La filiale de SpaceX propose une connectivité d’un tout nouveau genre. Armée de dizaines de milliers de satellites, Starlink compte donner accès à un internet rapide et à haut débit à l’entièreté du globe, où que l’on soit. Voici quelques faits que vous ignoriez peut-être sur le projet d’Elon Musk.

Starlink va servir à financer la colonisation de Mars

Lors qu’Elon Musk a annoncé le projet Starlink en 2015, il annonçait déjà la couleur, les revenus générés par Starlink serviront à assouvir ses ambitions : « tout cela dans le but de générer des revenus pour payer une ville sur Mars », avait-il déclaré.

Le milliardaire voudrait utiliser SpaceX pour établir une colonie autonome sur la planète rouge d’ici 2050. Dans un Tweet de 2019, Elon Musk avait d’ailleurs expliqué que de telles ambitions coûteraient entre 100 milliards et 10 trillions de dollars. Si cette affirmation reste très approximative, il n’empêche que de tels plans ont un coût gigantesque.

Les revenus générés par Starlink pourraient rapporter quelques milliards de dollars par an à l’entreprise. Mais si Starlink arrive à accaparer 5% du marché mondial de la connectivité internet, cela pourrait monter à 50 milliards de dollars, de quoi progressivement financer les rêves d’Elon Musk.

SpaceX espère coloniser Mars grâce à ses fusées réutilisables et réchargeables “Starship”, toujours en développement. (crédit : SpaceX)

Elon Musk n’est pas le seul a s’intéresser à Mars et à vouloir y envoyer des humains. Les Émirats Arabes Unis ont également leur programme martien et espèrent y implanter une colonie d’ici 50 à 100 ans. La Chine est également en lice avec un projet similaire. De tels projets dépendent cependant encore de beaucoup d’inconnues scientifiques. C’est notamment le cas de la protection contre les radiations solaires, la protection contre les tempêtes martiennes, l’accès à l’eau potable ou la production sur place de combustible pour fusée.

 Il pourrait y avoir jusqu’à 42 000 satellites Starlink

Actuellement, la constellation de satellites Starlink se compose d’environ 1 500 unités, mais devrait en compter 12 000 à l’horizon de 2025. La firme ne devrait pas s’arrêter là et a demandé l’autorisation d’en envoyer 30 000 de plus, soit 42 000 au total.

Il est possible de consulté la localisation de l’entièreté des satellites Starlink sur le site sattelitemap.space

Ce nombre élevé d’unités provient du fait que les satellites sont déployés à basse altitude : entre 160 et 2000km de distance avec la Terre. À titre de comparaison, un satellite géostationnaire fournisseur d’internet classique et plus lent réside à environ 36 000km de haut.

Si une adoption massive de Starlink a lieu, la société devra augmenter le nombre de satellites en orbite pour répondre à la demande et aux performances annoncées. D’après SpaceX, plus de 500 000 personnes ont déjà précommandé le service, mais la firme s’attend à en fournir l’accès à des millions.

Les satellites Starlink tournent sous Linux

Chaque satellite de Starlink comporterait 4 000 petits ordinateurs Linux en son sein. Pour rappel, Linux est un système d’exploitation open source. L’OS étant 100% libre, il est extrêmement malléable, un attrait exploité par SpaceX pour l’intégrer dans ses appareils.

Grâce à une version modifiée de l’OS, les milliers d’ordinateurs sont interconnectés et synchronisés entre eux pour opérer les satellites en temps réel. SpaceX a d’ailleurs construit sa propre version de Linux, pour adapter l’OS à tous les composants et spécificités de ses appareils spatiaux. C’est également grâce à Linux que les satellites déploient leurs mécanismes anticollisions, par intelligence artificielle.

Un chargement de 60 satellites Starlink lancés en même temps par une fusée Falcon comporte environ 32 000 petits ordinatuers Linux. (Crédit : Elon Musk/Twitter)

D’autres engins de la firme sont équipés de l’OS libre adapté, comme c’est par exemple le cas des fusées réutilisables des gammes Falcon et Dragon.

