Donjons & Dragons fait son grand retour sur la scène ludique avec un action-RPG coopératif qui mise sur l’immersion. 

Adapté à de nombreuses reprises en jeu vidéo, l’univers de Donjons & Dragons a eu droit à des portages brillants, avec notamment les excellents Baldur’s Gate, mais également les deux jeux de Snowblind Studios sortis sur PS2. Si ce nouvel épisode, qui nous est concocté par le petit studio indépendant Tuque Games, partage avec ses illustres prédécesseurs le nom “Dark Alliance”, il n’a pas grand chose à voir avec le titre sorti en 2001, ni sa suite sortie en 2004. Les deux jeux de Snowblind Studios étaient des Diablo-likes purs, adaptés aux contrôles à la manette. Le titre de Tuque Games conserve l’approche coopérative tout en adoptant une caméra à la troisième personne, placée juste derrière le personnage que l’on contrôle. Une approche qui permet d’apporter un peu de diversité au gameplay, qui ne se réduit pas ici à du matraquage de bouton.

Le jeu nous donne la possibilité d’incarner un des quatre personnages de la série de romans de R.A. Salvatore. On retrouve ainsi le nain Bruenor, le drow Drizzt, sa fille adoptive Cattie-Brie et Wulfgar, quatre aventuriers qui devront sauver les Royaumes Oubliés des viles créatures venues l’envahir. Le scénario est joliment mis en scène par de très belles cinématiques, mais le background est léger et le joueur est propulsé dans l’univers de Donjons & Dragons sans beaucoup d’explications sur le contexte.

Un des seuls points positifs du titre reste incontestablement son univers.

Dark Alliance prend donc la forme d’un action-RPG coopératif, auquel on jouera de préférence avec ses amis. Pad en main, l’expérience variera toutefois énormément selon le personnage que vous avez sélectionné. Deux des quatre personnages (Cattie-Brie et Drizzt) sont plutôt réussis avec un gameplay bien marqué. La première est une archère qui jouera le rôle de support pour le reste de l’équipe, puisqu’elle est capable de les soigner. Le second est plutôt agréable à jouer aussi avec ses attaques rapides au corps à corps et sa magie noire. Bruenor et Wulfgar sont nettement moins funs à jouer. Tous les deux sont des combattants lourds qui privilégient l’attaque frontale – lents dans leurs déplacements et relativement imprécis.

Côté gameplay, Dark Alliance mélange les genres en mixant combats au corps à corps et à distance, exploration des niveaux, plates-formes et combats de boss. Le jeu de Tuque Games prend parfois l’allure d’un jeu d’action-aventure à la Tomb Raider, pour ensuite se transformer en hack & slash bête et méchant. Aucune des deux approches ne lui réussit toutefois complètement.

Au niveau des combats, on remarque très tôt quelques petits temps de latence entre la frappe sur la touche et le coup porté. Les ennemis que l’on affronte dans le jeu sont également d’une stupidité aberrante. L’IA ne réagit pas quand on la canarde de flèches à distance, et bat parfois en retraite uniquement parce qu’elle s’est trop écartée de son point de spawn. De façon générale, les combats ont également tendance à vite devenir très brouillons. La lenteur des héros sur le champ de bataille et le manque de précision des commandes fait qu’on ne prend pas vraiment son pied à massacrer du gobelin.

La formule a également tendance à être très répétitive. On alterne quelques combats pour explorer ensuite une zone plus ouverte à la recherche de quelques coffres et trésors, avant de résoudre une petite énigme et enchainer de nouveau des combats… Les séquences de plates-formes, très rigides, et d’exploration, n’ont rien de très excitant en soi. Elles ont toutefois le mérite d’entrecouper les combats. De façon générale, le jeu manque de structure. Les niveaux ont tendance à devenir très labyrinthiques – au point qu’on se contentera vite de suivre les flèches nous indiquant la direction à suivre pour accomplir l’objectif principal.

Le titre présente quelques jolis panoramas.

