Nouveau service visant à faciliter la vie des communes et à améliorer le quotidien des citoyens, BetterStreet repose sur un système unique mêlant démocratie participative et esprit citoyen. Un concept révolutionnaire qui a fait sensation lors du dernier Betagroup…

© PABLO GARRIGOS (ST) / Le Soir

Disponible sur le Google Play et l’App Store, BetterStreet se décline également sous forme de service en ligne. Simple à utiliser, il permet de prendre une photo géolocalisée avec son smartphone pour ensuite l’envoyer directement à la commune, avec éventuellement un petit mot d’accompagnement expliquant le contexte d’une incivilité. Pas question pourtant de critiquer bêtement l’ordre civil. La démarche se veut constructive puisque le service assure un feedback auprès de l’utilisateur, qui peut être tenu informé du suivi et peut à son tour féliciter sa commune pour son travail.

Grâce à la photo, la commune peut directement voir de quel problème il s’agit, elle a directement la localisation du problème et peut envoyer un ouvrier pour s’en occuper” explique Jean-Marc Poncelet, fondateur et CEO de BetterStreet.

L’idée est née au cours d’un startup weekend à Liège, en novembre dernier. Avec trois collaborateurs, Jean-Marc Poncelet s’est lancé dans la conception d’un service qui se mettrait aux services du citoyen, un service unique en son genre, qui permettrait de rendre l’espace public beaucoup plus agréable à vivre. “Il y a quelques mois, je voyais des dépôts sauvages, des choses cassées dans ma rue et je me disais qu’est-ce que je peux faire. Je prenais des photos et je les mettais sur les réseaux sociaux mais ça ne servait à rien. De là est venue l’idée d’une collaboration entre les citoyens et la commune.”

Proposé sous forme de service Cloud aux communes, BetterStreet se veut une solution complète de gestion, qui n’inclut aucun frais supplémentaire. La startup facture un abonnement annuel et assure la maintenance du service pour un forfait qui varie en fonction du nombre d’habitants. « C’est un gros avantage pour la commune puisqu’elle n’a pas besoin de connaissance IT, d’infrastructure informatique. »

Pour une commune de 10.000 habitants on va se situer aux environs de 5.000€ d’abonnement annuel” explique le créateur de BetterStreet. Si les plus grosses communes doivent payer davantage, BetterStreet applique un pricing dégressif qui reste très attractif. “On ne va pas multiplier le prix par 10 si la commune compte 100.000 habitants.” 

Depuis le lancement de l’application sur les Stores, la startup a déjà fait signer une commune et est parvenue à attirer l’attention d’une vingtaine d’autres administrations. “On espère signer 3 communes avant la fin du mois” déclare Jean-Marc Poncelet, visiblement ravi de l’accueil réservé au service.

Le concept novateur de BetterStreet fait pourtant réfléchir les administrations, qui craignent d’être submergées par les demandes des citoyens. “Certaines choses font encore peur aux communes. Le fait qu’il y ait le caractère public des photos. Ca pose un problème à certaines communes. Ce que je leur dis systématiquement c’est que si elles essayent de cacher des choses, il y a des groupes Facebook qui se créent, quartier par quartier, où les gens discutent. Ces technologies-là sont en train d’arriver, les citoyens le font, et de manière détournée. Il vaut mieux accompagner le changement car c’est une tendance lourde des citoyens qui s’exprime. Les communes qui iront le plus tôt là-dedans seront les mieux préparées pour accompagner ces changements ensemble avec les citoyens.”

Si Jean-Marc Poncelet et son équipe se concentrent pour le moment sur la Belgique, la petite startup envisage également de s’ouvrir à l’étranger, et pourquoi pas de trouver une source de financement. “A ce niveau là évidemment ce n’est pas toujours évident car on ne peut pas lever de l’argent sur base d’une seule idée” explique le créateur du service. “La plupart des investisseurs sont extrêmement intéressés et suivent le projet de près. Ils attendent juste qu’on soit un peu plus loin pour pouvoir participer.” Autrement dit, BetterStreet devra d’abord décrocher une série de contrats avant d’espérer réaliser une levée de fonds. Un challenge que la petite startup semble sur le point de relever grâce à la collaboration des citoyens…

On en parle sur le forum.

