Test – Soul Hackers 2: Shin Megami Tensei rencontre à nouveau le cyberpunk

Après un Shin Megami Tensei V, sorti en novembre dernier, qui a majoritairement convaincu, Atlus nous propose cette fois de nous replonger dans un ancien spin-off de la série. La saga Soul Hackers est de retour avec un épisode qui n’invente rien, mais qui fait les choses proprement.

Les fans de jeux japonais connaissent sans doute la fameuse licence Megami Tensei. Longtemps réservée au territoire japonais, la série a énormément apporté au JRPG et fait aujourd’hui partie des licences importantes du genre. Ce qui nous intéresse aujourd’hui c’est l’un de ses nombreux spin-offs. Si on connaît généralement la série principale ainsi que ses spin-offs phares que sont les Persona, on en oublie que Megami Tensei est une véritable licence tentaculaire, comptant plusieurs séries dérivées. L’une d’entre elles c’est Devil Summoner dont le deuxième épisode est sorti en 1997 et se nomme “Soul Hackers”. Ce même Soul Hackers a aujourd’hui droit à une suite, Soul Hackers 2, qui sort donc presque 25 ans après. Si tout cela est très complexe, ce nouvel épisode a tout de même l’élégance de nous proposer une aventure qui ne demande pas d’avoir suivi les jeux précédents.

On passe parfois par des environnements très futuristes.

À la différence des titres de la série principale qui nous confronte à un univers apocalyptique, Soul Hackers nous plonge plutôt dans une ambiance futuriste et cyberpunk, dans un monde où la technologie prend une place importante. Ce deuxième jeu débute alors que Aion, une entité numérique vivante, prédit la fin du monde. Elle crée alors deux êtres, Ringo et Figue, qui sont envoyés pour empêcher cet événement. Grâce à ses pouvoirs qui lui permettent de pirater les esprits, Ringo va ramener plusieurs invocateurs de démons à la vie. Ceux-ci ont tous un lien avec cette affaire et avec les “Covenants”, cinq mystérieuses sources d’énergies qui seraient la cause de la fin du monde.

Nous incarnons donc Ringo et son groupe dans une enquête qui nous emmène aux quatre coins d’une ville japonaise. Une intrigue sympathique, sombre et teintée de mystères, mettant en scène des personnages à la moyenne d’âge plus élevée que ce que le genre a l’habitude de proposer. Comme dans les autres jeux Megami Tensei, notre route croisera celle de nombreux démons qui pourront faire équipe avec nous. Cette fois, nos démons ne sont pas jouables en combat, mais servent d’équipement. Chaque invocateur gagne les capacités et statistiques du démon équipé. Il faudra entraîner ces derniers pour qu’ils gagnent de nouvelles compétences, et nous aurons aussi l’occasion de les fusionner pour obtenir des créatures encore plus puissantes.

Le système de combat est simple et efficace.

La majorité du jeu se déroule dans des donjons labyrinthiques qui sont vides et très oubliables. Nos démons peuvent cependant se cacher ici et là, ceux-ci nous donnent des objets qu’ils ont trouvés ou peuvent même nous présenter à d’autres démons intéressés pour rejoindre notre équipe. Évidemment, des ennemis apparaissent durant nos explorations, ce qui donne lieu à de nombreux combats. Le système est plutôt simple et se déroule au tour par tour. Les faiblesses élémentaires des ennemis sont particulièrement importantes puisque infliger des dégâts efficaces va créer un “combo” qui déclenche une attaque dévastatrice à la fin de notre tour et qui produit de gros dommages sur les adversaires. Il est donc important d’avoir une équipe équilibrée et d’expérimenter pour trouver les failles de chaque type d’ennemi rencontré. Sans pour autant être très complexe ou original, le système est suffisamment intéressant pour nous donner de quoi réfléchir dans le but d’optimiser nos affrontements.

