Test – Beyond a Steel Sky : l’épopée sci-fi en cell-shading

Après une première sortie en exclusivité sur Apple Arcade il y a un an, Beyond a Steel Sky s’offre une sortie en grande pompe sur consoles. Est-il le digne héritier d’un premier épisode qui a marqué toute une génération ? 

En 1994 sortait sur Amiga et PC un jeu d’aventure réalisé par les deux amis, Charles Cecil et Dave Gibbons : Beneath a Steel Sky. Un titre qui a littéralement marqué toute une génération de joueurs et qui est aujourd’hui repris par beaucoup comme une référence du jeu d’aventure et du point n’ click. Depuis, silence radio quant à une suite.

Qu’à cela ne tienne, 26 ans plus tard, Beyond a Steel Sky (BASS) débarque, suite officielle du premier opus, avec une exclusivité que l’on n’attendait pas. En effet, le titre n’est proposé uniquement que sur les appareils iOS avec souscription d’un abonnement à Apple Arcade. Une jolie exclusivité qu’a signée là Apple, puisque le jeu a très vite été plébiscité par les joueurs. Fort logiquement, Revolution Software, le studio de Charles Cecil, en a profité avant que le soufflé ne retombe pour proposer une adaptation tellement attendue du titre sur PC l’année passée, puis sur consoles en ce mois de décembre.

Pour relancer la machine, qui de mieux que Robert Foster, l’emblématique protagoniste de Beneath a Steel Sky ? Alors qu’il est en train de pêcher avec Max et son fils Milo, Robert est surpris par un gigantesque monstre mécanisé surgissant de l’eau. Celui-ci enlève le jeune Milo et l’emmène jusqu’à Union City, la ville que Robert Foster traversait dans le premier épisode. Vous l’aurez compris, notre aventurier favori va devoir retourner dans la mégalopole futuriste pour sauver le jeune gamin. Evidemment, le périple ne s’annonce pas aussi tranquille qu’espéré.

C’est le grand retour de Robert Foster à Union City. En 26 ans, la ville a bien changé, elle est passée à la 3D et affiche de bien plus jolis graphismes.

On regrettera en revanche que l’aventure ne dure au final que très peu de temps. Comptez moins de 10 heures (9h de notre côté), pour achever le titre en ligne droite. Une durée de vie relativement faible pour un jeu d’aventure, qui est d’autant plus proposé au lourd tribut de 40€, là où l’aventure mobile correspond à 4,99€ sur Apple Arcade. Sans prendre en compte le mois d’essai gratuit, qui vous permettra même de terminer le titre sans débourser le moindre centime.

Et pour cause, à son retour à Union City, la ville semble bien changée. Outre le fait que Joey, son emblématique compagnon robotique du premier épisode, soit devenu une divinité vénérée à Union City, la ville affiche désormais un tout aspect d’un point de vue visuel. Exit la 2D propre aux jeux des années 1990 de l’Amiga et du PC, et place ici à une aventure entièrement en 3D composée de visuels avec un très léger liseré donnant un aspect en cell-shading tellement plaisant. La direction artistique du jeu est tout simplement irréprochable avec ses airs de bande dessinée.

Du côté des graphismes, le résultat est lui aussi plutôt convaincant. Sans être un porte-étendard des capacités des consoles de nouvelle génération, BASS parvient à imposer sa patte et montrer qu’il en a dans le capot. La modélisation des personnages et les textures sont de bonne qualité, tandis que les paysages, dans Union City principalement, sont très jolis. Mention spéciale pour les explosions et effets de lumière qui sont tout particulièrement soignés.

Le gameplay est plutôt plaisant, avec les phases de piratage très réussies. On regrettera en revanche que la progression soit trop lente…

On pestera en revanche contre l’approximation des animations faciales, bien trop rigides quelle que soit la situation. Les personnages ne clignent même pas des yeux et, lors des situations les plus tendues, ils restent terriblement impassibles.

