USA : les forces de l’ordre se réservent le droit d’usurper l’identité de leurs concitoyens sur Facebook

Le Département de Justice a validé le comportement d’un agent de la DEA, qui a usurpé l’identité de la compagne d’un dealer sur Internet en créant un compte Facebook en son nom et en y publiant plusieurs photos, pour retrouver des dealers locaux.

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Le gouvernement américain a implicitement donné son accord aux forces de l’ordre pour usurper l’identité de leurs concitoyens dans le cadre d’enquêtes policières.

Tout a commencé en 2010, lorsqu’une jeune femme a remarqué qu’un compte à son nom avait été créé sur Facebook. Arrêtée quelques semaines plus tôt par les autorités, pour être suspectée de faire partie d’un gang, la jeune femme avait vu son smartphone se faire saisir par les autorités locales. Un agent de la DEA, désireux de mettre la main sur tous les membres du gang, a alors créé le compte Facebook de la jeune femme, postant plusieurs photos récupérées sur son smartphone, parmi lesquelles des photos de ses enfants, et des photos partiellement dénudées.

A priori, la jeune femme n’était pas vraiment une criminelle notoire. Son avocat a rappelé durant le procès qu’elle côtoyait à l’époque un dealer, qui aurait tiré parti de la vulnérabilité de sa compagne pour l’obliger à stocker chez elle de la cocaïne.

Abusée dans son enfance, fille d’un détenu et d’une droguée, la jeune Sondra a un profil plutôt atypique. Plongée très tôt dans la criminalité, elle avait pourtant un casier presque vierge. Selon son avocat, elle ne se serait pas impliquée directement dans le trafic de stupéfiants.

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Paradoxalement, c’est pourtant son profil que l’agent de la DEA a décidé d’usurper sur Facebook, violant sa vie privée en publiant plusieurs images issues de son smartphone. Comme l’indique le rapport, l’agent de la DEA n’a pas demandé l’autorisation de la victime pour procéder, et a volontairement violé les conditions d’utilisation du réseau social.

Agacé par le comportement de l’agent, ce dernier a supprimé le compte, et rappelé aux autorités que l’usurpation d’identité n’était pas tolérée sur Facebook.

La jeune femme, qui a été condamnée à une peine de 5 ans de probation, et six mois de détention à son domicile, a néanmoins rapidement réagi en attaquant l’agent de la DEA qui avait usurpé son identité, évoquant le comportement dangereux de l’agent, qui l’avait placée dans une situation périlleuse. Curieusement, le Département de Justice a choisi de prendre position pour l’agent de la DEA, en expliquant qu’un agent des forces de l’ordre avait parfaitement le droit d’usurper une identité, poster des photos personnelles sur les réseaux sociaux et contacter plusieurs personnes en son nom dans le cadre de son enquête. Un jugement qui pose de sérieuses questions sur la notion d’usurpation d’identité et ses limites dans le cadre d’une enquête…

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