Sorti en 2019 sur PC, le très sympathique DARQ a eu droit fin 2020 à un portage sur consoles. L’occasion de (re)découvrir ce jeu atypique, qui marche sur les traces de l’excellent Limbo. 

Fruit du travail de trois années d’un seul et unique développeur, DARQ était parvenu à créer le buzz au moment de sa sortie sur PC en se démarquant des autres productions indépendantes grâce à son design fortement inspiré des productions de Tim Burton. Un an plus tard, le jeu débarque sur consoles, dans une édition intégrale qui rassemble le contenu du jeu originel et deux niveaux inédits.

Les énigmes sont nombreuses et captivantes à résoudre.

Mais DARQ, au juste, c’est quoi? C’est un petit jeu indépendant conçu par un compositeur de musique qui s’est complètement reconverti en fondant son propre studio de développement. Le jeu lorgne du côté d’un Limbo, en mélangeant puzzles et exploration d’environnements en 2D, dans lesquels la mort rôde à chaque coin.

Le joueur incarne ici Lloyd, un jeune homme plongé dans une boucle cauchemardesque de laquelle il devra tenter de s’extirper en résolvant plusieurs énigmes. Chaque niveau est composé d’une succession d’énigmes et de séquences horrifiques, durant lesquelles le joueur devra utiliser les éléments du décor pour éviter les monstruosités qui hantent les lieux et atteindre une autre portion du niveau. La formule se démarque des autres productions du même genre de deux façons : sa réalisation superbe et son univers très sombre, qui se situe quelque part à mi-chemin entre un Limbo et un Little Nightmares. Le gameplay consiste la plupart du temps à explorer des niveaux assez linéaires, résoudre des énigmes et, petite originalité, à faire basculer des murs pour changer la structure du niveau et accéder ainsi à de nouvelles portions du niveau.

Certaines séquences de jeu sont terrifiantes.

Si dans l’ensemble, on pourra reprocher au jeu de ne guère renouveler la formule au cours de l’aventure, il faut bien reconnaître que le mélange de genres fonctionne plutôt bien et que la diversité des énigmes, situations et décors est suffisante pour garder l’intérêt du joueur. DARQ est très clairement un jeu qui s’adresse avant tout aux amateurs d’énigmes. Mais c’est également un jeu qui vous fout la clope. Les séquences terrifiantes sont nombreuses. Particulièrement, dans le dernier acte du jeu.

Atypique, cette petite production indépendante n’a toutefois rien à envier aux plus gros projets. Visuellement, le jeu est superbe, il s’agit sans aucun doute de l’une des plus belles productions indépendantes de ces dernières années. La direction artistique est cauchemardesque, le character design terrifiant, les animations ultra-fluides et les décors superbes. On en viendrait presqu’à se demander comment un seul homme – qui n’y connaissait pratiquement rien à la programmation, est parvenu à un tel résultat en trois petites années seulement. La finition est également irréprochable. Pas un bug à l’horizon, des animations fluides et un concept qui fonctionne parfaitement. DARQ s’inscrit très clairement dans cette vague de jeux indépendants qui lorgnent du côté des productions d’art & d’essai, au même titre qu’un Limbo, Inside ou un Brothers. On lui reprochera toutefois un scénario qui reste très énigmatique : on ne sait pas trop qui l’on incarne, ce que l’on fait là ni quel est notre but. Quelques éléments narratifs sont là pour apporter des réponses mais en-dehors de la séquence finale, difficile de comprendre quelque chose à ces aventures surréalistes.

Le personnage que vous contrôlez est capable de marcher aussi sur les murs.

Une chose est sûre, DARQ est le genre de jeu qui vous marquera, malgré sa très timide durée de vie. Ne comptez pas plus de 3 à 5 heures de jeu pour en voir le bout. L’aventure principale est courte. Les habitués du genre le finiront en 3 heures. Ceux qui bloquent sur certaines énigmes devraient en voir le bout en 5 petites heures de jeu seulement. Cette Complete Edition ajoute toutefois deux niveaux inédits qui viennent rallonger sensiblement la durée de vie, pour un tarif somme toute très respectable puisque le jeu est facturé 19,99€ seulement.

S’il ne s’agit pas vraiment du genre de jeu sur lequel on reviendra une fois l’aventure bouclée, DARQ n’en reste pas moins un jeu qui mérite le détour ne serait-ce que pour son atmosphère très sombre et ses énigmes intelligentes. La formule n’est pas forcément très originale, mais l’univers du jeu marque les esprits. Si vous étiez passé à côté au moment de sa sortie sur PC, vous n’avez en tout cas plus aucune raison de l’ignorer aujourd’hui puisque le titre est désormais également disponible sur consoles.

Conclusion

Quelque part à mi-chemin entre un Limbo et un Little Nightmares, DARQ est un jeu d’aventure en 2D qui se démarque des autres productions du genre par son univers très sombre. Le character design et l’univers du jeu semblent directement puiser leur inspiration dans l’univers de Tim Burton. Esthétiquement, DARQ est une très belle réussite. Côté gameplay, le jeu mixe brillamment énigmes et séquences d’infiltration. Les frissons sont nombreux et la formule fonctionne globalement plutôt bien. Le jeu n’est toutefois pas bien long et le concept peine à se renouveler sur la durée. A 19,99€, DARQ Complete Edition n’en reste pas moins un incontournable pour les amateurs de friandises indépendantes. Une petite pépite pleine de charme, qui a surtout le mérite de nous tirer de notre morosité avec un petit vent de fraicheur. 

DARQ: Complete Edition

7.6

Gameplay

7.5/10

Contenu

6.5/10

Graphismes

9.0/10

Bande son

7.0/10

Finition

8.0/10

Les + :

  • Une direction inspirée superbe, qui lorgne du côté de Tim Burton
  • Des puzzles bien pensés
  • Quelques passages très stressants
  • Visuellement superbe
  • Un prix très doux (moins de 20€)

Les - :

  • Assez court (3 à 5 heures)
  • Un gameplay qui ne se renouvelle pas beaucoup
  • Un scénario minimaliste