Test – Aragami 2 : n’est pas ninja qui veut

5 ans après un premier épisode séduisant, la franchise Aragami fait son grand retour sur consoles et PC. Lince Works a-t-il réussi à proposer un second épisode aussi réussi que le premier ?

Aragami, c’est le titre tout droit sorti de l’esprit d’étudiants espagnols en 2014. Path of Shadows, c’était son nom à l’origine, était un hommage aux célèbres assassins japonais ancestraux. Le titre a finalement été commercialisé sous le nom d’Aragami, et s’est même vendu à 600.000 exemplaires. De quoi donner des envies de suite aux développeurs de Lince Works. C’est ainsi qu’est né Aragami 2.

Dans Aragami 2, vous incarnez toujours le ninja éponyme dans la vallée de Rashomon, univers fictif très largement inspiré du folklore japonais. Aragami est assassiné par les officiers de l’armée d’Akatsuchi venue envahir votre monde. Vous vous réveillez ensuite dans un petit village du nom de Kakurega où vous apprenez, de la bouche du chef du clan, que vous et les autres habitants du village ont été touchés par une malédiction qui les rend immortels, mais qui les prive de toutes émotions. Ils doivent alors porter un masque exprimant leurs ressentis. Votre objectif est donc de briser cette malédiction en remplissant diverses missions. Une intrigue qui n’est guère très originale et qui reste très (trop ?) proche de celle du premier opus. On aurait ainsi aimé davantage d’originalité sur ce point, d’autant que l’univers est suffisamment porteur pour offrir au titre une histoire digne de ce nom.

Le scénario n’est pas très original et ne nous aura que très peu emballés.

Le port du masque par les habitants est un raccourci très bien imaginé par les développeurs pour ne pas avoir à s’attarder sur un élément ô combien difficile à maîtriser dans le jeu vidéo : l’animation faciale. Tous les personnages portent un masque. Enfin presque, puisque certains sont exempts de cette malédiction et ne portent pas de masque. Malheureusement, lorsqu’ils parlent, leur visage est dépourvu de la moindre animation faciale. Les animations générales des personnages sont elles aussi légèrement datées et très simples.

Si les animations ne sont pas très élaborées, c’est également le cas des environnements. Les différents univers ne sont pas toujours très différents les uns des autres tandis que leur réalisation laisse à désirer. En effet, on regrettera que techniquement, Aragami 2 ne soit pas à la hauteur de ce que nous sommes en droit d’attendre, surtout après l’arrivée des consoles next-gen. Le titre ne sort ni sur PS5 ni sur Xbox Series et il donne même l’impression d’avoir été conçu pour la PS3 et la Xbox 360. C’est relativement daté et clairement pas du niveau des titres actuels. Ajoutez à cela le clipping omniprésent au fur et à mesure que nous progressons dans les niveaux et des textures très mal fichues, et ça nous fait des environnements franchement pas plaisants à découvrir…

Les phases d’infiltration sont la pierre angulaire du titre et sont tout particulièrement réussies.

Comment parler d’Aragami 2 sans évoquer ses innombrables phases d’infiltration ? Sans surprise, vous allez à de nombreuses reprises devoir vous faufiler dans les niveaux sans vous faire repérer, comme les célèbres ninjas. Sur ce point, les développeurs de Lince Works ont habilement conçu ces phases, puisqu’elles sont tout simplement très réussies. Plusieurs approches sont notamment proposées, et ce, grâce au pouvoir de téléportation d’Aragami. Celui-ci vous permet par exemple d’atteindre des lieux qui seraient en temps normal inaccessibles. Lorsqu’il le faut, vous pouvez également prendre par surprise les ennemis et les tuer dans la discrétion la plus totale, pour ensuite cacher leur corps.

