Cyberespionnage: voilà ce que la NSA peut savoir de vous sur Gmail

Une université américaine a mis au point un site Internet qui propose de visualiser les métadonnées liées à votre compte Gmail, à l’image de ce que la NSA pourrait faire dans le cadre de son programme PRISM.

000_was225535_copy.si_-550x309
© AFP

Commençons par une petite explication. Que se cache-t-il derrière le terme de “métadonnée” ? Il faut savoir que lorsque le gouvernement américain dit ne pas avoir accès au contenu de vos emails, c’est vrai. Par contre, ils ont accès à toutes les données qui gravitent autour de cet email : l’émetteur et le destinataire, l’objet du mail, l’heure et la date, les serveurs d’envois, etc. C’est cela, une métadonnée, une donnée sur la donnée. Même si vu comme ça, cela peut paraître acceptable, imaginez cela, élargi à l’entièreté de votre vie sur le Web, que ce soit sur tous les services que vous utilisez, mais également depuis le début que vous les utilisez. Le tout en gardant à l’esprit que 9 mastodontes du Web ont collaboré un moment où un autre avec la NSA, à savoir Microsoft (pour la totalité de ses services, Hotmail, Outlook, …), Google (également avec Gmail), Yahoo!, Facebook, PalTalk, YouTube, Skype, AOL et Apple.

Le MIT, célèbre université américaine, a lancé un site web vous permettant de voir à quoi la NSA a accès sur votre compte Gmail. Le site va scanner, après avoir demandé votre autorisation, votre boîte mail et récupérer l’ensemble de vos métadonnées pour en créer un graphique interactif. Vous pourrez ainsi vous rendre compte à quel point ce genre de données peuvent en dire long sur vos activités, sur vos relations, sur vos échanges. Après avoir fait cette expérience, on se rend vite compte du côté effrayant de la chose. Votre vie, sur Gmail du moins, se retrouve étalée là, devant vos yeux. Du premier email envoyé en 2007 au dernier envoyé ce matin. Il devient alors impossible de ne pas penser aux autres entreprises qui ont collaboré pour le programme PRISM. Vos conversations Skype, vos échanges d’emails avec iCloud ou Outlook, votre historique YouTube, votre activité Facebook. Même si encore une fois, la NSA n’a pas accès au contenu de tous ces échanges, cela n’en demeure pas moins alarmant.

On ne peut donc que vous encourager à surveiller votre vie sur Internet, mais aussi à utiliser des services qui ne collaborent pas avec la NSA (par exemple Twitter s’y est toujours refusé). Cependant, les choses restent à relativiser. Vos données sont perdues dans un énorme flux d’informations. Il serait un peu égocentrique de penser que le gouvernement américain s’intéresse particulièrement à vous. Après tout, ce sont des centaines de millions, voir un milliard de personnes qui sont concernées, de près ou de loin, par PRISM. Le programme a avant tout pour vocation de stopper d’éventuelles attaques terroristes ou actes criminels majeurs.

Réagissez sur le forum.

[ Souce : Rue89 ]

Arnaud Laurent (St.)