Même constat pour ce qui est du système de sauvegarde. En progressant dans le niveau, vous pourrez lever un camp, qui fera office de point de respawn si vous mourrez au cours de la partie. Vous pouvez choisir de l’ignorer pour gagner plus de butin… Auquel cas, en cas de décès, vous respawnerez au tout début du niveau. Le concept est séduisant puisqu’il introduit une notion de risque & reward, mais le joueur devra presser longuement sur un bouton pour valider son choix, qui sera suivi par un bref temps de chargement…

Dark Alliance revendique son statut d’action-RPG avec un système d’expérience qui permet d’améliorer les caractéristiques de son personnage, de débloquer de nouveaux coups, d’améliorer son équipement avec le butin de la partie et de looter des tas d’éléments qui permettront d’améliorer son personnage. Le concept est séduisant, mais pas forcément facile à appréhender la première heure de jeu. Car dans Dark Alliance, la difficulté dépendra de votre niveau et équipement. Le joueur pourra choisir d’augmenter le butin en choisissant un niveau de difficulté plus élevé, mais la tâche pourrait bien être très ardue s’il n’a pas le niveau minimum recommandé.

Côté contenu, comptez entre 15 et 20 heures pour finir le jeu dans sa totalité, sans trop vous presser. Le jeu est composé de différentes missions elles-mêmes séparées en actes. C’est relativement raisonnable, d’autant que le titre est vendu au tarif de 39,99€ – et intégré au Gamepass. La rejouabilité est également assez bonne, pour peu que vous y jouiez avec des amis et ne soyez pas trop regardant sur la finition…

Certains ennemis sont gigantesques.

Car si, visuellement, le jeu se défend plutôt bien avec sa jolie direction artistique et ses décors qui flattent la rétine, la finition, elle, est désastreuse. Les bugs graphiques sont nombreux, avec des cadavres d’ennemis qui restent en lévitation au-dessus du sol, l’IA d’une stupidité rare, même pour un hack & slash, le pathfinding chaotique, avec des combattants qui restent bloqué dans les décors. Il n’est pas rare aussi d’assister à de gros ralentissements qui viennent lourdement entacher la prise en main. Clairement, le jeu aura besoin de quelques patchs pour se remettre de ce lancement pour le moins chaotique.

Côté bande son, le résultat n’est guère plus concluant : les doublages en français sont médiocres, nous rappelant les vieilles séries B nanardesques. Les quelques mélodies sont un peu plus réussies mais ont tendance à tourner en rond assez rapidement…

Conclusion

Nouvelle adaptation de l’univers de Donjons & Dragons, Dark Alliance est une grosse déception. Confié à un tout petit studio, le projet était sans doute trop ambitieux. Quelque part à mi-chemin entre un action-RPG, un jeu d’aventure et un hack & slash, le titre de Tuque Games peine à convaincre, la faute à un gameplay très imprécis et une finition désastreuse. La formule était pourtant très séduisante sur le papier. Car Dark Alliance, c’est avant tout un jeu coop, qui se joue de préférence à quatre, et mélange combats de masse et exploration. Entre deux affrontements avec des hordes de gobelins, les joueurs partent à la découverte de trésors cachés. Un petit côté Tomb Raider qui aurait pu être très séduisant, si le titre n’avait pas été aussi répétitif dans sa structure. Dark Alliance nous donne souvent l’impression de jouer à un jeu sorti il y a 15 ans, avec ses mécanismes de jeu d’un autre temps, ses temps de chargement longuets et son IA catastrophique. Pour autant, les bases d’un solide action-RPG coopératif sont là. Il y a même de s’y amuser entre amis. Mieux vaut toutefois attendre le déploiement de quelques patchs pour s’y plonger, le temps que les développeurs corrigent quelques-uns de ses petits défauts… 

Dungeons & Dragons : Dark Alliance

5.4

Gameplay

5.5/10

Contenu

6.0/10

Graphismes

7.0/10

Bande son

5.5/10

Finition

3.0/10

Les + :

  • Quelques jolis panoramas
  • Des mélodies très plaisantes
  • L'univers D&D qui a son charme
  • Des cinématiques réussies

Les - :

  • Une IA catastrophique et des bugs à la pelle
  • La narration au second plan
  • Des mécaniques de jeu souvent mal pensées
  • Des doublages ratés
  • Des combats qui manquent de punch