We Are Football veut faire de l’ombre à Football Manager en proposant au joueur de contrôler tous les aspects de son club. Malheureusement, le reste ne suit pas …

Présente dans l’industrie vidéoludique depuis presque 30 ans, d’abord sous le nom de Championship Manager, la franchise Football Manager est aujourd’hui parvenue à s’imposer comme une référence en matière de simulation footballistique sur PC et est d’ailleurs un des best-sellers de SEGA et de Sports Interactive. Proposant un aspect gestion et simulation extrêmement poussés, il est tout à fait normal que FM se soit établi comme une référence en la matière, et que peu de concurrents aient réussi à lui voler la vedette.

Cela semble cependant appartenir au passé, avec la sortie récente de We Are Football. Imaginé par un ancien de Sports Interactive, Gerald Köhler, le titre souhaite proposer une expérience facile à comprendre mais exigeante, tout en restant très différente de son illustre modèle. Malheureusement, n’est pas Football Manager qui veut, et la comparaison entre les deux franchises semblent inévitable, au grand dam de We Are Football.

Là où Football Manager se focalise principalement sur l’aspect tactique des choses et la préparation de matchs, We Are Football apporte un côté gestion bien plus poussé non négligeable. Vous allez ici avoir l’occasion de gérer absolument tous les pans de votre club : de ses sponsors aux fan-clubs en passant par les infrastructures, tout est susceptible d’être contrôlé.

L’un des points forts du titre est qu’il propose énormément d’options de gestion du club, comme ses sponsors.

Ce n’est d’ailleurs pas une tare en soi, puisque c’est souvent ce que l’on reproche à Football Manager. Celui-ci nous envoie dans un pur rôle d’entraîneur, en vous laissant l’occasion de vous concentrer à 100% sur l’équipe et les matchs, afin de laisser les à-côtés au staff et à l’équipe dirigeante. Vous n’avez alors pas votre mot à dire sur l’aspect extra sportif du club, ce que de nombreux joueurs ont souvent réclamé. En ce qui concerne We Are Football, le joueur adopte plutôt le poste de manager, très répandu au Royaume-Uni, où celui-ci dispose de responsabilités étendues en matière de gestion du club. Ce sont alors deux approches bien différentes, mais qui ont évidemment pour point commun la gestion de l’équipe.

Pour revenir sur We Are Football, vous passerez énormément de temps à gérer le club, en plus de votre équipe. Certains apprécieront, tandis que d’autres regretteront l’approche adoptée par les équipes de Winning Streak Games. En effet, l’aspect sportif des choses passe malheureusement au second plan, et l’on se surprend à passer des heures interminables au sein des très (trop ?) nombreux menus de We Are Football. Néanmoins, pour ceux que cela ravira, le titre est quasiment irréprochable. Vous aurez par exemple l’occasion de signer avec des entreprises différents partenariats venant enrichir les caisses du club, mais également de converser avec des membres du CA ou encore d’organiser des journées de supporter, afin d’agrandir le soutien du club auprès de la population.

Afin de gérer votre club, vous aurez l’occasion de parcourir une pléthore de menus plus variés les uns que les autres. Si l’on se retrouve face à une structure de l’interface plutôt sommaire et peu plaisante pour l’œil, on regrettera également qu’elle soit plus fourre-tout qu’autre chose, les développeurs ayant probablement voulu intégrer le plus d’éléments possible dans des menus qui ne sont pas toujours adaptés. Heureusement, un tutoriel relativement complet et très instructif nous permet de nous “habituer” à l’interface, mais il sera malgré tout très compliqué de s’y retrouver, du moins lors des premières heures de jeu.

L’interface en match n’est absolument pas instinctive et ne propose aucun aperçu 3D du terrain et des joueurs.

En match, le résultat est tout bonnement catastrophique. On a ici affaire à une interface très simpliste, toujours aussi fourre-tout et qui ne donne pas accès rapidement aux menus dont on a besoin. Il n’existe d’ailleurs pas de moteur 3D pour les matchs et l’on doit se contenter de quelques ralentis en 2D très basiques pour ce qui est des faits du match. Les seuls plans 3D que l’on retrouve sont lorsque l’on profite de la visite 3D du stade, des infrastructures du club ou de son musée. Malgré tout, on reste sur de la modélisation 3D extrêmement basique et peu glorieuse.

Contrairement à Football Manager qui propose un gameplay au jour par jour, voire à l’heure par heure, We Are Football préfère adopter une approche moins libre, avec un système de planning sur la semaine. Chaque lundi (dans le jeu), vous aurez la possibilité d’organiser votre planning pour la semaine avec de nombreuses actions comme aller faire du sport ou négocier avec des sponsors. C’est également à ce moment que vous aurez accès aux différents menus du club. Une fois que vous aurez validé tout ça, vous n’avez presque plus de contrôle sur le titre. La majorité des actions sélectionnées se dérouleront sans que vous ne puissiez agir dessus, tandis que le temps s’arrêtera un bref instant pour vous permettre de négocier les différents contrats. Si l’idée est très bonne et qu’elle aurait pu apporter un gameplay radicalement différent à celui de FM, le tout reste malheureusement mal conçu. On aurait par exemple avoir eu l’occasion de mettre le temps sur pause et de revenir aux différents menus du club une fois la semaine entamée, mais il n’en est rien. Il faut alors attendre le lundi qui suit pour espérer procéder à d’autres changements.