Si vous vous faites repérer, ce sera alors la catastrophe. En effet, outre la tonne d’ennemis qui vous feront face, vous devrez vous battre au corps à corps. Autant le dire de suite, les affrontements en face à face d’Aragami 2 sont terriblement décevants. Les personnages sont lourds dans leurs déplacements et attaques, et nombreuses sont les imprécisions lorsqu’il faut parer un coup ou esquiver l’attaque de votre opposant. On regrettera également que les combats soient très mous et qu’ils manquent de punch.

Finalement, Aragami 2 ne nous surprendra que très rarement. Les missions ne varient jamais vraiment, puisqu’elles consisteront toujours à rejoindre un lieu en assassinant les ennemis qui vous feront face. Certes, le prix auquel le jeu est proposé n’est pas vraiment élevé (35€) par rapport aux 17 heures de durée de vie. 17 heures lors desquelles on s’ennuie très vite. Heureusement, le titre est jouable entièrement en multi/coop, ce qui permet de varier les plaisirs et d’offrir une certaine rejouabilité. D’ailleurs, on ne pourra que vous conseiller de directement jouer au titre avec un ami. La communication n’en sera que meilleure et le gameplay moins lassant.

Visuellement, Aragami 2 est très daté et donne l’impression d’être sorti en 2010 sur PS3.

On ne pourra en revanche que s’incliner devant la très réussie direction artistique d’Aragami 2. Certes, le cell-shading du premier épisode est moins marqué, mais ce n’est en soi pas très grave. L’ambiance du Japon féodal est très réussie et l’on est très vite emporté dans le pays du Soleil Levant (même si le titre ne s’y déroule pas).

La DA est évidemment aidée par une bande-son de qualité. Les mélodies retranscrivent très bien l’ambiance du Japon féodal et mettent toujours l’accent sur l’aspect infiltration du titre. Le doublage est également réussi, même si rares sont les personnages à parler. En effet, votre personnage ne parle jamais et les différents protagonistes et antagonistes qui parlent le font dans une langue propre au titre. Heureusement, il existe des sous-titres français, même si l’on aurait également apprécié qu’il y ait un doublage français ou, à la limite, anglais.

Conclusion

Marchant sur les traces d’un Tenchu, Aragami 2 est un jeu d’infiltration dans un univers médiéval-fantastique fortement inspiré du Japon féodal. Plus ambitieux que son ainé, il introduit quelques nouveautés majeures, dont un mode coopératif qui permet à plusieurs assassins de coopérer. Le jeu privilégie l’infiltration et la discrétion, quitte à se répéter encore et encore dans ses mécanismes, jusqu’à plus faim. Séduisant sur le papier, Aragami 2 manque toutefois cruellement de diversité, tant dans ses objectifs de missions que ses décors ou son bestiaire. Toutefois, on saluera le fait que le titre soit intégralement jouable en coop/multi. De plus, les phases d’infiltration, qui sont finalement la pierre angulaire du titre, sont très plaisantes. Ce n’est malheureusement pas le cas des affrontements au corps à corps, qui manquent de vivacité et de fun. C’est mou, et nombreuses sont les imprécisions lorsque l’on se bat. La direction artistique est de toute beauté, aidée notamment par une bande-son plutôt réussie, mais pâtit de graphismes datés. Enfin, le scénario n’est pas très élaboré et souffre d’un manque de créativité flagrant. Pas à la hauteur de ses ambitions, le titre n’en reste pas moins amusant à parcourir à plusieurs. 

Aragami 2

Gameplay 6.5/10
Contenu 6.0/10
Graphismes 6.0/10
Bande son 7.0/10
Finition 6.0/10
6.3

On aime :

Les pouvoirs offrent une multitude d'approches possibles

Les phases d'infiltration, très réussies

Une BO efficace

Entièrement jouable en coop

Une direction artistique plaisante

On aime moins :

Des missions incroyablement répétitives

Des visuels pas très élaborés

Les duels manquent de peps

Un scénario inintéressant

Des animations ratées