Lorsque des statistiques donnent une mauvaise image de votre entreprise, il suffit de ne pas les publier. 

Il y a quelques jours, Facebook a publié les statistiques des publications les plus vues durant le deuxième trimestre 2021, entre avril et juin. Le plus populaire était un puzzle visuel qui invitait les utilisateurs à choisir les premiers mots qu’ils voyaient. Le second, un post présentant des personnes de plus de 30 ans et montrant à quoi elles ressemblaient quand elles étaient jeunes. Des publications finalement très inoffensives avec lesquelles Facebook souhaite montrer que ce que ses utilisateurs aiment le plus sur son réseau, ce sont les divertissements positifs.

Cette publication a cependant soulevé des questions sur les raisons pour lesquelles les données du premier trimestre n’avaient pas été publiées. Le New York Times a ainsi révélé que ce rapport avait été délibérément retenu par les cadres supérieurs par crainte de réactions négatives.

Une actualité anti-vaccin en 1ère position

Le journal a ainsi eu accès au rapport du premier trimestre de Facebook. Celui-ci a montré que l’URL la plus populaire sur Facebook, avec plus de 53 millions de personnes ayant vu la publication dans leur fil d’actualité, était un article publié par le Sun-Sentinel, un journal de Floride, et republié par le Chicago Tribune. Le titre suggère que le vaccin du Covid-19 aurait causé la mort d’un médecin de Floride en « bonne santé », décédé deux semaines après avoir été vacciné. Le rapport du médecin légiste a toutefois révélé plus tard qu’il n’y avait pas suffisamment de preuves pour déterminer si le vaccin avait affecté sa mort.

Le rapport trimestriel indique par ailleurs que la 19e page la plus populaire était « Trending World » de l’Epoch Times, un journal sino-américain qui a déjà mis en avant par le passé des théories du complot. Enfin, le rapport montre également que les théories du complot et les groupes pro-Trump figurent sur la liste des publications les plus vues.

Un rapport finalement publié

Après la publication de ce rapport passé sous silence, Facebook s’est résolu à le publier. Le porte-parole de Facebook, Andy Stone a expliqué que l’entreprise ne l’avait pas publié plus tôt parce qu’« il y avait des corrections essentielles à apporter au système ». Une réponse qui n’a fait que renforcer les plaintes envers Facebook. Andy Stone a ajouté que si le rapport ne brillait pas, l’entreprise essayait de progresser. Reste à voir maintenant si l’entreprise progressera également sur la transparence de ses communications.