Test – The Anacrusis : le Back 4 Blood du pauvre

Tout juste débarqué en accès anticipé, The Anacrusis se présente comme une alternative plus légère aux Back 4 Blood et autres GTFO. Léger n’est d’ailleurs peut-être pas assez fort pour décrire ce premier vrai raté de 2022…

C’est en juin 2021, à l’occasion du Summer Game Fest de l’E3, que nous avons pu découvrir la première production du petit studio indien Stray Bombay. Une exclusivité PC/Xbox dont l’aspect coopératif semble tout droit inspiré de références telles que Left 4 Dead et Back 4 Blood. Une vidéo de gameplay avait alors été présentée pour annoncer ce petit titre indépendant à l’ambiance 70s très marquée.

Autant le dire de suite, ce qui nous avait été montré à l’E3 ne nous avait absolument pas convaincus, ça faisait peur même … L’IA ne semblait pas des plus soignées avec un ragdoll monstrueux (peut-être voulu ?), des effets pas toujours réussis et un aspect “fourre-tout” pas franchement excitant. 6 mois plus tard, le jeu sort en early access (accès anticipé). Les joueurs peuvent ainsi s’essayer au jeu et faire part de leur ressenti aux développeurs qui auront ainsi la possibilité d’apporter des corrections au titre avant sa sortie. Vous allez vite le comprendre, les développeurs risquent d’avoir encore beaucoup de travail s’ils veulent rendre The Anacrusis jouable et plaisant manette en mains. 

Pour bien s’accommoder de The Anacrusis, il est essentiel de replanter le contexte. Quatre inconnus se retrouvent dans une station spatiale très typée années 1970 et doivent progresser dans ses allées tout en dézinguant de l’extra-terrestre. Et c’est tout. Vous devez tuer la menace alien dans le vaisseau spatial… Clairement, on a déjà vu mieux comme scénario dans un jeu vidéo. Un scénario faiblard, qui se ressent jusque dans chacune des missions du titre. On avance avec nos coéquipiers dans le vaisseau sans réellement savoir vers où et sans la moindre indication. Seuls les quelques passages dans le SAS séparant deux missions apportent quelques bribes d’informations quant au scénario, mais sans plus.

The Anacrusis possède une patte très ancrée dans les 70s. Dommage que les environnements soient redondants.

C’est accompagné de trois autres survivants que vous devrez annihiler la menace alien. En coopération, vous devrez travailler avec vos coéquipiers pour survivre dans cet environnement hostile. Malheureusement, le titre ne met pas suffisamment l’accent sur l’aspect coopératif dans son gameplay. Certes, les autres joueurs peuvent vous réanimer ou venir à votre rescousse quand vous êtes surmené, mais c’est à peu près là que s’arrête la coopération. À quelques moments, vous devrez également sécuriser une place-forte pendant un temps imparti (mission vue et revue) et donc compter sur vos partenaires, mais c’est tout. 

En réalité, le titre doit continuer à s’enrichir au fil des mois et accueillir de nouveaux épisodes et, on l’espère, des missions plus variées. Pour l’instant, il n’y a que trois épisodes de disponibles, chacun divisé en 4 séquences avec, pour seul objectif, la nécessité de rejoindre le SAS entre chaque séquence. On tourne très vite en rond malheureusement, et l’aspect coopératif du titre et sa rejouabilité ne sont pas suffisamment marqués. Petit bémol supplémentaire : les épisodes sont relativement longs. Comptez plus d’une heure pour venir à bout d’un épisode. Vous constaterez ci-après que les sensations de tir n’étant pas très plaisantes, on regrettera que les épisodes durent aussi longtemps…

Les missions n’étant guère passionnantes, nous étions alors en droit d’espérer un gameplay relativement nerveux et jouissif, comme pouvaient le laisser entendre les trailers. Ici non plus, la promesse n’est absolument pas tenue. Les armes lasers ne sont par exemple absolument pas réussies, avec aucune sensation manette en main. On enchaîne les chargeurs sans réelle passion ni envie, et l’on se réjouit vraiment que tous les ennemis soient tués pour vite passer à autre chose. Ajoutez à cela la reproduction sonore des armes lasers qui est tout simplement éreintante pour venir empirer encore un peu plus les choses.

La sensation des armes n’est pas franchement emballante. On tire sans vraiment prendre de plaisir.

En jeu, vous allez très vite être submergé par les vagues d’aliens. Un élément qui aurait pu être positif puisque cela aurait pu apporter un certain défi pour les joueurs les plus aguerris. Cependant, les lasers, explosions et ennemis se superposant rendent très vite les gunfights complètement illisibles et tout simplement agaçantes. Heureusement, chaque héros possède trois recharges d’une espèce d’onde de choc expulsant les aliens loin de vous lorsque vous êtes submergé. 

