Test – Evil West : sur les traces de Darkwatch

Nouveau jeu des créateurs de Shadow Warrior, Evil West est un TPS atypique, qui nous propose d’explorer l’Ouest sauvage pour une chasse aux vampires aussi sanglante que répétitive.

Parmi les studios qui grimpent depuis quelques années, Flying Wild Hog a déjà signé quelques jolies pépites, parmi lesquelles le très sympathique Trek To Yomi et le très fun Shadow Warrior 3. Le petit studio revient aujourd’hui à la charge avec une nouvelle licence. Marchant sur les traces d’un Darkwatch – un obscur FPS qui nous faisait affronter des vampires dans un far-west macabre, Evil West est l’archétype du TPS générique.

Les effets visuels sont soignés.

Et d’entrée de jeu, c’est sans l’ombre d’un doute le plus gros reproche que l’on fera à ce curieux mélange de TPS et de beat them all qui nous rappelle un paquet de productions du début des années 2000. Côté scénario tout d’abord, avec son histoire à dormir debout de chasseur de vampires qui sillonne les Etats-Unis à la recherche des suceurs de sang. Evil West nous expose un scénario qui n’est guère captivant à suivre et exposer surtout des premiers rôles très mal écrits. A moins d’être très bon public, difficile de s’intéresser au scénario du jeu, qui n’est qu’un prétexte à nous faire voir du pays. Tous les clichés de la grosse série B sont là. Mais le tout est très maladroitement mis en avant. Et surtout, les développeurs semblent avoir oublié de glisser un peu d’humour et de charisme dans ce curieux cocktail qui se prend bien trop au sérieux.

Ensuite, au niveau de son gameplay. Car si Evil West se prétend être un TPS, il est en réalité un mix de deux genres bien distincts : le TPS et le beat them all. La plupart des combats se déroulent au corps à corps. Tout le gameplay repose sur le timing des contres et l’utilisation de son arsenal pour faire de gros dommages aux adversaires. Si les combats au corps à corps peuvent facilement être gagné contre un ou deux ennemis, il faudra faire le ménage aux armes à feu face à de plus gros groupes, en utilisant son révolver qui permet de tirer à l’aveugle, son shotgun pour repousser quelques ennemis ou son fusil pour faire des headshots à distance. L’intérêt du jeu vient de sa capacité à permettre de joueur d’adopter sa propre façon de jouer.

Dans sa structure, le jeu est très classique.

L’ennui, c’est que si le gameplay est plutôt nerveux, et les combats de boss assez réussis, la structure du jeu est extrêmement classique. On alterne longs couloirs et vastes salles qui servent d’arènes pour les combats. Entre ces affrontements, on glane quelques sacs d’or qui permettront d’améliorer son arsenal et débloquer des capacités. Le jeu est par défaut très dirigiste, au point qu’il est difficile de passer à côté des sacs d’or, censés être pourtant bien dissimulés, et extrêmement redondant dans sa structure.

Et puis il faut l’avouer, si le gameplay fonctionne une ou deux heures, on a vite l’impression d’avoir fait le tour d’Evil West- qui n’est pourtant déjà à la base pas un jeu bien long. On maîtrise la moindre ficelle du gameplay en deux heures de jeu, et s’il est vrai qu’on débloque de nouvelles capacités avec le temps, le gameplay peine à se renouveler et on tourne très vite en rond.

Quelques rares énigmes viennent varier les plaisirs.

Pour varier les plaisirs, les développeurs sont venus intégrés quelques petites énigmes, séances de plates-formes et courses-poursuites, mais le tout paraît extrêmement basique. Les séquences de plates-formes sont totalement automatisées (impossible de tomber!), les énigmes se résolvent en deux secondes top chrono et les courses poursuites nous placent littéralement sur un rail… Vous l’aurez compris, si, sur le papier, Evil West était un titre séduisant, dans la pratique, il a bien du mal à séduire, la faute à une formule qui ne prend tout simplement pas. Typiquement, Evil West, c’est le jeu pop-corn qu’on aurait loué et bouclé en une soirée au début des années 2000. En 2022, Evil West a presque l’allure d’un titre ultra-générique, et sans aucune personnalité.

Visuellement, le titre a pourtant de quoi se défendre avec sa jolie direction artistique, ses jolis effets visuels et des graphismes somme toute très corrects. On n’est pas encore tout à fait sur new-gen, mais pour un titre double-A, ça se défend très bien. Là où ça passe beaucoup moins en revanche, c’est au niveau de la finition, avec un nombre impressionnant de bugs, des ennemis qui passent à travers les bugs aux glitchs qui vous feront recommencer un niveau. Ce n’est pas très fameux. Et au vu du résultat final, même si le jeu n’est pas déplaisant, on en vient à se demander si on n’aurait pas tout simplement préféré un remaster de ce bon vieux Darkwatch…

Conclusion

Le nouveau bébé des créateurs de Shadow Warrior sent bon le début des années 2000. Marchant sur les traces d’un Darkwatch, Evil West nous propose d’incarner un chasseur de vampires dans le grand ouest. Si, visuellement, le titre s’en sort plutôt bien, ila  en revanche bien du mal à convaincre avec son curieux gameplay qui mélange TPS et beat them all de façon très maladroite, son level-design vieillot et son style très générique. Pauvre dans sa structure, le titre parvient toutefois à nous tenir scotché à notre pad grâce à ses combats intenses. Il a de plus le mérite d’être jouable seul ou en coop. Mais l’aventure est de courte durée et surtout, le titre peine à séduire au niveau de son univers et de son scénario, qui se prend beaucoup trop au sérieux… Bref, un jeu pop-corn pas déplaisant en soi, mais qui est malheureusement loin de remplir toutes les cases du contrat et qui est surtout aussi vite terminé qu’oublié… 

_
Suivez Geeko sur Facebook, Youtube et Instagram pour ne rien rater de l'actu, des tests et bons plans.

Evil West

Gameplay 5.5/10
Contenu 5.5/10
Graphismes 7.0/10
Bande son 6.0/10
Finition 5.5/10
5.9

On aime :

Des combats intenses

Une direction artistique sympa

Jouable en coop

On aime moins :

Un level-design très pauvre

Un mix de beat them all et de TPS qui fonctionne mal

Un côté très générique

Une structure très répétitive

Pas mal de bugs