Les hackers ont promis de continuer leur combat contre entreprises et gouvernements et affirmé avoir intercepté des documents de l’Otan.

Plutôt que de jouer profil bas après l’arrestation de 16 personnes aux Etats-Unis et de cinq en Europe, dans le cadre de l’enquête du FBI sur Anonymous, les pirates ont promis de prolonger le combat, voire de l’amplifier. « Nous n’avons plus peur. Vos menaces d’arrestation ne veulent rien dire pour nous, car vous ne pouvez pas arrêter une idée », ont lancé les deux organisations.

Les informaticiens ont aussi donné une nouvelle fois une coloration anarchiste à leurs motivations, en énumérant leurs « ennemis » : « Les gouvernements qui mentent à leurs citoyens et suscitent peur et terreur pour les garder sous contrôle en démantelant leurs libertés pièce par pièce ; les entreprises qui aident et conspirent avec ces gouvernements et en profitent en collectant des milliards de fonds pour des contrats fédéraux que nous les savons tous incapables de remplir », et les « conglomérats du lobbying ». « Nous continuerons à les combattre avec tous les moyens à notre disposition, y compris certainement en piratant leurs sites internet », ajoutent les deux organisations.

L’Otan hacké ?

Affirmation aussitôt accompagnée d’un coup d’éclat d’Anonymous : l’interception d’un gigaoctet (Go) de documents de l’Otan. « Oui, #Otan a été piraté », pouvait-on lire sur la page « AnonymousIRC » sur Twitter. « Nous avons maintenant un gigaoctet de données de l’Otan, que pour la plupart nous ne pouvons pas publier car ce serait irresponsable. Mais Oh, Otan… », ont ajouté les pirates. Un gigaoctet représente une capacité de stockage correspondant à peu près à 700 livres.

Un message a fourni un lien vers un document non secret daté de 2002, sur des procédures de sécurité informatique, et un autre vers un document présumé confidentiel concernant apparemment des opérations au Kosovo. L’AFP n’a pas pu accéder à ce document avec le lien fourni.

Arrestations

Tous ces messages ont été diffusés deux jours après que la police fédérale américaine (FBI) eut annoncé 16 arrestations aux Etats-Unis et cinq en Europe dans le cadre de son enquête sur Anonymous, un groupe s’étant fait connaître par ses piratages lancés en représailles à des organismes comme Visa et PayPal ayant coupé les fonds au site WikiLeaks. Parmi les arrestations annoncées mardi, deux semblaient liées à LulzSec, les jeunes hommes en question étant accusés de piratages revendiqués par cette organisation.

Pour Luis Corrons, directeur technique de PandaLabs, organisme de sécurité informatique, les autorités ont de quoi s’inquiéter des nouvelles actions de ces groupes : « Il ne s’agit pas d’un groupe fermé, et ils ont beaucoup de sympathisants, donc même si certains d’entre eux sont arrêtés, de nouveaux acteurs pourraient apparaître ». Pour M. Corrons, les arrestations « servent d’avertissement à ceux qui envisageraient d’aider ou rejoindre LulzSec/Anonymous ». « Mais les membres d’Anonymous ne sont pas intimidés, et pour le montrer, ils pensent qu’ils doivent frapper plus fort », a-t-il précisé.

(afp)

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