My Micro Invest : démocratiser le capital-risque

La plate-forme My Micro Invest a ouvert ses portes ce mercredi. Son objectif : permettre aux jeunes sociétés en croissance de trouver du financement directement auprès des internautes.

Capture d'écran du site My Micro Invest © DR

“My Micro Invest veut remplir le rôle que ne peuvent plus jouer les banques dans le financement de l’économie belge.” D’entrée, José Zurstrassen fixe l’ambition pour son nouveau bébé. Avec My Micro Invest (MMI), l’ex-fondateur de Skynet et Keytrade Bank veut permettre à chacun de mobiliser son compte d’épargne au profit de start-ups qui cherchent de l’argent. Baptisée “crowdfunding”, cette technique est déjà utilisée par certaines plates-formes culturelles (AKA Musique, Sandawe…) pour aider les artistes à financer leurs créations dans la musique ou la BD. Ici, le “crowdfunding” s’applique au capital-risque

Concrètement, MMI propose à tout un chacun de prendre une participation dans une start-up dont le dossier aura été préalablement validé par une équipe d’analystes, mais aussi par l’”intelligence collective” des internautes. Ces derniers pourront attribuer leurs votes aux idées qui leur paraissent les plus prometteuses avant qu’elles ne fassent appel à la foule (“crowd”). La barre est placée très bas, une centaine d’euros étant suffisante pour acquérir des actions, ou plutôt une “equity linked note”, qu’on peut assimiler à un titre de dette transposé au capital d’une société.

La partie du capital ouverte au “crowd” sera comprise dans une fourchette de 20 à 50%. Donc, pas de financement intégral via le “crowfunding” : les fondateurs de MMI parlent davantage de co-investissement mêlant particuliers et professionnels. MMI espère que la sortie du capital, et donc le retour sur investissement, s’effectuera dans un délai de quatre à sept ans… pour les projets qui arrivent à se développer. C’est la partie aléatoire, mais plus rémunératrice, du capital-risque.

MMI ne vise pas réellement les projets en phase de démarrage et s’adresse davantage aux PME en “early stage”, lorsque celles-ci ont trouvé les fonds (le “seed funding”) pour démarrer mais ne peuvent pas encore prétendre au financement de business angels, et encore moins des banques. Une priorité sera également donnée aux modèles économiques “disruptifs”, capables d’attiser l’excitation du public et d’inciter ainsi à casser sa tirelire. C’est le cas de 2houses, une des premières start-ups présentes sur MMI. Cette boîte à outils pour parents divorcés espère ainsi récolter quelque 100.000 euros à travers cette nouvelle voie, pour une levée de fonds globale de 675.000 euros.

“Nous ne nous limitons pas à récolter de l’argent et nous apportons aussi notre expertise et notre coaching”, explique Guillaume Desclée, co-fondateur. “Un membre de l’équipe fera l’intermédiaire avec la communauté des investisseurs.” Ces derniers pourront suivre l’évolution du projet dans un espace privé et sécurisé. En revanche, un certain flou demeure sur les données exactes auxquelles le “crowd” pourra accéder en termes, par exemple, de rapport sur les ventes ou de statistiques de trafic. On verra donc, à l’usage, l’information qui sera effectivement dévoilée.

Après MyFirstCompany, la Belgique accueille donc une deuxième initiative de “crowdfunding”. Seul le moyen terme dira s’il s’agit d’une véritable rampe de lancement pour les entrepreneurs et l’écosystème technologique. Pour leur part, les créateurs de MMI entendent financer une cinquantaine de start-ups d’ici 2016.

Le site de My Micro Invest.

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