Pour James Cameron, le streaming a tué le cinéma

Le réalisateur compare l’écosystème des plateformes de streaming à un système de Ponzi.

Le monde du cinéma n’est pas toujours conciliant avec les plateformes de streaming. Pendant un certain temps, certains refusaient de voir Netflix concourir à la cérémonie des Oscars. Pour Steven Spielberg, réaliser un film pour une plateforme de streaming revenait à faire un téléfilm. Plusieurs autres réalisateurs connus se sont montrés également assez véhéments envers toutes ces plateformes de streaming.

James Cameron s’est maintenant ajouté à cette liste. Il y a quelques jours, il avait déjà déclaré auprès de Variety : « en avoir assez de rester assis le cul sur sa chaise et qu’il fallait retourner au cinéma ». Plus récemment, lors du podcast Kim Master’s The Business, le réalisateur des films Avatar s’est exprimé plus longuement : « j’ai l’impression que le virus [du streaming, ndlr] a contaminé tout le monde lorsque la pandémie a frappé (et elle n’a pas tout simplement fait mal, elle a tué les cinémas) … Nous ressuscitons le cinéma aujourd’hui, mais il a tué les salles pendant près d’un an… Ils [les dirigeants des plateformes, ndlr] racontaient tous une belle histoire aux gens de Wall Street, sur la façon dont ils allaient créer tout ce contenu ».

James Cameron pointe donc du doigt le comportement des plateformes de streaming qui ont vu dans la crise sanitaire un moyen inespéré pour se développer. Le réalisateur va jusqu’à estimer que la surconsommation de plateformes de streaming a tué les cinémas et qu’ils ont été dernièrement ressuscités grâce à de gros succès au box-office (Avatar 2, Top Gun : Maverick, Doctor Strange 2, Jurassic World 3).

James Cameron continue son argumentation en précisant : « [..] il semblerait que tout le monde jetait de l’argent par les fenêtres afin de générer du contenu et de régénérer ou de renouveler constamment leur catalogue… Mais il me semble désormais que le téléspectateur doit souscrire à huit ou dix abonnements pour tout voir… il est donc évident que cette situation ne peut pas perdurer, a priori, et qu’il s’agit d’un véritable Ponzi. Je pense qu’il y aura une certaine régulation par la suite ».

James Cameron n’y va pas par quatre chemins, l’écosystème des plateformes de streaming serait comparable à un système de Ponzi, c’est-à-dire une pratique financière frauduleuse. La multiplication des plateformes de streaming aboutirait à l’effondrement de ce système, les téléspectateurs ne pouvant pas souscrire à toutes les propositions.

Tout au long de ces déclarations, il est aussi intéressant de noter que James Cameron ne parle pas de films, mais de contenus. Les plateformes de streaming produiraient, non pas des films, mais des contenus destinés à être consommés dans des salons. Il reproche également à ces plateformes de « jeter de l’argent par les fenêtres » afin de produire le plus de contenus possible et renouveler les catalogues. La quantité prendrait ainsi le dessus sur la qualité, selon lui.

Même si James Cameron salue certaines productions comme la série les Anneaux de Pouvoir (Amazon Prime), le réalisateur ne semble définitivement pas un fan des plateformes de streaming.

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