Test – Gotham Knights : un retour en demi-teinte

Pas de nouveau Batman cette année, mais un spin-off de la franchise centré sur quatre personnages secondaires : Robin, Batwoman, Red Wood et Nightwing. Warner Bros tente une formule sensiblement différente pour séduire les fans du chevalier noir. 

Si on aurait pu s’attendre à voir débarquer une suite à l’excellent Arkham Knight, Warner Bros a choisi de repartir d’une feuille blanche sur la nouvelle génération de consoles en proposant un spin-off de l’univers de Batman centré sur quatre personnages secondaires. S’il prend donc place dans le même univers que Batman, Gotham Knights n’a rien à voir avec le précédent volet de la franchise.

La ville de Gotham est joliment représentée.

Niveau scénario, le jeu n’est d’ailleurs aucunement lié aux précédents jeux Batman. L’histoire débute avec la mort du justicier masqué. La ville de Gotham est plongée dans le chaos et un groupe de quatre justiciers émerge pour tenter de maintenir l’ordre.

Le concept est séduisant sur le papier, d’autant plus que le jeu s’inscrit dans l’un des arcs préférés des fans : la Cour des Hiboux. L’ennui, c’est que si les premières minutes nous captivent, le cocktail a beaucoup de mal à prendre sur la durée, la faute à des dialogues souvent assez creux, un casting pas très sexy, un character design assez pauvre et un scénario qui ne décolle jamais.

Le jeu s’inspire du scénario de La Cour des Hiboux.

Côté gameplay, Gotham Knights prend également ses distances avec ses ancêtres. La formule est complètement changée. Exit le mélange d’exploration / affrontements / combats de boss et défis du précédent volet. WB Games Montreal a opté pour une formule plus originale en intégrant des séquences d’enquête, d’infiltration, de craft et quelques éléments empruntés aux RPG. Les combats restent au cœur de l’aventure, et ils sont globalement plutôt bien maîtrisés. Le jeu sait même se révéler assez technique. Le vrai plus de cet épisode, c’est qu’on incarne non pas un mais quatre personnages différents. On peut passer d’un à l’autre entre chaque mission, au Q.G., et il faut bien l’avouer, pad en main, chaque protagoniste se joue très différemment. Nightwing est capable d’affronter ses adversaires à bonne distance avec son bâton extensible. Red Hood est le personnage le plus bourrin, mais aussi le mieux équipé pour les combats à longue distance avec ses deux révolvers. Batwoman propose un style de jeu très proche de celui de Batman, avec des combats au corps à corps extrêmement rapides. Robin, enfin, propose un style de jeu plus proche de Batwoman, tout en ayant un énorme défaut : la lenteur de ses déplacements.

Autre grande qualité du jeu : il a été pensé pour être joué à deux en coopératif, en ligne. L’idée est bonne même si dans la pratique on reprochera au jeu le fait que l’invité ne progresse pas sur sa propre partie et qu’en cas de différence de niveau, l’un des deux joueurs est lésé dans le gain d’expérience…

Les combats sont très nerveux.

On le sent, WB Montréal a eu beaucoup de mal à donner une direction à son jeu. Le jeu hérite de quelques idées inspirées par des jeux live-services comme Avengers, avec un système d’expérience à acquérir qui permet de gagner des niveaux. En gros, un système qui vous force à faire des missions secondaires pour pouvoir avancer dans la trame principale, sans quoi vos ennemis seront beaucoup plus puissants que vous. Dans le même ordre d’idée, il faudra looter pour récupérer des ressources qui vous serviront à améliorer son équipement et donc ses performances. Un concept qui s’intègre assez mal dans l’univers de Batman… Qu’est-ce que des éléments propres aux RPG avaient à faire dans un jeu d’action / infiltration?

Les phases d’enquête cassent complètement le rythme du jeu.

