Le futur de Nokia se décidera dans les 6 prochains mois

Nokia a connu son plus mauvais trimestre depuis quelques années déjà, avec moins de 83 millions de téléphones portables vendus dans le monde en 2012. Le constat est effrayant. L’adoption plutôt lente de Windows Phone laisse par ailleurs pressentir davantage de problèmes si Nokia ne pousse pas davantage la plate-forme. Selon plusieurs analystes, Nokia a six mois pour se stabiliser, après quoi le géant aura atteint le point de non-retour.

Nokia est encore très loin d’être tiré d’affaire. Avec son plus mauvais trimestre de ces dernières années, la société finlandaise aurait perdu sa place de leader dans le secteur des téléphones portables, passant derrière Samsung. Pourtant, de prime abord, le chiffre de 83 millions de téléphones vendus impressionne, sauf que contrairement à Samsung qui vend approximativement 50% de smartphones, Nokia peine à dépasser le cap des 20%. Lorsqu’on sait qu’en théorie les constructeurs tirent la plus grosse partie de leurs revenus des ventes de smartphones de luxe, on se dit que Nokia pourrait très bien arriver à court de cash très prochainement, car si des appareils sous Asha continuent à se vendre par palettes et rapportent des sommes non-négligeables, c’est bel et bien les smartphones qui permettront à Nokia de redevenir compétitifs.Pour donner un ordre d’idées, la division GSM de Nokia rapporterait 2,3 milliards d’euros avec 71 millions d’appareils vendus tandis que la division Smartphones dégagerait 1,7 milliard d’euros avec seulement 12 millions d’appareils.

Du retard à rattraper

En 2012, Nokia aurait vendu 12 millions de smartphones dans le monde. Par rapport à Samsung et Apple, c’est peu, très peu même. Sur ces 12 millions d’appareils, 10 seraient sous Symbian. Des chiffres alarmants dans la mesure où l’OS perd continuellement des parts de marché et est de moins en moins porteur. Windows Phone, le “plan B” de Nokia, est un succès assez relatif. Vendre deux millions de Lumia en un trimestre sans réellement le mettre en avant sur le plus gros marché du monde, les Etats-Unis, c’est déjà un petit exploit en soi, et même d’après les analystes, c’est plutôt encourageant pour l’avenir. Reste que la proportion reste très maigre et que Nokia doit activement mettre en avant cet OS s’il espère pouvoir s’en sortir.

Le plan semble suivre son cours avec le lancement du Lumia 900 aux Etats-Unis, censé booster l’adoption du Windows Phone, et il faudra sans doute attendre le prochain trimestre pour se faire une meilleure opinion sur l’état des ventes et l’avenir de l’OS. En attendant, Nokia continue de suivre son plan de route, et comme son CEO le signale “Nokia est toujours dans sa période de transition.” Faut-il pour autant s’inquiéter pour sa santé?

Considérant que le Windows Phone est “le seul plan B” de l’entreprise, il est tout de même effrayant de constater qu’une grosse partie du succès dépend du Lumia 900 et du 610. Certes, les deux appareils devraient bien se vendre mais parviendront-ils pour autant à sauver Nokia de la baisse de régime de Symbian et des ventes de GSM dans les pays en voie de développement? C’est déjà moins sûr. D’après les analystes Ian Fogg et Peter Cunningham, le point de non-retour devrait être atteint dans les six prochains mois. Passé ce délai, si Windows Phone ne marche pas pour Nokia, et que le géant n’a pas trouvé d’autre plan, cela en sera fini de ses rêves de grandeur. Peut-on pour autant penser que le géant de la téléphonie mobile disparaitrait en un seul claquement de doigt? Certainement pas, mais il serait sans doute tenté de laisser tomber la recherche et le développement, ses smartphones et tout le business couteux pour se contenter des ventes de téléphones à tout petit prix. Ceci représenterait probablement le “pire des cas possibles”. Pour l’heure, Nokia n’en est heureusement pas encore là. Stephen Elop, son CEO, se veut plutôt rassurant malgré les ventes décevantes d’appareils sous Symbian et la diminution des revenus.

Prendre davantage de risques?

Les analystes le disent : il faut prendre plus de risques. Nokia s’est engagé sur la voie du Windows Phone, alors tant qu’à faire, qu’il s’y engage totalement! D’après ce qui se dit sur la toile, Nokia gagnerait 220€ en moyenne par Lumia vendu. C’est beaucoup, et c’est sans doute son business le plus fleurissant malgré des ventes limitées pour l’instant. D’après les analystes, Nokia devrait ronger sur sa marge pour diminuer le prix de ses appareils et faciliter leur adoption auprès du public. Certes, cela risque de se ressentir au niveau des revenus au prochain trimestre, mais cela permettrait de remettre l’entreprise sur le devant de la scène. On sent de ce côté un peu de frilosité à diminuer ses prix, comme si Nokia hésitait à se jeter complètement dans le bain. “Un fabricant de téléphones a toujours l’option de sacrifier une partie de ses revenus pour faciliter l’adoptionexplique Fogg. Cette marche de manoeuvre, Nokia l’a encore, mais elle risque de disparaitre en cas de mauvais résultats lors des deux prochains trimestres, il parait donc essentiel de réagir rapidement. Car si le Lumia 900 ne devrait pas avoir de mal à s’imposer dans les pays occidentaux malgré son prix de vente assez élevé, il risque d’en être autrement pour le 610, une très belle bête certes, vendue à un tarif plus abordable (250€), mais qui demeure relativement cher pour les pays en voie de développement.

Noël sera le grand examen

Nokia en est encore au début de sa transition vers Windows Phone. Symbian semble en tout cas mal engagé pour tenir jusque 2016 et Nokia peut heureusement compter sur Asha pour assurer des ventes massives. “Les six prochains mois seront critiques” explique Fogg. Le lancement du Lumia 900 et du 610 sont des étapes importantes avant les résultats du second trimestre, qui risquent encore d’être en berne, mais le réel examen se fera avant Noël. Windows 8 étant attendu à cette période de l’année, Nokia devrait lancer plusieurs appareils sous Windows Phone 8 et probablement tenter une incursion dans le secteur des tablettes. Si  les produits n’atteignent pas les résultats escomptés, cela pourrait signer la fin du géant finlandais dans ce secteur. Son rôle se limiterait alors à la production d’appareils moins couteux, à moins bien sûr que Microsoft décide de racheter la compagnie, ce qui ne serait pas très étonnant, ou qu’un autre repreneur se manifeste. En cas de succès, Stephen Elop aura en revanche tenu son pari audacieux. Ce qui est certain, c’est que Noël 2012 sera une période déterminante dans l’histoire de Nokia, et qu’en attendant les résultats de fin d’année, Nokia devra continuer de croire en sa stratégie ou faire volte face rapidement en cas d’échec pour le Lumia 610. Mais pour prendre quelle autre direction?

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