Test – WRC 10 : un grand cru

Après un neuvième volet décevant, surtout au niveau de sa finition, la série des WRC fait son grand retour avec un épisode anniversaire qui surprend par l’abondance et la qualité de son contenu. Cette fois, c’est sûr, c’est la bonne!

La série des WRC de Nacon a toujours eu du mal à percer malgré des qualités évidentes. Passée des mains de Milestone à celles de KT Racing, la série est parvenue à montrer un réel potentiel ces dernières années. Bourré de bonnes idées, les derniers épisodes n’étaient toutefois pas exempts de défauts. Notamment, au niveau de la finition. L’arrivée des consoles next-gen représentait un joli espoir pour la franchise, d’enfin s’affranchir de ses démons. S’il faudra se montrer patient pour un épisode qui tirera vraiment parti des capacités des consoles next-gen, ce dixième volet est une franche réussite à presque tous les niveaux.

L’Estonie fait partie des nouvelles destinations.

La série de Nacon a connu des hauts et des bas. WRC 8 et WRC 9 avaient pu montrer un réel potentiel en introduisant toute une série de nouveautés majeures pour la franchise avec, en vrac, un nouveau mode carrière, l’introduction de la météo dynamique et un moteur de jeu entièrement repensé. Le dernier volet de la série souffrait toutefois d’un gros manque de finition. L’éditeur français Nacon était bien décidé à marquer le coup pour cette édition anniversaire. Le studio KT Racing a donc mis les bouchées doubles. Reste que, le doute planait sur les qualités de ce dixième volet, avec la pandémie qui a lourdement affecté le développement de nombreux titres.

On ne va pas vous le cacher, WRC 10 recycle de nombreux éléments des deux précédents volets : plus de la moitié des tracés qui nous sont proposés sont identiques à celles des cuvées 2019/2020. L’interface et le mode carrière n’ont pratiquement pas évolué. KT Racing a toutefois réalisé un très gros travail au niveau de la finition pour cet épisode, qui tire un trait sur les bugs graphiques, le clipping et les quelques ralentissements du précédent volet. Les éléments des décors s’affichent tous bien à l’avance. Plus de “pop-up” de certains éléments au dernier moment, ni de clipping, comme on pouvait en constater si souvent dans la dernière mouture de la série. Le jeu tourne également en 120 Hz dans des conditions vraiment optimales.

Plus de ralentissements ni de clipping, le jeu est d’une fluidité exemplaire.

Côté graphique, on remarque également une jolie évolution, principalement au niveau de l’éclairage. Dans WRC 9, on avait constamment cette désagréable sensation que les décors étaient continuellement surexposés. Ce n’est plus le cas dans WRC 10. Les contrastes sont beaucoup mieux gérés et le rendu est beaucoup plus agréable à la rétine. Le jeu n’est pas pour autant une claque graphique. Il semble d’ailleurs utiliser le même moteur que WRC 9. Côté technique, ce sont surtout les effets visuels et la météo qui impressionnent. Le moindre rayon de soleil qui traverse le feuillage nous laisse pantois d’admiration. Les modélisations de certains éléments du décor – notamment le public et les véhicules le long des routes – contrastent avec la beauté des paysages qui s’affichent désormais à perte de vue. On s’en doute, WRC 10 est encore un épisode transitif. Il faudra sans doute attendre la prochaine cuvée pour une véritable évolution. Mais les petites retouches apportées à cet épisode ne lui donnent pas moins une belle allure!

Visuellement, le jeu est très propre.

WRC 10 surprend également agréablement au niveau de son contenu. Les précédentes éditions du jeu proposaient déjà un contenu gargantuesque avec des modes course rapide, des modes de jeu en ligne, la création de clubs, un mode carrière, des saisons et bien plus encore. WRC 10 va encore plus loin avec un nouveau mode Anniversaire qui introduit le joueur à une succession de défis au volant de véhicules iconiques de la franchise, sur des spéciales longues qu’ils ne croiseront pas forcément dans le mode carrière. Ledit mode est une franche réussite. Les amoureux du rallye se feront en effet un réel plaisir de prendre le volant de ces véhicules iconiques sur des tracés qui ne le sont pas moins. La difficulté est relevée de plusieurs crans par rapport au mode carrière, avec des bolides beaucoup plus difficiles à maîtriser et qui présentent tous leurs propres particularités.

L’épine dorsale du jeu reste son mode carrière, assez contraignant au demeurant puisqu’il faudra commencer tout en bas de l’échelle même si vous êtes un habitué de la franchise. Ledit mode se révèle toutefois particulièrement savoureux sur la durée avec ses 120 spéciales, ses 52 équipes, ses épreuves variées et son micromanagement. La formule n’a que très peu évolué mais on note toutefois quelques petites nouveautés qui font mouche. Il est ainsi possible de personnaliser davantage encore l’expérience en optant pour des épreuves plus courtes ou plus longues et en paramétrant dans les moindres détails la difficulté et l’impact des dégâts sur la tenue de route du véhicule. A ce titre, WRC 10 parvient à réconcilier puristes et amateurs de jeux d’arcade avec une formule qui s’adapte à tous les publics. Côté micromanagement, il faudra toujours gérer son agenda en choisissant les prochaines épreuves. Pour ce faire, il faudra gérer la fatigue de son équipe, prioritiser parfois les maintenances du véhicule pour assurer son bon fonctionnement, et être stratège également, tant avec le recrutement du staff, qui améliorera votre efficacité dans divers domaines qu’avec  les “perks” à débloquer avec l’XP, qui permettent par exemple d’améliorer l’adhérence du véhicule, de gagner davantage d’expérience ou d’augmenter sa notoriété. On retrouve d’ailleurs beaucoup plus de perks dans ce volet que dans les précédents. Si le micromanagement est plus poussé, tout le monde n’y adhérera pas forcément. Tout cela reste finalement très cosmétique et n’a souvent que peu d’impact sur la carrière du joueur. Reste que la grande diversité des épreuves, la gestion des contrats et le sentiment de progression constant ont le mérite de rendre ce mode de jeu passionnant de bout en bout.

