Test – Dying Light 2 Stay Human : une suite maîtrisée

Dying Light 2 : Stay Human est sorti très exactement cinq ans après un premier épisode très réussi. Sa suite fait partie des jeux les plus attendus de ce début d’année … à juste titre !

Dire qu’il était énormément attendu relève de l’euphémisme. Dying Light 2 : Stay Human se sera fait attendre, avec de multiples reports et l’annonce de son existence il y a déjà quatre ans. Prévu dans un premier temps pour le printemps 2020, la suite du premier titre sorti en 2015 aura d’abord été reportée à une date inconnue. Les développeurs de Techland ne donneront alors plus de signe de vie jusqu’à mai 2021, évoquant une sortie pour décembre de la même année. Finalement, les équipes polonaises de Techland s’accorderont deux mois de développement supplémentaire, pour proposer leur titre en février 2022, soit très exactement cinq ans après son prédécesseur.

Techland fait pratiquement table rase du passé concernant les principaux acteurs de ce nouvel épisode. Nous n’incarnons plus Kyle Crane à Harran, mais plutôt Aiden Caldwell, un Pèlerin ayant traversé 2.000 kilomètres pour rejoindre Villedor. Cette ville aux accents très européens a pratiquement succombé au virus virion et s’impose comme un des derniers bastions de l’humanité, avec des groupes de survivant tentant tant bien que mal de survivre face aux hordes de zombies qui hantent les rues.

Le titre nous plonge directement en 2036, soit 15 ans après la “chute” de la civilisation, relatée dans le premier épisode. Aiden se rend à Villedor dans le but de retrouver Mia, la sœur qu’il a perdue lorsqu’ils étaient enfants et que l’on faisait des expériences sur eux. Seulement voilà, Aiden va se retrouver au cœur d’une guerre des factions à Villedor et va devoir travailler avec chacune d’entre elles pour retrouver sa benjamine. Problème : Aiden a été mordu par un zombie et se retrouve dès lors infecté. Il doit travailler avec Hakon, son partenaire de Villedor et les différentes factions pour trouver un remède. Une infection qui, vous le découvrirez plus tard dans ce test, va énormément influencer le gameplay.

De jour, les zombies se baladent paisiblement dans la rue et n’affichent pas vraiment de résistance. En revanche, de nuit, c’est une autre paire de manches.

Clairement, l’intrigue s’apparente de près ou de loin à celle d’un simple film de morts-vivants. Elle est classique mais elle fait le taff, et très bien même, puisqu’on veut toujours en apprendre plus sur le passé d’Aiden et ce qu’il est advenu de sa sœur. On est embarqué par le scénario, avec ses nombreux rebondissements nous obligeant constamment à faire des choix ayant un impact non négligeable sur l’aventure. C’est d’ailleurs une des grandes nouveautés de ce nouvel opus : la prise de décision. Quand vous discuterez avec un PNJ, vous aurez quasiment toujours le choix de votre réponse. Parfois, votre réponse influera sur la suite de l’aventure et vous devrez par exemple choisir d’aider ou non tel personnage secondaire voire d’aider une faction, avec de possibles répercussions de la part d’une autre faction plus tard dans l’aventure. On nous propose donc là une histoire à embranchements, mais qui débouchera malheureusement sur une même fin un poil trop bateau et identique d’une partie à l’autre, quels qu’aient été vos choix. 

Dying Light 2 vous proposera ainsi une quête principale vous mettant sur les traces de votre sœur portée disparue, mais également plusieurs dizaines de missions secondaires finement menées. Trouver des ressources parsemées un peu partout sur la carte, retrouver une personne portée disparue, mais également allumer une bougie sur un mémorial entouré de zombies, la proposition de quêtes annexes est suffisamment variée pour proposer une durée de vie incroyablement longue. Les développeurs ont annoncé jusqu’à 500h de contenu, une durée que nous reverrons largement à la baisse pour atteindre la centaine d’heures de jeu. Une durée plus que raisonnable qui justifie amplement l’investissement consenti pour l’achat du jeu. Outre les missions secondaires, vous devrez explorer des lieux regorgeant d’équipements et ressources, mais également “libérer” des zones ou détruire une anomalie du GRE (une sorte de “super-zombie”). 

Le parkour est cette fois enrichie grâce à l’arrivée du paravoile et du grappin. L’occasion d’apporter de la verticalité au titre.

