Une première puce de 2nm qui pourrait changer beaucoup de choses

La firme américaine IBM vient d’annoncer avoir réussi à graver les puces les plus fines au monde, une réelle prouesse technologique.

Jamais des transistors si fins n’avaient été créés. L’IBM a mis au point la technologie nécessaire pour concevoir des nouveaux semi-conducteurs de 2 nanomètres. Certains scientifiques pensaient que l’on avait physiquement atteint la limite de transistors pouvant être accueillie sur une puce. Que nenni, le nouveau prodige d’IBM en accueille 50 milliards sur quelques centimètres carrés. Un prototype a été dévoilé par IBM, mais nous sommes encore loin de pouvoir les produire à grande échelle.

Les semi-conducteurs sont essentiels dans tout ce qui touche à l’informatique. Ce sont eux qui sont logés sur les puces chargées de calculer l’information. Au plus ils sont fins, au plus on peut en placer sur une même surface, cela accélère donc la vitesse de calcul. IBM a élaboré ce nouveau dans son laboratoire de New Albany dans l’État de New York en collaboration avec le secteur public américain.

Pour rappel, IBM est une société pionnière dans le secteur du matériel informatique et des logiciels. Elle a fait partie des toutes premières firmes à proposer des technologies de calcul et a été fondée en 1911. Elle est également l’une des premières entreprises à avoir commercialisé des ordinateurs. IBM n’en est donc pas à son premier (ni à son dernier) fait d’armes.

La firme est également à la base du développement des puces gravées à 5 et 7nm, mais d’autres firmes les ont commercialisées au grand public. Les plus petites que l’on retrouve actuellement sur le marché sont celles de 5nm de la firme taïwanaise TSMC, ils équipent les puissantes puces M1 de la marque ARM qui équipent les nouveaux ordinateurs d’Apple.

Les nouvelles avancées technologiques d’IBM vont être vendues sous forme de licence à des partenaires du secteur comme Intel, Samsung ou TSMC. Ces derniers prendront plusieurs années pour les adapter et les commercialiser sur nos smartphones et nos ordinateurs. Pour mettre cela en perspective, Intel compte commercialiser des puces gravées à 7nm en 2023, son concurrent direct AMD le fait depuis presque deux ans (en collaboration avec TSMC). Les puces à 2nm ne sont donc pas encore pour tout de suite.

Un énorme gain de performances

Selon IBM, l’arrivée de ces nouvelles puces aux 50 milliards de transistors devrait fournir un gain de performance considérable. On parle de 45% de performance en plus qu’une puce à 7nm et de 75% de réduction de consommation électrique.

Ces caractéristiques pourraient être révolutionnaires pour l’industrie. Cela pourrait par exemple quadrupler la vie d’une batterie de smartphone, réduire l’empreinte carbone des datacenters et accélérer la puissance des ordinateurs.

Mais cette technologie est surtout décisive dans le développement des objets connectés, du cloud et de l’intelligence artificielle. Une voiture autonome pourra ainsi augmenter considérablement sa capacité de détection de dangers et d’adaptation à son environnement.

Une technologie stratégique

Outre l’industrie de la tech, cette technologie intéresse également l’Union européenne. En effet, l’UE a comme ambition de développer l’industrie technologique en son sein et de devenir compétitive dans le secteur. L’UE considère les dépendances à l’importation de semi-conducteurs, matériel constituant les fameuses puces, comme à haut risque et veut produire localement 20% des semi-conducteurs circulants dans la zone euro d’ici 2030. L’Europe veut ainsi créer sa propre fonderie et des discussions sont en cours avec TSMC, Samsung et Intel pour produire des puces de 2 à 7nm sur son sol. Des dizaines de milliards d’euros pourraient être déboursés pour convaincre les géants du secteur d’implanter des usines de puces électroniques en Europe.

Les États-Unis ne sont pas en reste et Joe Biden en a fait une priorité. Le président veut garder et développer la production de puces sur le sol américain, grâce à des partenariats avec les géants américains Intel et Qualcomm notamment.

Les semi-conducteurs, et plus largement le silicium qui les compose sont en effet une denrée de plus en plus stratégique. Pour rappel, une pénurie de ces matériaux paralyse actuellement les industries du monde entier. La pandémie du Covid-19 et de la demande accrue en matériel informatique due au télétravail en sont la cause principale. Mais, la production n’est située principalement que dans une poignée de pays, dont la chine. Plus que les ordinateurs et les smartphones, les semi-conducteurs sont actuellement essentiels à la construction de matériel informatique divers tels que les voitures, le matériel médical, l’équipement scientifique, etc. Avoir la mainmise sur une partie la chaine de production va devenir essentiel pour se développer économiquement, et ça l’Europe en a bien conscience.