La flotte de satellite Starlink va bientôt dépasser le nombre total de satellites lancés depuis 1957

Il y a déjà quelque 1500 satellites Starlink en orbite, mais 12 000 sont à prévoir pour 2025. Dans quelques années, la flotte de SpaceX devrait dépasser à elle toute seule l’entièreté des satellites mis en orbite depuis 1957, soit environ 9 000.

Le tout premier satellite de l’histoire « Sputnik 1 » a été lancé le 4 octobre 1957 par l’Union soviétique, lançant par la même occasion la course à la conquête spatiale entre le bloc soviétique et les États-Unis.

Le nombre de satellites présents en basse altitude va vraisemblablement augmenter de façon exponentielle dans les années à la venir, car outre les 12 000 satellites Starlink, d’autres projets similaires sont en cours d’élaboration. La Chine a annoncé le lancement d’une constellation 13 000 unités. L’Union européenne et la Russie sont également sur le coup à moins grande échelle, c’est aussi le cas de firmes concurrentes à Starlink comme Amazon, OneWeb ou Telesat.

Le problème des débris spatiaux se pose dorénavant plus que jamais, car plus de six décennies d’occupation orbitales ont généré environ 900 000 débris de 1 à 10cm et 21 000 plus grands que 10cm. Cela vient des appareils hors service ou des parties sacrifiées de fusées. Les collisions entre les débris voyageant à très grande vitesse en génèrent encore plus, et tendent à endommager d’autres satellites fonctionnels.

Voici l’impact d’un débris spatial de la taille d’une bille. (Crédit : ESA)

Les constellations massives comme Starlink vont ainsi rendre la situation plus compliquée à gérer, car leur concentration et leur nombre pourront rendre la navigation spatiale plus ardue, ainsi que gêner les astronomes dans l’observation du ciel. SpaceX a toutefois doté ses appareils de petits propulseurs permettant de les diriger hors de l’orbite de la Terre vers le grand vide lorsqu’ils deviennent obsolètes.

Elon Musk n’est pas le premier à avoir eu l’idée de projets comme Starlink

L’idée de fournir d’une connexion internet partout sur le globe n’est pas nouvelle. Depuis les années 90, des services de connexions internet par satellite ont été mis en place. À l’époque et jusqu’à récemment, on privilégiait une grande couverture de surface terrestre avec un seul satellite en orbite géostationnaire, à plus de 30 000km d’altitude, contre 300 à 2000km de haut pour les satellites en basse orbite en méga-constellation. La distance de ces premiers satellites augmente considérablement la latence du réseau et son débit, rendant certains usages plus modernes comme le streaming, la visioconférence ou les jeux en ligne difficilement praticables.

Mais parallèlement à tout cela, durant les années 90, des projets de constellations de satellites en basse orbite avaient déjà été pensés pour proposer des connexions internet rapides et à haut débit, mais n’ont jamais abouti. Motorola avait, par exemple, envisagé en 1998 le service internet en basse orbite terrestre et à latence faible « Celestri ». Cette constellation devait se composer de 63 satellites à une altitude de 1400km. Le projet a cependant été abandonné la même année, faute de budget.

Motorola a préféré investir dans un projet similaire concurrent « Teledesic ». Ce dernier avait été pensé en 1994 et avait pour ambition de déployer 840 satellites à 700km de haut. Teledesic s’est finalement rabattu sur 288 engins à 1400km d’altitude comme pour Celestri. Mais face aux contraintes de construction et faute de demande à l’époque, le projet a été abandonné en 2002.

Image conceptuelle de l’époque d’un satellite Teledesic (crédit : Orbital ARK)

Des projets de constellation en basse orbite ont réapparu dans les années 2010, le projet OneWeb – appelé WoldVu à l’époque – a émergé en 2014, et avait pour ambition de collaborer entre autres avec SpaceX dans la confection et le lancement des satellites. Mais la firme d’Elon Musk a finalement annoncé l’année suivante lancer son propre réseau concurrent Starlink. Les premiers lancements de satellites des deux projets ont été tous deux orchestrés en 2019, mais Starlink bénéficie d’un rythme plus soutenu déploiement grâce aux fusées réutilisables de SpaceX.