Pour ce qui est du gameplay, BASS tranche radicalement avec son prédécesseur. Le côté point n’ click est très légèrement mis de côté pour mettre davantage en avant l’aspect aventure et interaction du titre. Pour retrouver Milo, Robert Foster va devoir glaner de multiples informations auprès de toutes les personnes qu’il croisera sur sa route. Des réponses à choix multiple sont de rigueur laissant souvent place à des situations et interactions humoristiques entre les interlocuteurs. Vous en apprendrez d’ailleurs plus en parlant pour résoudre telle ou telle énigme.

Des énigmes qui ne sont pas toujours très originales, et qui sont bien souvent à résoudre avec le fameux MINOS Hacker. A de nombreuses reprises dans votre aventure, vous tomberez nez à nez avec des dispositifs électriques pouvant être piratés pour arriver à vos fins. Vous arriverez sur une sorte d’interface à première vue peu user-friendly dans laquelle vous devez intervertir des nodes pour, par exemple, ouvrir un pont, pirater une caméra ou annuler un feu d’artifice et faire passer un message d’alerte. Vous l’aurez compris, le piratage des différentes interfaces est le cœur même du jeu, et l’on regrettera peut-être qu’il ne se diversifie pas trop à ce niveau et que toutes les énigmes passent par le hacker pour être résolue.

Certaines phases donnent lieu à des passages cocasses. Il faudra également faire de nombreux choix dans les discussions.

On regrettera également que Beyond a Steel Sky soit quelque peu lent dans sa construction. Les déplacements de Robert Foster sont étonnement mous, et les changements de décor passent inévitablement par un temps de chargement assez long. Un problème de rythme est là à corriger si une suite venait à sortir, pour rendre le tout plus vivant et avec plus de peps.

Une de nos grandes satisfactions reste le fait que la grande majorité des bugs du titre original sur Apple Arcade et PC aient été corrigés. Le titre est très fluide en 60 FPS sans la moindre chute de framerate. Un joli travail a donc été fait sur ce point, et nous ne pouvons que saluer celui effectué par les développeurs.

La bande-son, elle n’est pas particulièrement plaisante. A sa sortie sur Apple Arcade et PC, BASS n’était disponible qu’en VO avec des sous-titres en français. Les voix des différents personnages étaient très réussies et il n’y avait rien à redire. Avec la parution du titre sur consoles, les développeurs ont fait l’effort de proposer un doublage en VF. Cela ravira à coup sûr les plus anglophobes d’entre nous, mais moins ceux qui portent une attention toute particulière au doublage. En effet, les voix françaises sont irritables et complètement foirées, au point de parfois frôler le ridicule. C’est bien simple, après quelques minutes, nous avons aussitôt privilégié les voix originales avec les sous-titres en français.

Conclusion

26 ans après ses premières aventures, Robert Foster revient à Union City dans une aventure plaisante, quoiqu’un peu courte, mais à la direction artistique tellement réussie, avec ses graphismes en cell-shading. C’est principalement du côté du gameplay que les développeurs pourront nourrir quelques regrets. Les nombreuses énigmes qui s’offrent à nous ne sont que rarement élaborées et le titre est d’une lenteur assez éreintante, même pour un jeu d’aventure old-school. Le doublage français déçoit également. Beyond a Steel Sky parvient toutefois à séduire par la richesse de son univers, ses dialogues plein d’autodérision, son style graphique unique. Clairement, il s’agit d’un jeu qui s’adresse aux vieux de la vieille. A 40€, le titre n’en reste pas moins vendu très cher, d’autant plus qu’il était initialement un titre du catalogue Apple Arcade, développé donc pour un support mobile… 

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Beyond a Steel Sky

Gameplay 6.5/10
Contenu 6.5/10
Graphismes 6.5/10
Bande son 6.5/10
Finition 8.0/10
6.8

On aime :

Des visuels très agréables

Une direction artistique de toute beauté

Le piratage des interfaces plutôt plaisant

Beaucoup d'humour et de scènes amusantes

On aime moins :

Seulement 9h en ligne droite

Un doublage VF catastrophique

Des animations faciales rigides

Très lent dans sa structure et son gameplay

Des puzzles pas toujours très inspirés