Le premier cargo électrique autonome a pris le large

Il doit remplacer 40.000 trajets en camion diesel chaque année.

Livré en fin d’année dernière par le groupe industriel italien Fincantieri, le « Yara Birkeland » a été mis à l’eau il y a quelques jours et a réalisé avec succès son voyage inaugural. Il s’agit du premier porte-conteneurs électrique autonome dans le monde. Il doit permettre de réduire l’impact environnemental du transport de marchandises par voie maritime. Comme son nom le laisse supposer, il a été livré à la société Yara, une entreprise d’engrais norvégienne qui opère dans le sud-est du pays.

Le cargo mesure 80 m de long, 15 m de large et pèse 3.200 tonnes. La salle des machines a été remplacée par huit compartiments remplis de batteries qui fournissent une capacité de 6,8 MWh, ce qui équivaut à environ 100 Tesla Model 3. Sa vitesse maximale est de 13 nœuds, soit 24 km/h. Durant son voyage inaugural, il a parcouru 10 km et a transporté 120 containers remplis d’engrais.

Des techniciens seront présents pendant 2 ans pour vérifier la fiabilité du système, après quoi le cargo deviendra réellement autonome. Jostein Braaten, le dirigeant du projet, explique qu’une des difficultés réside dans l’approche des petits obstacles : « Tout d’abord, nous devons détecter qu’il y a quelque chose. La machine doit ensuite comprendre qu’il s’agit d’un kayak, puis doit déterminer ce qu’il faut faire avec cette information. Actuellement, les grands navires ne font pas grand-chose avec un kayak. Ils ne peuvent pas faire grand-chose. Ils peuvent avertir, mais ils ne peuvent pas manœuvrer pour s’éloigner. »

Réduire le nombre d’accidents

Une fois que le véhicule sera devenu entièrement autonome cependant, le nombre d’accidents devrait réduire drastiquement : « Une grande partie des incidents qui se produisent sur les navires sont dus à des erreurs humaines, à la fatigue par exemple, le fonctionnement autonome peut permettre un voyage en toute sécurité. »

À terme, le Yara Birkeland doit remplacer 40.000 trajets en camion par an, actuellement effectués par des véhicules au diesel.

Les opérations de chargement et de déchargement seront effectuées automatiquement par des grues et des équipements électriques. Le navire sera également équipé d’un système d’amarrage automatique.

Si ce premier bateau électrique est un premier pas pour réduire la diffusion de CO2 dans l’atmosphère, le chemin est encore long à parcourir avant une adoption générale. Pour l’instant, les cargos autonomes électriques ne sont pas utilisables pour de longs trajets à travers l’océan à cause de leur autonomie limitée. Les ingénieurs continuent donc de travailler pour trouver des sources d’énergies renouvelables afin de résoudre cette limitation.