Soul Hackers 2 est une aventure qui va également passer beaucoup de temps à mettre les personnages de notre groupe en avant. Un système d’affinité permet d’engranger des points en allant, par exemple, boire un verre avec eux au bar de la rue Shinsando. Ce système est d’une importance capitale puisqu’il va permettre de faire évoluer leurs capacités grâce à la matrice de l’âme. Il s’agit de donjons optionnels liés aux âmes de nos coéquipiers dans lesquels notre progression est balisée par notre nombre de points d’affinité. Plus nous en avons, plus nous pouvons nous enfoncer, ce qui débloque des cinématiques explorant leur passé, mais aussi des améliorations pour les combats. Le titre laisse pas mal de liberté pour customiser les capacités des membres de notre équipe. Enfin, l’aventure propose tout un tas de quêtes annexes peu importantes à réaliser pour obtenir différentes récompenses.

S’il n’est pas impressionnant par sa technique, le titre est artistiquement très réussi.

Il faut préciser que Soul Hackers 2 n’est pas un jeu très ambitieux. L’expérience alterne majoritairement entre des phases narratives, des donjons et la gestion de notre équipement et de nos démons. En dehors des donjons, il y a peu d’exploration et d’environnement à visiter, presque tout se déroule dans des menus. Une structure qui fait penser à des jeux d’une autre époque, notamment les JRPG qui tournaient sur nos consoles portables il y a quelques années (l’absence de version Switch est, à mon humble avis, un acte manqué tant l’exercice se prête à des petites sessions). Son manque d’ambition se ressent également dans ses visuels qui, s’ils sont très réussis artistiquement, ne sont pas techniquement très poussés. On remarque vite les imperfections et les environnements similaires. Cela dit, on oublie vite les défauts grâce à l’ambiance néon réussie et au character-design impeccable de ses personnages importants.

Malgré tout, le titre prend tout de même une trentaine d’heures pour voir le bout du scénario, et bien plus pour faire le contenu annexe. Ces quelques dizaines d’heures sont accompagnées de musiques très efficaces ainsi que de doublages anglais/japonais réussis. Côté difficulté, Soul Hackers 2 se montre moins impitoyable que d’autres titres de la saga et propose même des options vraiment pratiques pour fluidifier son côté “dungeon crawler” remplis de combats. On sent véritablement l’influence de Persona 5 et de Shin Megami Tensei V, à la fois sur l’esthétique du titre, mais aussi dans son game design, ce qui n’empêche pas Soul Hackers 2 d’apporter sa propre personnalité.

Conclusion

La série Megami Tensei revient avec un nouvel épisode faisant suite à l’un de ses spin-offs. Presque 25 ans après, un nouvel opus de la saga Devil Summoner nommé “Soul Hackers 2” fait son entrée. Cet épisode se déroule dans un univers futuriste et cyberpunk où la technologie prend une place importante. On incarne Ringo, un être numérique prenant forme humaine dans le but de sauver l’humanité d’une catastrophe. En effet, le monde est au bord de la destruction à cause d’individus qui se disputent les “Covenants”, cinq mystérieuses sources d’énergies. Accompagnée de trois invocateurs de démons fraichement assassinés, mais que Ringo va sauver grâce à son piratage d’âme, celle-ci va enquêter sur les circonstances qui mèneront vers cette possible fin du monde. Si le scénario et les personnages sont très sympathiques, le jeu va proposer une expérience peu ambitieuse à base de menus et d’exploration de donjons très vides. Le système de combat vient tout de même apporter beaucoup d’intérêt. Celui-ci se déroule en tour par tour et propose des mécaniques simples et efficaces. De nombreux systèmes viennent s’y ajouter pour customiser les capacités de nos personnages, comme les démons recrutables qui servent d’équipement. Le titre se montre un peu plus accessible grâce à ses nombreuses options de confort ainsi que sa difficulté légèrement moins impitoyable que dans les jeux principaux. Il faut également noter qu’il n’est pas nécessaire de connaitre le Soul Hackers original pour pouvoir jouer à cette nouvelle aventure. S’il n’est pas toujours techniquement au top, le titre montre tout de même une belle direction artistique et un univers rempli de personnalité.

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Soul Hackers 2

Gameplay 7.5/10
Contenu 7.0/10
Graphismes 6.5/10
Bande son 7.0/10
Finition 7.5/10
7.1

On aime :

Un scénario et des personnages sympathiques

Le système de combat, simple et efficace

Laisse de la liberté pour construire nos personnages

Une très belle direction artistique

Accessible aux nouveaux fans

On aime moins :

Les donjons peu intéressants

Manque d’ambition

Pas toujours techniquement au top