En langue étrangère, les utilisateurs de tchat s’appuient plus sur les émoticônes

De plus en plus présentes dans des conversations textuelles, les émoticônes sont particulièrement utilisées par des personnes qui communiquent dans une langue étrangère.

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Crédit photo ; DR

Engagés dans une conversation de messagerie instantanée qui ne se déroule pas dans leur langue maternelle, les participants d’une étude récente ont utilisé des émoticônes plus souvent qu’ils ne le feraient d’habitude, selon l’équipe de recherche de l’Université de Washington aux États-Unis.

De plus en plus utilisées et acceptées dans la correspondance écrite, les émoticônes peuvent avoir une réelle application pour ceux qui cherchent à établir le ton d’une conversation malgré des barrières de langage et des différences culturelles.

“Nous constatons une prolifération d’un nouveau vocabulaire à travers les langues… Quelques-uns des comportements typiques observés chez les bilingues pendant des conversations en face à face trouvent écho en ligne”, observe Dr. Cecilia Aragon, professeur de design et d’ingénierie spécialisée dans la conception centrée sur l’être humain.

L’utilisation plus intensive des émoticônes dans une discussion en langue étrangère correspond aux observations de certaines études précédentes, qui indiquent que les gens s’appuient plus sur les expressions faciales, les gestes et le langage du corps pendant une conversation en face à face dans leur deuxième langue.

Pour cette étude, l’équipe de recherche a analysé le registre des conversations en tchat (AOL Instant Messenger) de 30 astrophysiciens. Ils ont observé que les francophones natifs utilisaient plus d’émoticônes quand ils communiquaient en anglais avec leurs collègues américains.

Dr. Cecilia Aragon a présenté ses observations le 14 février dernier à un colloque à San Jose (Californie) sur le thème des bases sociales, émotives et cognitives de la communication.

À l’heure actuelle, elle examine l’usage des émoticônes dans des discussions informelles en tchat, sur des réseaux sociaux comme Twitter et sur les forums.

Pour un groupe de chercheurs à Los Angeles (Californie), l’utilisation de plus en plus intensive des émoticônes au sein de la correspondance textuelle est controversée. Selon eux, ces petits symboles simplifieraient trop la communication et empêcheraient, chez les jeunes, l’apprentissage de la lecture de différentes émotions sur des visages réels.

L’été dernier, ces chercheurs ont publié une étude démontrant que les adolescents privés de leurs écrans pendant cinq jours ont progressé dans leurs capacités à communiquer en personne et à lire des indices non-verbaux.

Pourtant, les émoticônes ont déjà trouvé une application pratique dans les thérapies favorisant la santé mentale, notamment à travers Emojiary, une des nombreuses applications récentes dédiées au suivi de l’humeur.

Dérivée de l’application bien connue Emoji, qui fournit des centaines de visages et de symboles pour pimenter les textos, Emojiary permet à l’utilisateur d’enregistrer son humeur en identifiant l’émoticône qui représente le mieux ce qu’il ressent. Il peut ensuite suivre l’évolution de son humeur dans le temps.

Le suivi de l’humeur est une pratique courante dans les traitements pour la dépression, l’anxiété et d’autres troubles psychologiques, et les applis comme Emojiary pourraient remplacer le fait de tenir un journal intime, une activité que les psychologues préconisent souvent à leurs patients.

Avec AFP.

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