Plus de 46000 comptes djihadistes sur Twitter

Selon une étude publiée la semaine dernière par le Brookings Institute et repérée par le New York Times, l’Etat islamique compterait plus de 46.000 supporters sur Twitter.

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S’il est prouvé depuis longtemps que les djihadistes utilisent les réseaux sociaux pour recruter de nouveaux partisans, aucune étude n’avait jusqu’à présent mis en évidence la portée des messages djihadistes de l’Etat islamique sur les réseaux sociaux. Le Brookings Institute s’est penché sur la question et a analysé les comptes de plusieurs dizaines de djihadistes présents sur Twitter pour tenter de découvrir la portée de leurs messages sur le réseau social.

Pour dresser une liste des profils de djihadistes, les enquêteurs se sont basés sur les relations entretenues par les membres bien connus de la twittosphère. Seuls les profils de personnes suivies par un membre djihadiste confirmé ont été retenus pour les besoins de l’enquête. Les chercheurs, qui ont analysé chaque profil, en prenant soin de supprimer les journalistes, spécialistes et enquêteurs qui suivaient certains membres de l’Etat islamique, ont fait le tri parmi les dizaines de milliers de profils susceptibles de remplir aux critères pour ne retenir que le noyau dur, constitué de djihadistes et de leurs supporters.

Le résultat est plutôt édifiant puisque malgré les difficultés à retrouver tous les profils de djihadistes sur Twitter, les chercheurs estiment qu’il existerait entre 46.000 et 70.000 comptes djihadistes – ou affiliés au djihadisme – sur le réseau social. Selon eux, le nombre exact de djihadistes présents sur les réseaux sociaux se rapprocherait néanmoins plus de 46.000 que de 70.000.

Si les djihadistes et leurs supporters sont donc plutôt nombreux sur Twitter, la portée de leurs messages serait en revanche assez limitée. Selon l’étude, quelques comptes de djihadistes seulement comptent plus de 1.000 followers et leurs tweets sont généralement partagés au sein d’une petite communauté. Par ailleurs, Twitter désactive de nombreux comptes gérés par des organisations extrémistes, empêchant ainsi leurs profils les plus populaires de se développer avec le temps.

Si la menace djihadiste est donc bel et bien réelle sur les réseaux sociaux, les cercles très fermés du réseau djihadiste et la censure de Twitter constituent à priori une barrière naturelle pour le recrutement de nouveaux membres, empêchant un développement trop rapide du réseau djihadiste sur la toile…