Le studio Canadien Klei Entertainment propose enfin la sortie définitive de son nouveau titre. Griftlands est un rogue-lite alliant intelligemment de nombreux éléments de RPG narratifs avec un système de jeu de cartes.

Après des succès comme Mark of the Ninja ou encore Don’t Starve, Klei Entertainment est de retour avec la sortie officielle de son nouveau jeu, à savoir Griftlands. Le titre était proposé en early access depuis 2019, dans un premier temps sur l’Epic Game Store pour ensuite arriver sur Steam également. Et après deux ans de développement supplémentaires, il est désormais disponible dans son entièreté sur consoles et PC.

Griftlands est un jeu de rôle, un savant mélange d’aventure narrative et de jeu de cartes qui fonctionne comme un rogue-lite. Si l’on reprend tout à zéro à chaque mort, nous gagnons tout de même quelques bonus qui pourront être équipés en commençant une nouvelle partie. Nous pouvons suivre les aventures de trois personnages jouables à travers différents scénarios. Le point de départ du jeu raconte la quête de vengeance de Sal, ancienne esclave et aujourd’hui mercenaire. Le titre se déroule dans un univers de science-fiction particulièrement bien illustré, où vivent des humains ainsi que des aliens anthropomorphes. Les personnages et les décors sont représentés avec des dessins tout à fait réussis, très détaillés et bien animés, donnant beaucoup de vie à cet univers. Celui-ci est également très bien représenté par sa bande-son et par le travail effectué sur l’ambiance sonore des différents lieux que l’on est amené à visiter. Les personnages sont également doublés dans une langue fictive.

L’aspect narratif représente une part importante de Griftlands.

Si la structure d’un scénario reste la même durant chaque run, la majorité des événements qui vont se dérouler sont aléatoires et dépendent à la fois de la chance mais également de nos choix. Le côté “jeu de rôle” de Griftlands prend une très grande place dans l’expérience puisqu’on y passe beaucoup de temps à dialoguer avec les personnages et à prendre des décisions qui vont impacter la tournure des futurs évènements. Le jeu place une grande importance dans les relations que l’on tisse durant notre partie. Être loyal, intervenir pour sauver un personnage, tuer ou trahir, tout cela va impacter positivement ou négativement la réputation de nos héros et avoir des répercussions sur les proches des personnages impliqués. Nous sommes alors confrontés à de nombreuses situations différentes qui rendent l’univers du jeu très dynamique et crédible.

Dans Griftlands, il est possible de prendre part à deux types d’affrontements stratégiques, les combats et les négociations. Tous deux fonctionnent via un système de jeu de cartes indépendant l’un de l’autre. Nous possédons donc deux decks avec des cartes très différentes. Les combats demandent de survivre en réduisant la vie des ennemis jusqu’à un certain point, nous permettant alors de choisir de les tuer ou de les épargner. Différents types de cartes offensives, défensives et autres effets sont disponibles ici, offrant de nombreuses nuances et styles de jeu. Quant aux négociations, ce sont des joutes oratoires effectuées dans le but de convaincre un personnage et reposant sur les mêmes bases de gameplay que les combats. Il faudra ici utiliser des cartes de persuasion, de manipulation ou encore de menaces pour réduire la détermination de l’adversaire à zéro. Subir une défaite lors d’une négociation ne sera pas létal mais peut avoir des conséquences importantes.

L’idée est intéressante mais les négociations sont parfois trop complexes.

Si les combats sont faciles à prendre en main, il est un peu plus compliqué de saisir toutes les règles et effets des négociations. Ces affrontements ont parfois une interface assez chargée et un grand nombre de choses à prendre en compte. Le titre aide cependant beaucoup, malgré ses nombreuses règles et termes spécifiques, des explications sur les nuances du jeu sont disponibles en passant simplement le curseur sur un élément concerné. Pour survivre aux combats, le deckbuilding va être essentiel. Il est possible d’acheter des cartes ou d’en gagner mais généralement pas d’en mettre de côté ou de s’en débarrasser. Choisir les cartes qui composent notre deck va alors s’avérer important, le mieux est évidemment de créer une synergie avec notre jeu.

Le titre sait se montrer exigeant, avec une difficulté graduelle maîtrisée au fil d’un scénario. Il existe cependant plusieurs modes de difficulté pour permettre à tout un chacun de s’acclimater avec les mécaniques de jeu, ainsi qu’un mode “histoire” qui met de côté l’aspect jeu de cartes. Contrairement à la majorité des jeux qui empruntent des mécaniques de rogue, faire une run dans Griftlands va durer un certain temps. Terminer un scénario prend environ cinq heures et il n’est pas rare de se lancer dans une partie qui dure un petit moment.

Gérer notre deck est important si on veut s’en sortir en combat.

Griftlands n’en est pas moins addictif, chaque scénario se déroule sur des cartes différentes et le nombre de personnages, quêtes et évènements potentiels pour chacun d’entre eux est conséquent et donne de fortes raisons d’y revenir encore et encore. Son écriture efficace et son univers riche donnent envie de faire des choix différents par simple curiosité, il est possible de s’allier avec différents groupes comme son gouvernement autoritaire, sa résistance, un culte religieux, une organisation criminelle… Avec autant de choix et d’événements différents, il est dommage de voir que la mise en scène du titre reste assez sommaire. Griftlands est partiellement traduit en français, une traduction complète devrait arriver dans le futur.

Conclusion

Après deux ans d’attente, Griftlands est enfin sorti de son accès anticipé. Le nouveau titre de Klei Entertainment est un mélange novateur de jeu de cartes, de RPG narratif et de rogue-lite. On y suit plusieurs scénarios dans un univers de science-fiction impitoyable où évoluent un gouvernement tyrannique, des cultes et autres organisations criminelles. Le titre est un jeu où la narration et les choix auront une grande importance. Celui-ci mélange de l’aléatoire avec des embranchements multiples pour que nos nombreuses parties soient différentes. Il est possible d’approcher les situations de différentes manières, ce qui aura un impact sur l’appréciation des personnages à l’égard du héros, et également de ses proches. L’aspect narratif de Griftlands, les conséquences qu’il a sur le gameplay et son écriture donne l’impression que cet univers est vivant. Au cours de l’aventure, il faut prendre part à des affrontements fonctionnant grâce à un jeu de cartes. Les combats ainsi que les négociations sont deux types d’affrontements possédant chacun leurs propres subtilités. Il est cependant impossible de gérer nos decks comme bon nous semble, il faut donc faire attention aux cartes qu’on ajoute à notre jeu. Chaque fin de partie donne de l’expérience qui débloque des bonus à équiper pour la prochaine run. D’autres modes de jeux, personnages et difficultés sont également disponibles, permettant de faire varier une expérience déjà complète. La direction artistique est aussi une réussite, malgré une mise en scène un peu trop sommaire.

Griftlands

8.1

Gameplay

8.5/10

Contenu

8.5/10

Graphismes

8.0/10

Bande son

7.5/10

Finition

8.0/10

Les + :

  • Un mélange rogue-lite RPG qui fonctionne
  • Beaucoup de contenu et de bonnes raisons d’y retourner
  • Un univers vivant et dynamique
  • Deux types d'affrontements stratégiques et funs
  • Très bonne direction artistique

Les - :

  • Une interface parfois trop chargée
  • La mise en scène un peu simpliste
  • Une traduction française partielle pour l’instant