Le micromanagement est toujours au programme.

Toujours au niveau du contenu, on note la présence de plusieurs nouveaux rallyes au programme de cette cuvée 2021, parmi lesquels quelques jolis ajouts. Avec ses décors vallonnés, le rallye de l’Estonie apporte une petite touche de fraîcheur. La Croatie et ses paysages pittoresques séduit également par la complexité de ses tracés. On notera au passage que ceux qui préfèrent se cantonner à une expérience plus réalistes pourront enchainer les spéciales dans le mode Saison, sans s’encombrer du micromanagement.

Tout en corrigeant de nombreux défauts des deux précédents volets, WRC 10 conserve ce qui faisait leur charme. A commencer par les conditions météorologiques dynamiques, qui peuvent fortement influencer le cours d’une course. Un soleil radieux peut céder sa place à une pluie battante au cours d’une spéciale. Le choix des pneus est l’attention portée aux prévisions météorologiques sont donc d’une importance capitale… On notera au passage que dans WRC 10, il faudra désormais non seulement choisir ses pneus soi-même mais aussi gérer leur usure et ne pas oublier de les remplacer au cours d’un tournoi, pour éviter la crevaison…

Le rallye du Kenya reste l’une des destinations les plus séduisantes.

Côté gameplay aussi, WRC 10 fait mouche. Tout d’abord, parce que le joueur a réellement le choix au niveau de l’expérience, entre des courses plus arcade et un gameplay plus exigeant. Chaque élément peut être entièrement paramétré. Si WRC 10 reste avant tout une simulation, il est possible de rendre son gameplay plus accessible pour un débutant. La difficulté semble également mieux dosée que dans les précédents volets.

Exigeant en mode réaliste, WRC 10 séduit surtout par la précision de ses commandes. Au volant d’un véhicule de première classe, chaque mouvement du stick a son importance. Le moindre déplacement, même de quelques millimètres, mène à un changement du comportement du véhicule. De nombreux paramètres externes influencent également la conduite : les conditions météo, le revêtement de la route, votre vitesse, la gomme de votre pneu sont autant d’élément qu’il faudra prendre en compte dans votre calcul. Tout n’est pas encore parfait, notamment au niveau de la physique, qui peut parfois encore surprendre avec un comportement surréaliste, mais la plupart des bugs de WRC 9 ont été corrigés et le comportement du véhicule sur la route paraît beaucoup plus réaliste que par le passé.

Autre atout de ce WRC 10 : le jeu est livré avec un contenu gargantuesque dès sa sortie, mais la feuille de route promet encore plus de nouveautés avec de nouveaux rallyes historiques qui seront ajoutés au programme, de nouveaux véhicules aussi et de nouveaux rallyes. Le programme s’annonce chargé et les nouveautés sont surtout gratuites!

Côté bande son en revanche, peu de choses ont évolué. L’expérience est toujours aussi insipide, avec des bruitages qui manquent de cachet et un manque d’ambiance dans les menus et entre chaque spéciale. On n’aurait clairement pas été contre une bande son un peu plus rock!

Conclusion

Cette fois, c’est la bonne pour WRC. Cette édition anniversaire introduit non seulement un nouveau mode de jeu très séduisant, puisqu’il propose de prendre le contrôle de bolides d’anthologie sur des tracés historiques, avec tout ce que cela implique comme ajustements au niveau du gameplay, mais elle corrige également pratiquement tous les défauts de son prédécesseur. WRC 10 propose un contenu gargantuesque avec un mode Carrière très riche, du multijoueur en ligne et en local, plein de modes de jeu alternatifs, plus de 120 spéciales et 52 équipes, son gameplay s’adapte toujours davantage aux différents publics avec des éléments de vulgarisation pour les débutants et une attention particulière aux détails pour les joueurs confirmés, le jeu, enfin, brille également par sa finition. Là où WRC 9 souffrait d’un nombre incalculable de bugs, de quelques petits ralentissements et de clipping, WRC 10 tourne en 120 Hz, sans ralentissements et dans des conditions optimales. Le jeu n’est pas forcément beaucoup plus joli, mais les contrastes sont mieux gérés et les décors paraissent naturellement plus jolis. Enfin, les nouveaux rallyes proposés dans cette cuvée 2021 apportent la dose de diversité qu’on attendait depuis longtemps. S’il a tendance à recycler un peu trop de contenus, WRC 10 n’en reste pas moins l’épisode que les fans de rallye attendaient depuis si longtemps!

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WRC 10

Gameplay 8.0/10
Contenu 9.0/10
Graphismes 7.5/10
Bande son 7.0/10
Finition 9.0/10
8.1

On aime :

Un contenu gargantuesque

Une optimisation au poil, enfin!

Les nouveaux rallyes, qui sont une franche réussite

La plupart des défauts de WRC 9 ont été corrigés

La feuille de route, alléchante

On aime moins :

L'obligation de passer par les classes inférieures en mode Carrière

Une bande son encore imparfaite

Le micromanagement, qui peine à convaincre

Beaucoup de contenu recyclé tout de même