboard, avec un habillage plus sexy. Le groupe coréen s’est néanmoins donné les moyens de réussir en travaillant sur la conception du casque avec Oculus, la branche de Facebook qui devrait lancer l’année prochaine un casque pour gamers déjà très attendu par la communauté. Très confortable, le Gear VR utilise un système de lentilles sophistiquées pour simuler une vue extra-large en zoomant sur l’écran du smartphone, que le propriétaire du casque fait glisser dans la visière du casque après avoir lancé l’application Oculus. L’originalité du produit? Contrairement aux autres casques exploitant le catalogue d’applications de Google, le Gear VR intègre une petite molette qui permet d’ajuster l’image pour qu’elle soit la plus claire possible, et un pavé numérique latéral qui permet d’interagir avec le logiciel, ce qui est plutôt pratique pour naviguer à travers les menus. On notera d’ailleurs que contrairement au Cardboard, le Gear VR permet de passer une appli à l’autre sans devoir sortir à chaque fois le smartphone de la visière et lancer l’application en cliquant dessus. Très intuitive, l’interface se contrôle intégralement avec la vision et les commandes manuelles, situées sur la tranche droite du casque.

Contrairement aux autres casques de réalité virtuelle, le Gear VR propose également un large catalogue applicatif. Samsung a en effet pris soin de développer de nombreuses applications en partenariat avec certains partenaires prestigieux comme Disney ou Le Cirque du Soleil. En résultent des applications innovantes qui vous proposeront de plonger au milieu d’un combat de super-héros ou d’explorer les fonds marins. Parmi les applications qui ont retenu notre attention, nous citerons celle du Cirque du Soleil, qui permet de visionner un spectacle de la joyeuse bande de troubadours directement sur scène ou cette application conçue par Samsung qui permet de visionner un film depuis un cinéma virtuel. Outre les applications développées par Samsung et ses partenaires, on notera que les propriétaires du Gear VR peuvent également accéder au catalogue de jeux et applis de l’Oculus Store. Bien sûr, il ne sera pas question de jouer au dernier Trackmania en réalité virtuelle, ni de tester des applications qui sont encore au stade de bêta, mais l’initiative a le mérite de donner à Samsung une grosse longueur d’avance sur ses concurrents.

Si l’intérêt de posséder un casque de réalité virtuelle reste encore très maigre, le Gear VR pourrait néanmoins rapidement se faire une place au soleil grâce à sa qualité de fabrication et son offre alléchante. Et plus particulièrement auprès des agences de voyage et des gestionnaires immobiliers, qui utiliseront sans doute ce matériel pour présenter des projets à leurs clients ou montrer de destinations tropicales à des voyageurs. On notera d’ailleurs que parmi les quelques dizaines d’applications essayées pour les besoins du test, près de la moitié proposaient de visiter une partie du globe à travers des vidéos à 360 degrés.

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Seul ombre au tableau au final, l’écran du smartphone affiche une définition qui n’est pas encore suffisante pour créer une illusion parfaite. Apparents, les pixels dénaturent quelque peu l’expérience. Dommage, d’autant plus que pour des raisons de connectivité, le Gear VR n’est compatible qu’avec le Galaxy S6 (ou Edge) de Samsung…

Conclusion

Nettement plus confortable que le casque de Google, mais aussi plus riche en contenu et pratique à utiliser, le Gear VR est probablement ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle sur le marché des casques de réalité virtuelle. Samsung a clairement misé sur le bon cheval en signant un partenariat avec Oculus. La filiale de Facebook, qui travaille actuellement sur son propre casque de réalité virtuelle, a apporté tout son savoir-faire dans la conception d’un casque très confortable à porter, mais aussi toute la richesse de son catalogue d’applications avec une boutique Oculus dédiée au Gear VR. Certes, vous aurez sans doute fait le tour de la plupart des applications en une à deux après-midi, mais pour un premier essai, Samsung nous livre un produit très convaincant qui devrait réjouir les geeks et les amateurs de sensationnel.