L’occasion pour nous d’enchaîner avec cette nouvelle zone de jeu qu’est Villedor. Très typée européenne, cette ville est notre nouveau terrain de jeu dans Dying Light. Quatre fois plus grande qu’Harran (premier épisode), cette nouvelle ville est terriblement réussie. Grâce à un habile système jour/nuit, les zombies se veulent bien plus nombreux dans les rues une fois la nuit tombée, vous obligeant dès lors à favoriser le parkour sur les toits, mais vous permettant également de visiter les bâtiments dès lors dénués des zombies qui s’y cachent de jour. De nombreuses quêtes annexes animent la ville et il n’est pas rare que vous ayez à secourir un survivant des mains de renégats ou de zombies.

Villedor semble surtout avoir été construite pour favoriser le parkour. Pierre angulaire du titre, le parkour est encore plus jouissif que dans Dying Light premier du nom. S’il est évidemment possible de se balader dans les rues de Villedor, surtout de jour lorsque les rues sont à peu près plus sûres, le titre vous encourage constamment à emprunter la voie des airs, en passant par les toits de la ville. Tout semble d’ailleurs conçu pour que vous ne puissiez vous balader que par les toits. Petite nouveauté de ce second opus : le paravoile et le grappin, venant approfondir davantage la verticalité du parkour. Nous regretterons en revanche que quelques problèmes de collision viennent de temps à autre perturber notre progression sur les toits, avec des réceptions pas toujours réussies ou une accroche à une corniche foirée alors que l’on s’y prend bien.

Outre les zombies, il faudra également se méfier des renégats se baladant dans les rues.

Outre cet aspect parkour, Dying Light 2 mêle également des phases d’infiltration qui se jouent principalement de nuit. Armé d’une lampe torche, vous pourrez visiter des bâtiments pour y récupérer diverses ressources nécessaires au craft (qui vous permettra de concevoir armes, soins…) mais également des inhibiteurs. Lorsque vous récupérerez trois inhibiteurs, vous pourrez améliorer votre jauge d’Endurance (pour le parkour) ou votre jauge de Santé. En vous infiltrant, vous devrez crocheter des porte ou des coffres. Un pan du jeu un poil surexploité, qui finit par nous lasser après avoir enchaîné cinq crochetages en à peine une heure.

Comme tous les habitants de Villedor, Aiden est infecté par ledit virus. Une composante ô combien importante dans le gameplay, puisque vous devrez prendre en compte votre taux de vulnérabilité au virus. Particulièrement sensible aux rayons ultraviolets, le virion se révèle particulièrement inoffensif de jour en extérieur. Les zombies sont bien moins inoffensifs et le virus dort paisiblement en vous. Mais une fois que vous rentrez dans un bâtiment sombre ou que la nuit est tombée, la donne est toute autre. Un compte à rebours de 6 minutes (qui s’allonge avec la progression) se déclenche vous obligeant à très vite vous réfugier dans une planque où les rayons UV vous sauveront et réinitialiseront le compteur. 

Progresser dans les arbres de compétences vous permet de mieux vous battre, mais également de vous améliorer en parkour.

Ne vous étonnez pas si, au début de votre aventure, la difficulté vous paraît insurmontable. Votre jauge de santé sera relativement courte, vous demandant une dextérité à toute épreuve dans les affrontements, tandis que la jauge d’endurance ne vous permettra pas d’escalader les façades les plus hautes. Vous trouverez alors les inhibiteurs, comme expliqué plus haut, pour agrandir ces jauges, mais débloquerez aussi de l’expérience pour gagner de nouvelles compétences. Pour cela, deux grands arbres de compétences (parkour et combat) vous seront proposés pour vous améliorer. Combiné au crafting, au loot et aux équipements améliorant votre armure, Dying Light 2 s’affiche ainsi comme un RPG plutôt bien fichu.

