La société californienne s’exprime pour l’une des premières fois. Les utilisateurs sur iPhone paieront un abonnement.

WhatsApp, c’est sans doute l’histoire à succès la plus éclatante parmi les applications pour smartphones. Une histoire qui commence en juillet 2009, lorsque deux anciens employés de Yahoo!, Jan Koum et Brian Acton, lancent le programme de messagerie gratuite. Le million d’utilisateurs est atteint fin 2009. Le cap du milliard de messages transmis par jour est dépassé en octobre 2011. «Nous traitons désormais plus de deux milliards de messages quotidiennement, mais je ne peux vous donner d’estimation plus précise», explique Neeraj Arora, responsable commercial chez WhatsApp.

Des milliards de messages, des millions d’utilisateurs – leur nombre n’est pas divulgué – mais une société très discrète sur ses activités. Elle est basée à Santa Clara, en Californie. «Nous sommes une vingtaine d’employés, nous ne donnons pas d’indication sur ­notre chiffre d’affaires», poursuit Neeraj Arora. Le modèle d’affaires, lui, est clair: «Nous faisons payer les utilisateurs d’iPhone la première fois qu’ils téléchargent l’application. Sur Android et les autres plateformes, WhatsApp est gratuit durant un an. Ensuite, les utilisateurs paient 99 cents de dollar par année», explique Neeraj Arora. Et le responsable de WhatsApp d’ajouter: «A l’avenir, nous orienterons aussi les utilisateurs d’iPhone vers un modèle d’abonnement.»

L’envoi de messages, sous forme de texte, image ou vidéo, est gratuit. Les données sont transmises via Internet et sont donc débitées des forfaits de données liés à l’abonnement de téléphonie mobile.

Scan du carnet d’adresses

Le succès de l’application s’explique par deux facteurs: sa simplicité et sa présence sur toutes les plateformes. Sa simplicité, d’abord: nul besoin de créer un identifiant spécial et un mot de passe – comme c’est le cas pour Skype, par exemple. L’application scanne elle-même (avec le consentement de l’utilisateur) le carnet d’adresses du téléphone pour détecter qui, parmi ses contacts, possède aussi WhatsApp. De quoi ­effrayer certains utilisateurs, peu enclins à partager avec une start-up quasi inconnue l’entier de leur carnet d’adresses? Neeraj Arora se veut rassurant: «Nous faisons très attention à la vie privée de nos utilisateurs. La seule chose que nous leur demandons, c’est leur numéro de téléphone, pour les identifier sur le réseau et les connecter à leurs amis. Nous ­n’affichons aucune publicité sur Whats­App et n’avons donc pas du tout besoin de données personnelles.»

Anouch Seydtaghia

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