 

12 Commentaires

  1. Superbe idée mais pour pouvoir l’utiliser il faut se connecter avec un compte Facebook… Quelle solution pour ceux qui n’ont pas de compte FB ? Merci

    • Une nouvelle version de l’app est maintenant disponible ou il est possible de s’enregistrer de manière traditionnelle avec un e-mail et mot de passe.

  2. Donc, en gros, la commune doit payer pour donner à ces habitants la possibilité de faire de la délation. Une bien belle collaboration, en effet, qui aurait fait fureur à une autre époque que l’on croyait pourtant révolue.

    Ceci permettrait également à des petits rigolos de créer eux-mêmes les graffitis ou de déposer eux-mêmes des immondices pour ensuite faire une jolie photo-souvenir et l’envoyer.

    Ah! mais j’entends déjà une proposition la-bas au Nord : “s’il vous plaît Meneer Poncelet, vous pouvez mettre “étrangers” dans le menu des plaintes? Et aussi “SDF”? ce serait tellement mieux”.

    Y a pas à dire, l’anonyma, c’est chouèèèètte!

    • Ah ! Encore un donneur de leçon qui a tout compris à tout et qui, après avoir dénoncé la faim dans le monde et la guerre qui n’est pas bien vient nous expliquer tout le mal qu’il faut voir dans cette initiative. Détendez-vous, Culture BXL, le monde n’est pas fait que de méchants racuspoteurs et vous pouvez parfois retirer votre cape (et vous acheter des neurones ainsi que mettre un T à anonymat ne serait pas non plus un luxe).

  3. Bonjour,
    + levent : D’autres possibilités de login sont prévues dans le futur.
    + Culture BXL: le but est de rapporter des désagréments dans l’espace publique ou de proposer des suggestions d’améliorations d’une manière simple pour le citoyen. Nous ne cautionnons en aucune manière la délation. BetterStreet est une version moderne du formulaire que vous trouvez sur les sites web de toutes les communes de Belgique ou des numéros verts. L’anonymat est uniquement pour la partie publique du site, la commune dispose quant à elle des coordonnées e-mail de la personne qui poste une photo.

    • Exactement. l’idée est vraiment excellente, mais pourquoi toujours vouloir obliger les gens à être connecté depuis facebook & co ?
      Je ne suis pas sur ces réseaux sociaux, je ne le serai jamais et donc du coup, je ne peux pas “participer”… c’est dommage.

      Quand on demande de telles sommes aux communes, on peut se casser un peu le cul au lieu d’ajouter un plug-in facebook, bien plus simple pour le développement. (à voir aussi dans quelle mesure elles suivront, probablement très peu paieront pour cela, bcp de communes à Bxl ne se soucient pas trop de l’état de leurs rues, murs, parc, etc)

    • Idem pour moi, toutes les applications qui demandent un compte Facebook pour se connecter sont immédiatement effacées.

  4. Il n’y a que moi qui trouve ça prohibitif, le prix de 0,5€ par habitant? 5000€ par mois plus du temps de travail non négligeable pour une commune de 10.000 habitants, ça n’est plus de la mauvaise gestion, c’est du vol. J’ose espérer que notre argent public puisse être un peu mieux utilisé.

    Avec les outils dont on dispose aujourd’hui, ce type de site web ne devrait pas demander plus d’un mois de travail pour un informaticien compétent.

    Une belle rente pour un logiciel développé en à peine trois mois. C’est donc ça la relance de l’économie? Graisser la patte aux commerciaux d’HEC qui, devenus milliardaires, ne tarderont pas à délocaliser et crier qu’ils paient trop d’impôts?

    • Bonjour Jean-Marie,

      moi je lis 5.000 euros par AN! Et je ne trouve pas cela cher du tout surtout si cela peut dissuader les incivilités qui coûteront beaucoup plus chers avec le projet des sanctions administratives communales.

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