Test – Little Orpheus : la grande aventure, un poil soporifique

Les auteurs d’Amnesia: A Machine for Pigs et Dear Esther nous reviennent avec un projet de jeu d’aventure et de plates-formes qui avait fait beaucoup parler de lui au moment de sa sortie sur Apple Arcade. Little Orpheus a toutefois plus de mal à convaincre sur PC et consoles…

Si Apple Arcade a permis à des tas de studios de trouver un nouveau financement pour leurs projets, la plupart des créations nées sur la plate-forme ont beaucoup de mal à séduire une fois portées sur PC et consoles. C’est le cas de ce Little Orpheus, un petit jeu d’aventure / plates-formes développé par le studio britannique The Chinese Room. Les auteurs de Dear Esther nous livrent un jeu de plates-formes visuellement très joli mais qui atrocement simpliste.

La mise en scène est soignée.

L’aventure prend place en 1962, alors que l’URSS et les Etats-Unis se livrent une lutte sans merci pour conquérir l’espace. Un cosmonaute est envoyé au centre de la Terre à bord d’une capsule baptisée Little Orpheus. Ivan se retrouve alors dans un nouvel écosystème, rempli de dangers.

Ce qui frappe d’entrée de jeux dans Little Orpheus, c’est la qualité visuelle de cette petite production, qui nous plonge dans un monde vivant, coloré et plein de charme. Little Orpheus, c’est un peu le mélange inattendu entre Limbo et Avatar. Un univers charmant, mais qui n’en reste pas moins sombre. Visuellement, le titre est en tout cas très joli pour une petite production, et incontestablement une bonne surprise.

Autre détail qui séduit immédiatement : la narration, soignée, sous forme de flashbacks, avec des voix off qui narrent ce qui se passe à l’écran, et un déroulement rocambolesque.

La direction artistique est superbe.

L’ennui, c’est que si on a vraiment envie de l’aimer, Little Orpheus a beaucoup de mal à convaincre au niveau de son gameplay. Le personnage est lent et mou. Le gameplay se réduit la plupart du temps à un défilement latéral, avec quelques sauts et activations d’interrupteurs. Quelques rares séquences de courses-poursuites sont là pour venir rajouter un peu de piquant. On ne va pas vous le cacher toutefois, on a trop souvent l’impression d’être ici dans un walking simulator en 2D, sans grande ambition. La difficulté du jeu est d’ailleurs proche de zéro. Tant au niveau des quelques puzzles présents que des séquences de fuite. Alors oui, l’histoire est agréable à suivre, les décors nous en mettent plein les yeux et le jeu est parfois plaisant, mais globalement, on s’ennuie ferme devant ce titre qui tourne très vite en rond.

Autre déception : pas de VF. Le jeu est en anglais uniquement, ce qui réduit d’entrée de jeu le nombre de personnes qui s’y intéresseront. La bonne nouvelle, c’est que la VO du jeu et ses musiques sont superbes. Les doublages en anglais, avec accents russes, sont d’excellent facture et l’humour est bien présent. Il n’est toutefois pas toujours évident de prêter l’oreille en cours de partie…

Côté contenu, l’aventure est étonament longue. Comptez près de 5 heures tout de même pour en voir le bout. Bon, on tourne souvent en rond et les actions ont tendance à beaucoup se répéter, mais pour un petit titre indépendant, et au vu de son prix rikiki (moins de 15€), les acheteurs en auront largement pour leur argent.

Little Orpheus se rapproche souvent d’un simple walking-simulator…

On ne peut toutefois s’empêcher de regretter que les développeurs n’aient pas été plus ambitieux avec ce portage, qui portent les stigmates d’Apple Arcade. Clairement, le gameplay du titre aurait été plus riche s’il avait été développé sur une autre plate-forme. On le sent, il s’agit d’un jeu “mobile-first”, et c’est bien là tout le problème. C’est d’autant plus dommage que sur le papier, le jeu avait tout pour plaire.

Conclusion

Le nouveau jeu du studio britannique The Chinese Room était sorti initialement sur Apple Arcade, et cela se ressent puisque ce titre a clairement été pensé pour être joué sur un smartphone. Avec sa prise en main simpliste et son niveau de difficulté très bas, ce jeu de plates-formes et d’aventure à défilement horizontal aura beaucoup de mal à séduire les joueurs sur PC et consoles. La faute, en grande partie, à son manque de challenge et de diversité. On s’ennuie ferme, malgré les jolis décors, l’intrigue accrocheuse et la superbe direction artistique du jeu. S’il n’est pas déplaisant à parcourir et renferme même quelques passages très réussis, Little Orpheus a beaucoup de mal à tenir la comparaison face à un Neversong, un autre jeu de plates-formes en 2D sorti initialement sur Apple Arcade, qui proposait un gameplay autrement plus riche.

_
Suivez Geeko sur Facebook, Youtube et Instagram pour ne rien rater de l'actu, des tests et bons plans.

Little Orpheus

Gameplay 4.0/10
Contenu 6.5/10
Graphismes 8.0/10
Bande son 8.0/10
Finition 7.0/10
6.7

On aime :

Une direction artistique superbe

Visuellement très réussi

Une mise en scène travaillée

L'excellente bande son

Le petit prix

On aime moins :

Pas de VF

Un gameplay répétitif et creux

Aucune difficulté