Première production du petit studio espagnol Koba, Narita Boy est un trip nostalgique totalement délirant qui joue la carte du rétrogaming pour séduire une audience de passionnés. Pari réussi?

Présenté lors du dernier Steam Festival, l’été dernier, Narita Boy n’avait pas vraiment beaucoup fait couler d’encre. Le premier jeu du studio espagnol Koba est pourtant l’une des très bonnes surprises de ce début d’année 2021.

Tout d’abord parce qu’esthétiquement, le titre est une totale réussite. La direction artistique de Narita Boy est tout simplement splendide. Les créateurs du jeu sont parvenus à créer un univers cohérent tout en pixel-art, qui déborde d’ingéniosité dans sa construction et nous présente une multitude de panoramas plus superbes les uns que les autres. Certes, il faut aimer le style néon et le Pixel Art pour s’immerger dans le monde de Narita Boy, mais pour peu qu’on ne soit pas totalement allergique au style, difficile de ne pas craquer pour l’univers incroyable du jeu. Il ressort également du jeu un côté authentique qu’on ne retrouve plus dans beaucoup de productions. Chaque élément visuel a été créé pixel par pixel. Les animations ont été dessinées une à une, et même les effets de particules ont été créés image par image. Un véritable travail d’orfevre qui se traduit dans la pratique par des animations saisissantes de réalisme et d’une très grande fluidité. La finition du jeu est tout simplement irréprochable.

La direction artistique est ce qui marque le plus au premier contact.

Mais outre sa réalisation splendide, Narita Boy brille aussi par la richesse et la profondeur de son univers. Inspiré des classiques de la science-fiction (Ready Player One, He-Man, The Last Starfighter), le jeu nous plonge dans un univers rétro-futuriste au look qui rappelle celui de TRON. L’aventure se déroule au beau milieu des années 80, une époque à laquelle le Créateur a créé un jeu vidéo baptisé Narita Boy, dans lequel le code fusionne avec la réalité. Aspiré dans cet univers virtuel, le joueur devra découvrir les secrets du jeu et le passé du Créateur, tout en ramenant la paix dans le monde fantastique de Narita Boy. Une épopée épique peut-être un peu trop verbeuse (les PNJ ayant tendance à beaucoup discuter), qui a toutefois le mérite d’être suffisamment riche pour donner l’envie au joueur de s’y plonger jusqu’au coup.

L’univers de Narita Boy est rempli de clins d’œil aux classiques de la science-fiction. S’il est difficile de ne pas voir quels titres ont inspiré le jeu, on reconnaîtra toutefois que les développeurs sont parvenus à créer leur propre univers en misant en grande partie sur la direction artistique unique de Narita Boy, avec ses jolis pixels et sa bande son délicieusement rétro. Le jeu se présente comme un hommage aux 80’s.

Narita Boy ne brille pas vraiment par son gameplay.

Narita Boy se présente comme un mélange de genres, qui mixe beat them all, plates-formes, réflexion et aventure. On lui reprochera toutefois de ne briller dans aucune portion en particulier. Les séquences de combat sont funs mais manquent d’intensité et de profondeur. Ce ne sont pourtant pas les approches qui manquent. Le joueur peut esquiver les coups, sauter, attaquer à distance, au corps à corps… Mais les affrontements manquent d’âme et d’intensité. Les séquences de plates-formes sont du même acabit : elles ont parfaitement leur place dans le jeu, mais les commandes ont tendance à être très approximatives. Il ne sera pas rare de rater un saut et de devoir recommencer une séquence de jeu à cause du manque de précision des commandes. Les combats de boss, nombreux, sont un peu plus réussis. Globalement, le mélange reste toutefois très efficace. On n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer dans Narita Boy, si ce n’est peut-être dans les dialogues, présentés sous forme de bulles, comme nous l’avons déjà précisé très verbeux et pas forcément toujours très intéressants pour le commun des mortels. Ou lorsqu’on se retrouve bloqué dans le jeu, sans savoir où se rendre… On reprochera clairement au titre de ne pas toujours être très explicite sur l’objectif.

Si le titre manque un peu le coche côté gameplay, Narita Boy n’en reste pas une aventure épique, passionnante de bout en bout, et suffisamment varié pour nous tenir en haleine tout au cours de l’aventure, qui vous tiendra scotché à votre pad durant près de 10 heures tout de même. Très clairement, son univers, sa direction artistique et sa bande son – so délicieusement 80’s avec ses musiques électro – sont ses plus gros atouts. L’aspect ludique pu être plus travaillé, mais on fermera finalement volontiers les yeux sur ces petits défauts pour se concentrer sur l’essentiel. On notera toutefois qu’à 29,99€, l’addition est plutôt salée pour un petit jeu indépendant, aussi réussi puisse-t-il être.

Conclusion

La première création du studio Koba est une très belle réussite. Narita Boy se présente comme un mélange ambitieux de genres, qui brille surtout par son univers so 80’s, sa direction artistique inspirée et sa bande son électro délicieusement rétro. Côté gameplay, le constat est un peu plus terne. Les mécanismes de jeu restent très simples et Narita Boy ne brille dans aucun segment en particulier. Ses séquences de combat manquent de pêche, les séquences de plates-formes de précision. L’aventure n’en reste pas moins épique dans cet univers SF plein de charme, qui nous rappelle tantôt Tron, tantôt Ready Player One. Très clairement, ce sont les amoureux de rétrogaming qui tomberont le plus sous son charme. Avec ses sprites dessinées à la main et ses superbes animations, Narita Boy est une très jolie claque graphique et un très bel hommage aux classiques du genre. Dommage toutefois qu’il soit facturé aussi cher (29.99€). 

Narita Boy

7.4

Gameplay

6.5/10

Contenu

7.0/10

Graphismes

7.5/10

Bande son

8.0/10

Finition

8.0/10

Les + :

  • Une durée de vie solide
  • Une bande originale brillante
  • Artistiquement superbe

Les - :

  • Un peu trop verbeux
  • Les séquences de plates-formes souvent hasardeuses
  • Un peu cher quand même (29,99€)