Même son de cloche pour les phases d’enquête, qui sont étonnamment nombreuses et qui consistent à mettre en relation différents éléments dans un ensemble d’éléments, pour résoudre un crime. Celles-ci sont non seulement extrêmement faciles à résoudre, mais elles n’apportent de plus strictement rien de neuf au gameplay et cassent continuellement le rythme de l’aventure.

Les séquences d’infiltration sont également ratées, la faute à une prise en main qui a tendance à être beaucoup trop pataude pour ce style de jeu, à une IA catastrophique et à un level-design bien plus pauvre que dans les précédents jeux.

Vous l’aurez compris, seule la partie action et open-world fonctionne réellement. A ce sujet, là aussi on est toutefois déçu par les missions, qui sont non seulement très répétitives mais manquent également d’enjeux, et sont dans certains cas complètement ratées. L’absence de boss se fait également cruellement ressentir. Il s’agissait de l’un des points forts des jeux Batman. Il y en a, mais une poignée seulement, et les affrontements ne sont pas forcément passionnants.

Votre moto vous permettra de vous déplacer en ville.

Vous l’aurez compris, Batman Knights est un bon beat them all, qui est malheureusement noyé par une multitude de séquences de jeu peu inspirées. Ne soyez pas surpris, le jeu n’est pas signé Rocksteady mais WB Montréal, le studio responsable du “pire” Batman, Arkham Origins. Le studio répète d’ailleurs les mêmes erreurs qu’à l’époque en tentant à tout prix de se démarquer des jeux de RockSteady et en essayant d’intégrer une dose de superflu à un concept pourtant très efficace.

Reste, heureusement, un open-world séduisant et fidèle à celui de Batman, des tas de petits crimes à résoudre dans les rues de Gotham, des graphismes globalement plutôt jolis, une bande son également soignée et surtout un mode coop assez sympa pour vous tenir scotché à votre pad du début à la fin. En solo, l’aventure est beaucoup plus fade, mais néanmoins pas dépourvue d’intérêt. On notera d’ailleurs que les développeurs misent à fond sur le fan-service avec un paquet de tenues et d’éléments cosmétiques à débloquer…

Reste qu’à 74,99€, l’addition est salée pour ce qui est sans doute la pire entrée de la série depuis plus de dix ans…

Conclusion

Ceux qui s’attendaient à un nouveau Batman risquent d’être déçus. Si Gotham Knights s’intègre bien dans l’univers du chevalier noir, il ne partage pas la même timeline que les précédents titres. Il s’en écarte également du côté du gameplay. S’il s’agit à la base d’un bon beat them all, Gotham Knights à la fâcheuse tendance à venir entrecouper l’action avec des séquences de jeu ratées : du crafting de nouveaux équipements au Q.G. à la collecte de matières premières, en passant par des séquences d’enquête extrêmement fades et des séquences d’infiltration ratées… Répétitif dans sa structure, pas bien long non plus, ni très intéressant au niveau de son scénario, qui commence pourtant sur les chapeaux de roue, Gotham Knights a du mal à se trouver. Seule l’action fonctionne réellement. Le casting peine à séduire et le manque de combats de boss se fait cruellement ressentir. Reste, heureusement, l’aspect coop pour sauver le navire du naufrage, et une réalisation globalement plutôt soignée. Attention toutefois, sur consoles, il faudra se contenter de 30 images par seconde, et cela se ressent, particulièrement aux commandes de votre moto… 

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Gotham Knights

Gameplay 6.0/10
Contenu 6.5/10
Graphismes 7.0/10
Bande son 7.0/10
Finition 6.5/10
6.6

On aime :

Les combats, le point fort du jeu

La ville de Gotham, fidèle à celle des comics

Plutôt joli

Une bande son efficace

Jouable à deux en coop...

On aime moins :

Très peu de combats de boss

Des missions qui manquent d'intérêt, très répétitives

Certains aspects du jeu sont ratés : le côté RPG, l'infiltration, les enquêtes

Des ralentissements et un framerate lent sur consoles

Un scénario finalement peu intéressant