Test – Monster Energy Supercross 4 : le grand saut

Près de 3 mois après la sortie de MXGP 2020, les Italiens de Milestone reviennent à leur franchise Monster Energy Supercross, résolument plus arcade. Un quatrième épisode avec lequel les développeurs entendent corriger leurs erreurs passées.

Présent depuis plus de 25 ans dans l’industrie vidéoludique, Milestone a fait des jeux de course sa spécialité. Que ce soit avec les célèbres franchises MotoGP, Ride ou les premiers épisodes WRC, le studio milanais semble ne pas vouloir s’éloigner des titres qui font son succès, quitte à parfois mettre la qualité de côté. On se rappellera ainsi du très récent jeu de motocross MXGP 2020 qui, malgré un gameplay aux petits oignons, délaissait les à-côtés et notamment le contenu et l’aspect visuel.

C’est principalement ce qui fut reproché au studio ces dernières années, et notamment sur la franchise Monster Energy Supercross. Fidèle représentation du championnat américain de supercross (AMA), la licence comporte 3 épisodes souvent décriés par la critique. Tantôt avares en contenu, tantôt surprenants de par leur physique, les titres de supercross de Milestone se seront souvent cherchés, sans jamais trouver la recette gagnante. Qu’à cela ne tienne, on se retrouve avec un quatrième opus aux ambitions assumées.

Le troisième épisode de la franchise MES avait réussi à redresser la barre des deux premiers, avec un gameplay plus arcade mais étonnamment toujours aussi exigeant. On retrouve donc, sans surprise, un titre où l’attention de chaque instant est de rigueur. Le moindre faux pas pourra causer votre sortie de piste et donc risquer de chuter dans le classement. Ainsi, Monster Energy Supercross garde cet aspect très exigeant, déjà présent dans sa franchise sœur, MXGP.

Les sensations de conduite sont excellentes. Dommage toutefois qu’elles ne soient gâchées par  des collisions surréalistes.

Les courses sont extrêmement plaisantes. Améliorées par les gâchettes adaptatives qui s’adaptent à la surface sur laquelle vous roulez, on a littéralement l’impression de se retrouver aux commandes d’une bécane. Il faudra ainsi correctement répartir le poids de son pilote dans les airs ou à l’atterrissage, tandis que le freinage dans les virages devra être correctement jaugé. Si la physique semble parfaitement calibrée dans la franchise et ne nécessiter aucun ajustement, on regrette toutefois que les contacts entre pilotes soient plus hasardeux. A votre réception, si vous atterrissez sur un adversaire, vous bénéficierez par exemple d’un rebond supplémentaire. On regrette ainsi que les développeurs n’aient pas plus travaillé sur ce point, déjà décrié dans le précédent opus.

Les scrubs, figures emblématiques du supercross, font évidemment leur retour. Les figures se font sans grande difficulté tandis qu’une bonne réception confère au pilote un coup de boost fort bienvenu.

En revanche, on ne peut que regretter que Monster Energy Supercross 4 ne s’adresse principalement qu’aux puristes, déjà habitués aux simulations de motocross et notamment à MXGP. Si un tutoriel permet de rapidement s’habituer au gameplay et de facilement prendre en main la bécane, celui-ci reste trop léger et ne nous accompagne pas suffisamment tout au long de notre première course. Ainsi, on n’apprend rien sur les différentes tactiques à adopter, ou sur la manière à aborder les bosses présentes sur le circuit.

S’il est un point sur lequel on ne peut rien reprocher à Milestone sur MES 4, c’est sa volonté à proposer du contenu. Comme toujours depuis le début de la franchise, on a droit à l’intégralité de la licence officielle d’AMA Supercross. Ce sont ainsi plus d’une centaine de pilotes des catégories 450SX et 250SX qui s’offrent à vous, avec la possibilité de piloter sur les 17 circuits officiels du championnat.

Comme depuis quelques années désormais, Monster Energy Supercross 4 propose son mode carrière. Celui-ci dispose pour la première fois d’une refonte profonde, avec quelques ajouts de taille. Vous débuterez en tant que futur espoir du supercross puis, au fur et à mesure des courses, aurez l’occasion de gravir les échelons pour devenir un rookie puis un professionnel. Vous créerez alors votre propre pilote, grâce à un éditeur de personnage très peu fourni. En effet, vous aurez la possibilité de choisir que parmi une liste de visages prédéfinis, puis pourrez juste modifier sa pilosité faciale et sa coupe de cheveux. Vous devrez ensuite choisir la bécane sur laquelle vous piloterez parmi plus de 110 marques.

