Le Sénat et le Congrès américain ont décidé de repousser indéfiniment le vote sur les lois antipiratage PIPA (Protect Intellectual Property Act) et SOPA (Stop Online Piracy Act).

Ces propositions de lois avaient été sévèrement critiquées cette semaine par des acteurs majeurs du web comme Google, Twitter ou Wikipedia ainsi que nombre d’autres sites. Ces lois ont également perdu le soutien de plusieurs sénateurs qui les avaient préalablement soutenues. La Maison Blanche même avait pris ses distances.

“A la lumière des événements récents, j’ai décidé de reporter le vote de mardi” sur le PIPA, a annoncé le chef de la majorité démocrate du Sénat Harry Reid dans un communiqué.  M. Reid espère un “compromis” dans les semaines qui viennent. Il a ajouté que “la contrefaçon et la piraterie coûtent à l’économie américaine des milliards de dollars et des milliers d’emplois chaque année” et qu’il revient au Congrès de légiférer sur la question.

Dans la foulée, le président de la commission Judiciaire de la Chambre des représentants Lamar Smith (auteur du SOPA, le pendant du PIPA à la Chambre basse) a annoncé qu’il avait “entendu les critiques” et qu’il les prenait “au sérieux. Il est clair que nous avons besoin de revoir notre approche”. Il a ajouté que la Chambre allait “reporter tout examen du projet de loi jusqu’à ce qu’un consensus plus large sur une solution se dégage”.

Vendredi, Google a annoncé avoir collecté plus de sept millions de signatures pour sa pétition qui demande au Congrès de voter “non” aux projets de loi antipiratage. Google, Wikipédia, Facebook, Twitter, Yahoo!, ou encore eBay, jugent que ces textes donneraient suffisamment de pouvoir aux autorités américaines pour faire fermer à leur guise des sites accusés de piratage.
Face aux géants de la Silicon Valley, PIPA et SOPA ont en revanche reçu le soutien de Hollywood, de l’industrie musicale et de la Chambre de commerce américaine. L’ex-sénateur démocrate Chris Dodd, désormais président de la Motion Picture Association of America qui défend les intérêts d’Hollywood, en a fait les frais, son site ayant été visé par un acte de représailles, selon Anonymous.

(DZ avec AFP)

Pour en savoir plus sur ces deux lois PIPA et SOPA.