Evoquons enfin l’un des points sur lesquels Dying Light 2 pèche le plus : sa finition. A sa sortie, le titre semble tout simplement fini à la va-vite, les développeurs ayant alors expédié la phase de peaufinage des bugs. Qu’ils soient visuels (avec beaucoup de clipping et d’aliasing, principalement lorsque l’on est en hauteur), de collision (lors du parkour, avec des réceptions pas toujours idéales) ou de gameplay (certaines actions ne s’effectuent pas lorsqu’on presse la touche), ces petits défauts viennent sérieusement impacter l’expérience de jeu. Heureusement, les développeurs semblent avoir pris le problème au sérieux en ayant déjà déployé plusieurs patchs, mais cela remet sérieusement en question le sérieux sur le développement d’un jeu, surtout lorsque celui-ci a été reporté pour peaufiner ces bugs. L’IA n’est pas non plus très performante, mais plutôt passive, ce qui n’apporte pas réellement de défis. Les ennemis “humains” se contentant d’attaquer l’un après l’autre, tandis que les zombies sont très vite semés. Des soucis qui ne sont pas sans rappeler le passé tumultueux d’un autre studio polonais, CD Projekt, avec CyberPunk 2077. Heureusement, Dying Light n’est pas injouable comme a pu l’être CP 2077, mais la question a le mérite d’être posée.

Visuellement, Dying Light 2 est très réussi. Dommage que certaines cinématiques soient très en dessous et que l’animation faciale ne soit pas vraiment travaillée.

Sur next-gen, le titre propose plusieurs modes d’affichage en fonction de votre préférence : Qualité (Ray-Tracing), Performance (meilleur FPS) ou Résolution (4K). Soyons directement clair : pour un jeu de type parkour, seul le mode performance s’avère jouable tant la fluidité est importante dans un titre où les mouvements sont rapides et nombreux. Dying Light 2 est alors capable de dépasser les 60FPS, voire plus sur les téléviseurs compatibles. On regrettera en revanche que, pour une raison difficilement explicable, le jeu ne peut dépasser les 30 FPS sur Xbox Series S.

Visuellement, Dying Light 2 s’impose comme une vraie réussite. Si l’on pestera contre les animations faciales pas toujours expressives, le titre est très beau, que ce soit dans ses paysages de jour comme de nuit, grâce à de magnifiques effets de lumière, une réalisation soignée et des zombies plutôt convaincants. Ajoutez à cela une bande sonore tout simplement exquise, composée de morceaux impeccables et vraiment mémorables. Le sound design est lui aussi très plaisant. Seule ombre au tableau : le doublage francophone n’est pas des plus réussis, avec des personnes dont la voix change sans raison ou encore un sous-titrage pas toujours conforme à ce que l’on peut entendre…

 

Conclusion

Mêlant habilement parkour, phases d’action et phases d’infiltration, Dying Light 2 parvient sans mal à nous emmener dans sa trame scénaristique très réussie et à nous immerger dans son univers scifi très sombre. Le parkour, élément central de Dying Light 2, est une vraie réussite, aidé par un vaste open-world habilement conçu, très riche et incroyablement vivant. Dying Light 2 ne révolutionne pas la formule du premier volet : il s’agit d’un curieux mélange de parkour et de jeu de zombies en open world, mais la formule est affinée. S’il y a en revanche un gros reproche que l’on pourra émettre quant au titre à sa sortie, c’est indéniablement le manque de finition. De nombreux bugs d’affichage ou encore de collision lors des phases de parkour viennent entacher l’expérience. L’IA n’est guère plus réjouissante et n’apporte pas de défi suffisamment fort. Malgré une excellente BO et un sound design de grande qualité, le doublage français s’avère inégal, avec des sous-titres souvent inexactes. Les développeurs ayant déjà déployé plusieurs patchs correctifs, l’expérience devrait s’en voir grandement améliorée pour la plupart des joueurs. Avec son contenu généreux et sa réalisation soignée, Dying Light 2 est une expérience de jeu solide qui plaira à tous les fans du premier volet. La formule n’a en revanche pas forcément beaucoup changé et ses détracteurs pourraient toujours avoir beaucoup de mal à s’y plonger. 

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Dying Light 2 : Stay Human

Gameplay 8.0/10
Contenu 9.0/10
Graphismes 8.0/10
Bande son 7.5/10
Finition 6.5/10
7.8

On aime :

Un immense monde ouvert très riche, vivant et bien construit

Le parkour, toujours aussi grisant et exaltant

Un scénario classique mais haletant

Un sound design et une BO de très grande qualité

Une durée de vie dantesque, frôlant la centaine d'heures

On aime moins :

Quelques petits problèmes de finition : collision, affichage...

L'IA des zombies, pas incroyable

La VF et le sous-titrage, souvent inégaux