Pour célébrer le dixième anniversaire de son jeu Scott Pilgrim contre le Monde, Ubisoft nous livre une version intégrale du titre sur les consoles de dernière génération. Une bonne nouvelle pour les gamers, le jeu d’origine n’étant plus disponible à la vente depuis quelques années déjà…

Jolie surprise en son temps, le jeu Scott Pilgrim contre le Monde adapté de la BD et du film éponymes, était parvenu à séduire avec sa direction artistique inspirée et son style très old-school qui avait ravi à l’époque les amateurs de beat them all en 2D. Il s’agissait de l’un des projets les plus ambitieux à l’époque du Xbox Live Arcade. 10 ans plus tard, le jeu a quitté les boutiques numériques. Il semblait également avoir totalement sombré dans l’oubli mais Ubisoft avait annoncé à la surprise générale, fin 2020, la sortie d’une réédition sur les consoles de dernière génération.

Esthétiquement, le jeu n’a presque pas évolué. Il conserve son charme old-school.

L’addition est salée par rapport au jeu originel, vendu à l’époque 10€. La Complete Edition est cette fois vendue 15€, mais elle comprend les deux petites extensions qui étaient vendues séparément à l’époque. On ne va pas vous le cacher, si vous disposez toujours du jeu originel, acheter cette réédition n’a en soi que peu d’intérêt. On ne retrouve aucun contenu inédit et il ne faut pas s’attendre à de grosses retouches. Esthétiquement, ça a forcément vieilli. Un petit lissage lui aurait clairement fait beaucoup de bien. Le titre n’en garde pas moins un certain charme avec ses jolies sprites 2D et sa direction artistique inspirée.

Clairement, cette réédition s’adresse aux joueurs qui étaient passés à côté du jeu à l’époque et souhaitaient redécouvrir ce classique de l’indé. Il faut le dire, s’il tient difficilement la comparaison avec un Streets of Rage 4 aujourd’hui, Scott Pilgrim contre le Monde reste un beat them up plein de charme qui était parvenu à se démarquer des autres jeux du genre à l’époque avec quelques éléments originaux… A l’image de ses mécanismes de RPG, avec des techniques de combat qui se débloquent progressivement au cours de l’aventure, ses nombreux combats de boss, ses “batailles” de boules de neige très funs et sa carte en 2D sur lequel le joueur progressait au fil des chapitres. Très clairement, le jeu est bourré de belles références et exerce en 2020 toujours un certain charme.

La palette de coups de votre personnage évolue à travers l’aventure.

Niveau gameplay, Scott Pilgrim se rapproche d’un Streets of Rage. Comme son modèle, le jeu est beaucoup plus fun à jouer à plusieurs (en local ou en ligne) qu’en solo. Mais à l’inverse de Streets of Rage, les débuts dans Scott Pilgrim sont relativement mous, avec une palette de coups assez limitée. Vous ne gagnerez par exemple la capacité à bloquer les coups de votre adversaire qu’à la fin du premier niveau. Au fil des coups distribués, vous gagnerez des niveaux et débloquerez de nouveaux coups et techniques. Dans sa dernière partie, le jeu devient franchement fun. Les débuts sont en revanche un peu moins passionnants…

Comme à l’époque, le joueur pourra choisir entre plusieurs personnages pour se lancer dans l’aventure. Chacun dispose de ses propres techniques et il n’est pas désagréable de refaire plusieurs fois le jeu avec chacun d’eux. La durée de vie du titre est également très satisfaisante pour le genre. D’autant plus qu’à côté du mode de jeu principal, on retrouve un mode Boss Rush, un mode Balle au prisonnier, un mode Battle Royale et un mode Survival pour prolonger les plaisirs…

On regrette que les cinématiques n’aient pas été retravaillées.

S’il n’est pas le beat them all le plus riche, Scott Pilgrim n’en reste pas moins un jeu fendard qui tire son épingle du jeu par son style très particulier et ses nombreuses petites particularités. Rien de surprenant à ce qu’il ait acquis un statut de jeu culte à travers les années… On notera au passage que le titre est d’une fidélité impressionnante à la bande-dessinée. Le seul reproche qu’on lui adressera vraiment, c’est de ne pas vraiment avoir fait d’effort au niveau de la mise en scène et de la narration. Les dialogues sont pauvres, les quelques cinématiques présentes mal intégrées à l’aventure et si vous n’avez pas lu la BD ou vu le film, difficile de toute comprendre au premier regard. Dommage qu’Ubisoft n’ait pas profité de l’occasion pour revoir cet aspect du jeu…

Côté technique, on apprécie le support des résolutions 4K et du 60 images par seconde. Clairement, le jeu a été modernisé, mais ne vous attendez pas non plus à une claque. Esthétiquement, il reste très proche de l’original.

Conclusion

Ubisoft nous livre un nouveau portage relativement paresseux de ce qui était à l’époque un bon beat them all old school. Cette adaptation de la bande dessinée Scott Pilgrim n’en reste pas moins une jolie réussite et un titre très fun à parcourir entre amis. S’il n’est pas aussi riche qu’un Streets of Rage au niveau de sa prise en main, Scott Pilgrim se défend plutôt bien au niveau du contenu, généreux avec ses nombreux modes de jeu alternatifs. Le jeu n’hésite pas également à sortir des sentiers battus avec des idées franchement originales pour le genre, du système de progression inspiré des jeux de rôle aux “batailles de boules de neige” qui viennent ponctuer le récit, en passant par ses combats de boss complètement barrés. La direction artistique de Scott Pilgrim lui donne également un certain cachet. Pas étonnant qu’il ait acquis au fil des années un statut de jeu culte. Cette réédition du jeu s’adresse très clairement aux joueurs qui étaient passés à côté du titre à l’époque. Ceux qui l’avaient déjà parcouru à l’époque n’auront pas grand chose de neuf à se mettre sous la dent ici… 

Scott Pilgrim contre le Monde : Edition Complète

7.2

Gameplay

7.0/10

Contenu

7.5/10

Graphismes

7.0/10

Bande son

7.5/10

Finition

7.0/10

Les + :

  • Plein de bonnes idées pour le genre...
  • Une direction artistique inspirée
  • La jolie bande son du jeu
  • Un beat them all toujours aussi fun
  • Un prix décent (15€)

Les - :

  • La narration, la mise en scène, au second plan
  • Une réédition pauvre en nouveautés
  • Un petit lissage ne lui aurait pas fait de mal...