We Are Football propose également un aspect plus arcade que Football Manager, dans la mesure où il propose de “booster” les compétences de l’équipe et des joueurs. Avec ses boosts, vous aurez l’occasion d’améliorer vos joueurs avant un match, et d’ainsi mettre toutes les chances de vos côtés. Ici aussi, ce choix divisera plus que certainement, puisqu’en plus de briser l’aspect réaliste que l’on attend d’une simulation, on se retrouve plus que régulièrement avec des matchs aux résultats tronqués. Il n’est ainsi pas rare que le score soit fleuve, atteignant une moyenne de 5 buts par équipe en un match, et qu’on finisse sur un 5-4 ou autre.

We Are Football fonctionne sur un principe de semaines : vous organisez votre emploi du temps chaque lundi et devez ensuite laisser le temps s’écouler sans ne pouvoir plus rien modifier.

Côté contenu, on reste malheureusement sur notre faim. Le titre est vendu relativement cher pour un jeu PC indépendant (39,99€), et on y retrouve pas la moindre licence. A la manière d’un Pro Evolution Soccer à son heure de gloire sur Playstation 2, We Are Football se voit dans l’obligation de proposer des noms alternatifs pour les clubs. Si l’on parvient sans mal à reconnaître certains clubs comme Madrid (Real Madrid) ou Anderlecht, d’autres posent plus de problèmes, à l’instar du club Latium en Italie ou des Erna Berlin et Gemeinsam Berlin en Allemagne.

N’espérez pas non plus vous repérer grâce aux logos. Certains sont plutôt reconnaissables, mais la plupart restent incompréhensibles par rapport au blason officiel du club, comme dans le cas de Newcastle, représenté par un hélicoptère sur fond rouge et bleu … Les joueurs ne sont évidemment pas de la partie. A la place, on retrouve des noms qui sont ici aussi génériques, et qui ne représentent nullement les effectifs de club actuels. Ainsi, vous allez pouvoir contrôler le club de Madrid, mais n’espérez pas jouer avec une doublure non officielle de Benzema, Ramos et consorts. Heureusement, le titre embarque un éditeur relativement complet permettant à qui le souhaite de modifier équipes, clubs mais également blasons et joueurs. Reste à voir si la communauté suivra et aura le courage de remplir une base de données conséquente.

En revanche, We Are Football a l’avantage de proposer quelques atouts que n’a pas Football Manager. En effet, on a l’honneur de pouvoir contrôler des équipes féminines (toujours génériques) et d’ainsi diversifier le gameplay par rapport au foot masculin. De plus, nous avons ici l’occasion de paramétrer la date de départ comme bon nous semble, ce qui pourrait apporter un plus non-négligeable sur le long terme, ce que ne propose pas Football Manager, nous obligeant chaque année à repasser par la caisse.

Conclusion

En essayant de faire de l’ombre à Football Manager, We Are Football aura fini par se brûler les ailes. La nouvelle franchise de simulation d’entraîneur de football avait pourtant tout pour réussir son pari, mais le résultat final reste très loin de ce qui nous était vendu. Une des premières et principales causes de l’échec de cette simulation de coaching est indubitablement l’absence d’une quelconque licence dans le titre. Les joueurs sont générés aléatoirement et ne sont même pas des sosies des joueurs officiels. Les matchs, éléments centraux du titre, sont tout simplement ratés, la faute à des contrôles et systèmes tactiques mal pensés ainsi qu’à une interface trop confuse. Celle-ci est d’ailleurs problématique dans l’ensemble du titre, puisqu’elle donne l’impression que les développeurs ont voulu y mettre un maximum de fonctionnalités au détriment de l’expérience. En effet, We Are Football propose un grand nombre de fonctionnalités venant approfondir la gestion du club, bien plus que sur FM, mais le tout reste reste trop mal conçu et en fait oublier le côté sportif du titre. On retiendra d’ailleurs que les développeurs proposent un didacticiel relativement bien conçu venant permettre à l’utilisateur de s’adapter au mieux à l’interface ratée du titre. En l’état, We Are Football aura beaucoup de difficulté à éviter la comparaison avec son illustre modèle et ne peut absolument pas espérer lui ravir la place de numéro un.

We Are Football

5.5

Gameplay

6.0/10

Contenu

5.5/10

Graphismes

4.5/10

Bande son

5.5/10

Finition

6.0/10

Les + :

  • Une gestion totale du club
  • Un tutoriel extrêmement complet pour s'habituer à la complexité de l'interface
  • De nombreuses bonnes idées

Les - :

  • L'absence de licences officielles
  • Une interface un peu fourre-tout et confuse
  • Des matchs tout simplement ratés
  • Les matchs relégués au second plan au détriment de la gestion du club
  • Vendu très cher compte tenu du contenu (39,99€)