Le créateur et administrateur d’un site internet de téléchargement illégal, “Wawa mania”, a été condamné récemment à verser au total plus de 15 millions d’euros de dommages et intérêts aux ayants droit, pour la plupart des majors américaines, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

Le site Wawa Mania a été considéré comme illégal. ©JMiks/shutterstock.com
Le site Wawa Mania a été considéré comme illégal.
©JMiks/shutterstock.com

Selon Christian Soulié, avocat de sept studios américains et de deux syndicats professionnels parties civiles, cette décision, prononcée le 2 juillet par le tribunal correctionnel de Paris, représente “l’une des plus importantes condamnations prononcées dans ce type d’affaire en France”.

Sur le plan pénal, Dimitri Mader, 26 ans, en fuite aux Philippines, a déjà été condamné le 2 avril dans le même dossier à un an de prison ferme par la 31e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Le volet civil du dossier, portant sur les dommages et intérêts réclamés par les parties civiles, avait été examiné ultérieurement.

Le tribunal a condamné le prévenu à verser au total 15,6 millions d’euros aux victimes pour leur préjudice matériel.

Parmi elles figurent Columbia Pictures, Disney, Paramount, Tristar, Twentieth Century Fox, Universal, Warner Bros, Microsoft, ou encore le producteur, éditeur et distributeur français de films pornographiques Marc Dorcel.

M. Mader a également été condamné à verser au total 67.000 euros à certaines parties civiles pour le préjudice moral. S’y ajoutent 46.000 euros pour les frais de justice.

En 2009, l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA) avait recensé plus de 3.600 œuvres cinématographiques, y compris pornographiques, sur l’ensemble du site de M. Mader, qui en 2011 comptait plus d’un million de membres.

Devant le juge d’instruction, il avait reconnu avoir engrangé 42.000 euros de revenus grâce à la publicité. Mais, selon lui, ces revenus servaient à payer les serveurs.

Il avait témoigné dans des reportages diffusés en 2009 sur France 2, dans l’émission “Envoyé spécial”, et en 2013 dans “Sept à huit” sur TF1.

La Société civile des producteurs phonographiques (SCPP) avait déposé plainte en 2009.

AFP