Test – Les Schtroumpfs Mission Malfeuille : l’aventure écologique

Après son Marsupilami, l’éditeur français Microids nous livre une autre adaptation de bande-dessinée en jeu vidéo avec Les Schtroumpfs Mission Malfeuille.

Si Ubisoft nous avait livré un sympathique adaptation des Schtroumpfs en jeu sur la précédente génération de consoles, il faut bien l’avouer, les adaptations de bande-dessinées en jeux sont rares et rarement de qualité. Microids est toutefois parvenu à brillamment porter Marsupilami en jeu et entend bien multiplier les adaptations de ce type au cours des prochaines années. En attendant Tintin, les joueurs peuvent découvrir dès cette fin d’année une nouvelle adaptation des Schtroumpfs avec Les Schtroumpfs Mission Malfeuille.

Le scénario n’est guère passionnant.

Avant d’aller plus loin il convient de préciser que ce titre est destiné avant tout à un public très jeune. Le ton est en phase avec sa cible. La thématique aussi, puisque Mission Malfeuille lorgne copieusement du côté du militantisme écologiste. Une bonne idée sur le papier, qui se concrétise toutefois maladroitement dans la pratique, comme on le verra.

Notre plus grosse déception concernant le jeu est liée à son scénario, habilement mis en scène certes à travers cinématiques et dialogues, mais pas forcément passionnant. Les nombreuses bande-dessinées proposaient pourtant une énorme source d’inspiration pour les développeurs. Il faudra ici se contenter d’une quête relativement anecdotique… Le joueur prend la destinée de plusieurs Schtroumpfs à tour de rôle, armés d’un curieux accessoire, le Vaporisaschtroumpf, une invention du Schtroumpf bricoleur qui permet de nettoyer la nature des détritus d’une plante maléfique, la Malfeuille, qui est bien entendu l’invention du sorcier Gargamel, qui projeter de s’emparer de tous les Schtroumpfs.

Il va falloir nettoyer le moindre recoin de la pollution de la Malfeuille.

Le jeu prend la place d’un jeu d’aventure en 3D. Mission Malfeuille mélange plusieurs genres : plates-formes, action et exploration principalement. Les séquences de plates-formes sont sans l’ombre d’un doute les plus réussies, malgré quelques soucis de caméra et une difficulté un poil corsée pour les plus jeunes. Les séquences de combat sont en revanche terriblement ratées pour plusieurs raisons : le bestiaire peu varié et surtout peu inspiré mais aussi et surtout la relative mollesse des commandes dans les combats. L’exploration, qui représente sans l’ombre d’un doute le plus gros segment du jeu, fait mouche, à moitié. Car si d’un côté il est très agréable d’explorer l’univers du jeu et de collecter les collectibles, la partie “nettoyage”, qui pousse le joueur à nettoyer le moindre recoin de chaque niveau avec son aspirateur, devient vite très lourde. D’autant plus que vous serez encouragé à l’utiliser sans cesse… La répétitivité de l’action et le manque d’imagination des développeurs fait qu’on tourne vite en rond et qu’on se décide assez rapidement à laisser cette quête très inutile de côté pour se concentrer sur l’essentiel. C’est d’autant plus dommage que le joueur peut faire évoluer son personnage, comme dans un RPG, et améliorer certaines de ses caractéristiques…

Les collectibles sont nombreux.

S’il agace dans la partie nettoyage, le Vaporisaschtroumpf apporte une belle diversité côté gameplay. Au fil de l’aventure, le joueur gagnera en effet de nouvelles compétences. Il pourra par exemple l’utiliser pour plonger ou planer. Le gameplay du jeu évolue donc tout au cours de l’aventure. Ceci étant dit, comme nous l’avons dit plus haut, le fait que le titre s’attarde autant sur la partie exploration et si peu sur la partie plates-formes casse complètement le rythme. La surabondance de collectibles et d’éléments à nettoyer fait qu’on passe le plus clair de son temps à explorer de fond en comble chaque micro-aire de jeu pour ne rien oublier avant de passer à la suivante, ce qui instaure des habitudes de jeu qui ne sont pas du tout naturelles…

Le mode coop, très anecdotique, n’apporte en revanche pas grand chose à l’aventure. Un deuxième joueur pourra en effet s’inviter en incarnant un petit robot nommé S.A.M. qui peut s’accrocher ou se décrocher du Vaporisaschtroumpf et peut soigner les plantes environnantes, voler et même lancer des graines explosives sur les ennemis. C’est sympa 20 minutes, mais on en fait vite le tour et on se rend compte que le titre n’a pas été véritablement conçu comme un jeu coop.

S’il séduit par son univers, fidèle à celui de la BD, ses graphismes colorés, ses personnages attachants et sa jolie bande son, Les Schtroumpfs Mission Malfeuille peine en revanche à convaincre dans ses mécanismes de jeu, très répétitifs, sa structure old school et son rythmé haché. Le titre se destine clairement à une audience très jeune. Les plus petits pourraient bien accrocher à la formule, à condition de les aider dans la progression, qui n’est pas toujours évidente. Comme nous l’avons dit plus haut, certaines séquences de plates-formes restent “compliquées” et les affrontements pourraient également être difficiles à gérer pour les plus petits, chaque ennemi nécessitant une approche différente pour être vaincu…

Conclusion

Réussi techniquement et fidèle à l’œuvre de Peyo, Les Schtroumpfs Mission Malfeuille est toutefois un jeu d’aventure qui manque cruellement de personnalité et souffre de mécanismes de jeu mal pensés. La répétitivité des séquences de jeu, la surutilisation du Vaporisaschtroumpf, un gadget tous-usages, et son rythme très haché en font un titre dont on se lasse très vite. Mission Malfeuille n’est également pas toujours très évident à prendre en main pour les plus petits. Etonnant, dans la mesure où le titre se destine à une audience très jeune. Malgré quelques bonnes idées, cette adaptation des Schtroumpfs en jeu peine donc à convaincre. Assurément, le titre n’est pas déplaisant à parcourir, mais il manque de personnalité et ne marque pas vraiment l’esprit. 

Les Schtroumpfs Mission Malfeuille

Gameplay 4.5/10
Contenu 5.0/10
Graphismes 7.0/10
Bande son 7.0/10
Finition 6.5/10
6.0

On aime :

Plein de charme, esthétiquement

Une bande son séduisante

Quelques passages très réussis

La plate-forme

On aime moins :

Le vaporisaschtroumpf, une semi-bonne idée

Un scénario fade

Une caméra parfois en peine

Les combats