S’il n’y avait que les armes qui étaient ratées, cela pourrait encore passer. Malheureusement, le contrôle des personnages est tout autant catastrophique. Très rigides et vraiment peu maniables, les personnages sont une plaie à déplacer. Ils ne savent pas sprinter, les déplacements ne sont pas naturels et, à de nombreuses reprises on se fait avoir par les “pièges” du décor (trous par exemple) qu’on n’aurait pas pu éviter…

Lors de la promotion du jeu, les développeurs ont très vite avancé l’argument que “chaque partie serait différente” grâce à un système d’intelligence artificielle modifiant le nombre d’ennemis, leur emplacement d’apparition, mais également capable d’adapter la difficulté selon les performances de l’équipe. S’il s’agit, en théorie, d’un argument prometteur pour un jeu coopératif de ce type, force est de constater que, dans la pratique, le résultat est très loin des attentes. Certes, les objets et ennemis changent d’emplacement à chaque fois, mais la quantité d’ennemis ou leurs capacités changeantes ne se font vraiment pas ressentir. Les niveaux se ressemblent tous entre eux et le manque de diversité dans les aliens ne permettent clairement pas au titre de tenir ses promesses.

Si la coopération est le fer de lance du jeu, on regrettera que les développeurs ne proposent pas davantage de missions requérant l’entraide.

Pour ce qui est de sa direction artistique, The Anacrusis plonge directement le joueur dans les années 1970, avec des environnements aux couleurs très peps, du mobilier vintage et des personnages au look très disco. Malheureusement, et comme expliqué ci-dessus, tous les environnements se ressemblent entre eux. On progresse au sein du vaisseau constamment avec une impression de déjà-vu. De plus, la structure du vaisseau n’apporte clairement pas de diversité, puisque l’on a toujours le droit à des couloirs très répétitifs après une salle plutôt jolie.

C’est surtout techniquement que le bât blesse. Si le moteur graphique propose des environnements plutôt jolis et des effets et explosions qui font mouche, il est en revanche incapable de maintenir le jeu à 60FPS. Il ne se passe ainsi pas deux minutes sans qu’il n’y ait un ralentissement qui dégrade l’expérience de jeu, au point que ça en devienne désagréable voire pratiquement injouable. L’IA n’est pas non plus des plus réussies, avec des extra-terrestres franchement pas malins et réagissant très étrangement aux actions des joueurs …

Côté contenu, The Anacrusis paraît fort léger. Il n’y a que trois armes différentes directement attribuables ainsi que deux ou trois plus variées trouvables sur le champ de bataille, seulement 4 agents dont rien ne diffère et 3 épisodes dans la première saison. Certes, le jeu va continuer à s’enrichir et n’en est qu’à ses prémices. Malgré tout, les joueurs doivent déjà débourser 30€ pour jouer à un titre dont on en fait très vite le tour et dont la rejouabilité n’est, pour l’heure, pas assurée. “Heureusement”, le titre est disponible dans le Game Pass…

Conclusion

Même s’il n’en est encore qu’au stade d’early access et donc de développement, The Anacrusis n’a en tout cas pas les armes pour nous rassurer sur son avenir. Le jeu de tir en coopération tente de s’inspirer des plus célèbres licences coopératives pour se démarquer, mais présente pour l’heure de sérieuses lacunes. Les quatre héros progressent sans réel objectif dans des environnements vides malgré une direction artistique de qualité très branchée 70s. La coopération n’est quant à elle vraiment exploitée qu’à de rares moments, lorsqu’il faut par exemple protéger un point ou travailler en équipe pour battre l’un des boss pas toujours réussis. Les quelques armes lasers disponibles (seulement 3) ne sont pas vraiment réussies et ne procurent aucune sensation, tandis que les personnages sont bien trop rigides et difficilement maniables. L’IA est quant à elle complètement ratée et mériterait une refonte totale. Si, visuellement, The Anacrusis ne s’en sort pas trop mal, les trop nombreux ralentissements in-game empiètent sérieusement sur le plaisir de jeu. On le répète, le titre est toujours en développement. Mais une early access étant souvent un long aperçu de ce que sera la version définitive du titre, on ne peut pas dire que nous sommes rassurés quant à l’avenir de la production du studio Stray Bombay. “Heureusement”, elle est disponible dans le Game Pass.

_
Suivez Geeko sur Facebook, Youtube et Instagram pour ne rien rater de l'actu, des tests et bons plans.

The Anacrusis

Gameplay 2.5/10
Contenu 2.0/10
Graphismes 6.5/10
Bande son 5.5/10
Finition 1.5/10
3.6

On aime :

Une ambiance 70s très réussie

Pas vilain visuellement

On aime moins :

Des chutes de framerate intempestives

Une IA aux fraises

On ère dans les niveaux sans réel but à atteindre

Des commandes bien trop rigides

Un contenu famélique