Test – Scorn : sur les traces d’Agony

Parmi les exclus Xbox les plus attendues en cette fin d’année, Scorn est un jeu d’horreur indépendant qui a déjà beaucoup fait parler de lui pour son univers glauque. Attendu au tournant, le jeu de Kepler Interactive est toutefois loin de tenir ses promesses. Explications. 

Né il y a huit ans sur KickStarter, Scorn faisait partie des plus belles arlésiennes du secteur. Développé par une petite équipe de passionnés, le titre sera parvenu à conserver son mystère jusqu’à sa sortie. Et autant dire que la hype était élevée pour ce jeu d’horreur inspiré de l’œuvre de l’artiste Hans Ruedi Giger, le créateur du Xenomorphe d’Alien. Et très clairement, d’un point de vue purement esthétique, Scorn est une petite merveille.

La direction artistique du jeu est splendide.

Le jeu nous transporte dans un univers où la chaire et la tôle ne font qu’un. Très esthétique, le jeu est un hommage fantastique à l’œuvre de cet artiste. Et très clairement, son univers graphique est son plus gros atout. Bien sûr, encore faut-il se sentir attirer par les univers sales et glauques pour vouloir s’y plonger. Clairement, il ne s’agit pas d’un jeu à mettre entre toutes les mains. Car Scorn est extrêmement gore, sale, sordide, malsain et malaisant. Rien que ça.

Assez paradoxalement, et bien qu’il ait été présenté comme un jeu d’horreur, Scorn n’est toutefois pas vraiment un survival-horror. Le jeu se joue en réalité à la première personne, et s’il intègre quelques séquences de shoot, il s’agit principalement d’un jeu d’un walking simulator déguisé, dans lequel vous passerez la plupart de votre temps à errer dans des salles esthétiquement superbes mais totalement vides, sans autre but que de tenter de comprendre ce que vous foutez là. Dès la première minute de jeu, le ton est donné. Pas de cinématique d’intro, pas d’explications sur l’univers, aucun background. Vous retirez votre “cordon ombilical” et partez explorer les ruines de cet univers biomécanique.

L’intro donne immédiatement le ton. Pas de mise en scène, il faudra tenter d’interpréter l’histoire.

Si l’atmosphère du jeu est angoissante à souhait avec ses décors sombres et labyrinthiques, on se rend très vite compte que Scorn n’est en réalité qu’un simple walking simulator dans lequel on progresse la plupart du temps à tâtons. On ouvre une porte, on découvre un hall gigantesque, on admire chaque détail, puis on essaye de comprendre ce que le jeu attend de nous. Concrètement, il faudra résoudre ici un paquet d’énigmes, sans aucune explication. Elles ne sont pas forcément très compliquées, ni intéressantes d’ailleurs, et servent en définitive juste à rallonger de façon complètement artificielle la durée de vie. Puis, on erre dans des couloirs sans fins, jusqu’à rencontrer finalement un ennemi. Ne vous attendez pas à des séquences de jeu musclées, Scorn est excessivement mou et lent. Vous devrez abattre quelques créatures avec les quelques armes que vous trouverez dans le jeu. Le bestiaire n’a aucune diversité, l’arsenal non plus. Le gameplay étant très lourd, il faut toutefois faire attention en progressant pour éviter d’être surpris par un ennemi, car en cas de mort, il faudra parfois recommencer de larges portions du jeu, la faute à un système de sauvegarde mal fichu.

Scorn est très clairement une expérience de jeu très frustrante car visuellement, le jeu est très joli, l’atmosphère est soignée et l’univers séduisant. On sent l’énorme potentiel du jeu. Mais dans la pratique, on s’ennuie ferme, on tourne souvent en rond, on peste contre les commandes et on finit par s’apitoyer sur le sort de cette petite production qui nous rappelle en bien des points un autre jeu maudit, le très médiocre Agony.

Les énigmes se ressemblent toutes.

Faut-il dès lors passer à côté de ce jeu? Pour la vaste majorité des joueurs, oui certainement. Scorn est une expérience qui n’a d’intérêt que pour son atmosphère et son univers. Seuls les amateurs d’horreur se sentiront attirés par lui. Le jeu a la chance d’être intégré au Gamepass. Car à 39,99€, l’addition est salée pour un jeu au gameplay aussi plat, qui se termine de surcroit en moins de 4 heures en ligne droite. A moins d’être un fan absolu d’Hans Ruedi Giger, fuyez!

Conclusion

Avec son univers biomécanique sale et glauque, son atmosphère pesante et sa direction artistique inspirée de l’œuvre d’Hans Ruedi Giger, le créateur du Xenomorphe d’Alien, Scorn attire le regard. S’il est visuellement très réussi, le jeu de Kepler Interactive n’est toutefois qu’un walking simulator déguisé, au gameplay très pauvre, qui ne brille ni par ses puzzles répétitifs ni par ses séquences de shoot mollassonnes. Court, fade et même agaçant, le titre a toutefois le mérite d’être intégré à l’offre Gamepass. Une chance, car à 39,99€, il aurait été bien difficile de justifier l’achat de cette jolie démo technique. 

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Scorn

Gameplay 1.5/10
Contenu 2.0/10
Graphismes 7.5/10
Bande son 5.5/10
Finition 6.0/10
4.5

On aime :

Malaisant

La direction artistique, superbe

Plutôt joli

On aime moins :

Zéro diversité dans les décors

Un gameplay mou et totalement insipide

Un walking simulator déguisé

Zéro explication ou mise en scène

Le système de sauvegarde