Monster Energy Supercross 4 dispose d’un contenu très conséquent. Outre les pilotes et circuits officiels, le titre propose de nombreux modes de jeu.

Enfin, et c’est là que le mode carrière a bien évolué, il permet une vraie amélioration de votre pilote au fil des courses. En conduisant dans des épreuves, vous aurez la possibilité d’acquérir des points de compétence nécessaires à l’évolution du pilote. En effet, vous pourrez évoluer dans un arbre des compétences très fourni, permettant d’améliorer et les compétences de votre pilote, et celles de votre bécane. Néanmoins, dans sa forme, le mode carrière ne change pas énormément. Il accompagne le pilote de ses débuts à sa gloire, en passant par les championnats d’AMA Supercross évidemment.

Aux côtés du mode carrière, on retrouve le complexe, qui fait son grand retour. Synonyme d’immense open-world inspiré des îles du Maine, ce vaste terrain montagneux vous permet de vous échauffer sur votre bécane, seul ou en co-op, et d’améliorer vos skills. En arpentant les allées du complexe, vous aurez l’occasion de récupérer plusieurs éléments cosmétiques parsemés ici-et-là à destination de votre pilote. Enfin, il vous sera également possible de vous essayer aux traditionnelles épreuves uniques, à savoir les courses contre-la-montre ou les épreuves uniques.

On retrouve également les traditionnels modes déjà présents dans les précédents opus. Le multi n’a pas bougé d’un iota et reste un poil trop conventionnel, avec très peu d’épreuves disponibles. De son côté, l’éditeur de niveaux reste une pure réussite. Contrairement à MXGP, il nous accompagne dans la construction de notre propre circuit et ce, du début à la fin. Les options de personnalisation ne sont certes pas très nombreuses, mais suffisamment pour permettre la construction de multiples circuits très variés.

Difficile en revanche de dire que la production de Milestone soit marquante en termes de bande sonore. Les différentes musiques employées pour rythmer les menus sont bien choisies, avec une influence rock/techno très prononcée. De leur côté, les courses gardent évidemment le bruit du moteur des bécanes en avant-plan, avec de faibles mélodies rock en arrière-plan pour varier les plaisirs.

Si les graphismes sont très jolis de nuit, le résultat est plus mitigé de jour dans l'”open-world”.

D’un point de vue visuel, le résultat de Monster Energy Supercross 4 est mi-figue, mi-raisin. On sent avant tout que l’arrivée sur next-gen de la franchise lui a donné un coup de fraîcheur bienvenu. Le titre est très fluide, sans la moindre chute de framerate ressentie en restant aux 60 fps promis. C’est toutefois dans ses graphismes que le titre se montre plus inconstant. S’il est très beau de nuit et propose de magnifiques effets de lumière et de reflets, l’open-world paraît très fade de jour. La végétation n’est pas des plus réalistes, les décors manquent de détails, on est très loin du potentiel des consoles next-gen.

Le clipping y est aussi omniprésent, les éléments des décors apparaissant au fur et à mesure qu’on s’en approche. C’est en effet dommage que cela se produise encore sur les consoles next-gen, qui ont la puissance nécessaire pour faire tourner dans des conditions optimales le jeu.

Conclusion

Avec ce quatrième épisode, les développeurs milanais de Milestone montrent qu’ils peuvent apprendre de leurs erreurs passées. Les fans de motocross découvriront ici un épisode bien plus complet que ses prédécesseurs, avec un contenu très généreux et notamment un mode carrière entièrement repensé. La conduite des motocross s’inspire quant à elle de ce qui se fait du côté d’MXGP, avec un côté arcade légèrement plus prononcé, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Les néophytes auront sans doute toujours autant de mal à se lancer. Les fans, eux, ne bouderont pas leur plaisir. Une chose est sûre : l’avancée est significative pour la franchise, et ce même si techniquement, le jeu déçoit, que ce soit sur les consoles de l’ancienne ou de la nouvelle génération… 

Monster Energy Supercross 4

Gameplay 7.5/10
Contenu 8.0/10
Graphismes 6.0/10
Bande son 7.0/10
Finition 7.0/10
7.1

On aime :

Les licences officielles du championnat

Une conduite très agréable mais exigeante

Très joli de nuit

Un contenu très solide

La physique, toujours au point

On aime moins :

Très peu de possibilités de personnalisation de notre pilote

Pas mal de clipping en monde ouvert

Les collisions entre coureurs trop hasardeuses

Les néophytes auront beaucoup de mal

De jour, ça pique aux yeux