Selon une étude de l’Université Catholique de Louvain, Facebook pisterait tous les internautes, même ceux qui n’ont pas ouvert de compte sur le réseau social, en utilisant des méthodes qui violent la législation européenne.

© AFP
© AFP

Des chercheurs de l’Université Catholique de Louvain ont publié mardi un rapport accablant sur les pratiques commerciales de Facebook, qui est accusé de violer la législation européenne en traçant à l’aide de cookies tous les internautes, y compris ceux qui ne se sont jamais inscrits sur le réseau social.

Que vous soyez inscrit ou non sur Facebook, il y a beaucoup de chances que la firme californienne en sache beaucoup plus que vous le pensiez à votre sujet. Outre les informations encodées par les membres du réseau social, l’entreprise américaine peut accéder à toutes les données liées au compte Facebook, notamment d’applications auxquelles les utilisateurs accèdent en utilisant le service de login de Facebook, mais aussi des données récoltées sur le web, à leur insu.

S’il n’est pas question ici de profilage, cette technique qui consiste à recouper des données pour tenter de cerner l’identité d’une personne, le sujet reste sensible. Commandée par la Commission de la protection de la vie privée de Belgique, l’étude lève le voile sur les pratiques commerciales du réseau social qui utilise ses plug-in et autres boutons “likes” pour traquer les internautes. Sans que ceux-ci n’en soient alertés, Facebook installe sur leur machine un cookie qui tracera leurs moindres faits et gestes.

Et si utiliser un cookie n’a en soi rien d’illégal, la plupart des sites installant des cookies sur les machines des utilisateurs ne serait-ce que pour sauvegarder leurs données et simplifier ainsi l’accès à leurs services, Facebook va beaucoup plus loin dans le processus. Selon les chercheurs de l’Université Catholique de Louvain, Facebook installe un cookie sur l’ordinateur de quiconque consulte au moins une page du réseau social, ou un site sur lequel apparaît l’un des plug-in sociaux de Facebook. Que deviennent ensuite ces données? Mystère. Bien sûr, on peut imaginer que Facebook exploite cette mine d’or via ses nombreux partenariats publicitaires, mais il s’agit là ni plus ni moins que de l’une des nombreuses explications possibles. Au courant de la publication du rapport, Facebook a publié un communiqué de presse. Le réseau social n’apporte néanmoins aucune explication concrète dans son communiqué, dans lequel il évoque des informations inexactes et précise que les chercheurs n’ont à aucun moment tenté de contacter l’entreprise californienne pour d’éventuelles explications.

“Nous avons proposé de rencontrer les auteurs pour leur expliquer en quoi ce rapport est incorrect, mais ils ont refusé de nous rencontrer” explique un porte-parole de Facebook. Très prudente, l’entreprise évite de s’avancer de trop sur le sujet.

Plus inquiétant, les chercheurs de l’Université Catholique de Louvain auraient confirmé au Guardian n’avoir jamais été contactés par le réseau social, qui, selon eux, violerait consciemment le droit européen en oubliant de demander le consentement des internautes pour la collecte d’informations…