Test – Haven : une aventure poétique

Quatre ans après Furi, The Game Bakers revient avec un nouveau jeu onirique où la direction artistique et l’histoire prennent le pas sur le gameplay. Un changement de cap drastique pour le studio français, qui parvient à séduire avec une aventure touchante.

Dès les premières minutes de jeu, on se rend compte que Haven ne sera pas comme n’importe quel jeu d’aventure. Le couple que l’on incarne, Yu et Kay, semble à la fois libre et serein, presque mystique. Notre duo fraichement débarqué sur une planète inconnue après avoir fui leur terre natale pour vivre leur histoire d’amour va devoir l’explorer pour trouver des pièces et réparer leur vaisseau. Le couple va très vite se rendre compte que la planète n’est pas si inexplorée que cela et va devoir s’adapter aux dangers. Rien de bien révolutionnaire – ni de bien méchant sur place -, mais le côté amour défendu et naïveté du couple tranche tout de même avec ce qu’on a déjà pu voir dans des jeux vidéo d’exploration spatiale. Et le résultat est plutôt plaisant.

Haven met l’accent sur la relation de Yu et Kai.

Haven nous plonge dans une aventure d’une grande poésie, tout en proposant une expérience vidéoludique plutôt sympathique. On se retrouve ainsi à se déplacer dans les airs tel Superman pour amasser des vivres, trouver des pièces de rechange pour notre vaisseau et explorer l’étrange planète sur laquelle notre duo s’est posé.

La manière de se déplacer de nos héros est très plaisante et rappelle un peu celle de Journey. On glisse très facilement sur les différents paysages de la planète et on peut même atteindre certains sommets en glissant sur les faisceaux d’ondes qui nous font gagner en vitesse. Ces derniers permettent également de retrouver un peu d’énergie pour glisser plus rapidement. Le tout fonctionne plutôt bien et donne un vrai sentiment de liberté et de légèreté.

Au fur et à mesure de leur exploration, nos deux amants apprendront de nouvelles compétences pour se déplacer. Ils pourront ainsi faire des saltos-arrières, des virages rapides et autres. De quoi pousser à l’exploration des différents îlots de la planète, voire à la contemplation.

Avec ses décors si particuliers, Haven nous pousse à la contemplation.

Le gameplay pousse d’ailleurs le joueur dans cette direction puisque le jeu est loin de proposer un vrai challenge. Haven pourrait en effet se résumer à flâner sur les différentes cartes du jeu, à récolter des ressources et des pièces pour notre vaisseau, tout en se questionnant sur la provenance de certaines carcasses. Et si on rencontre quelques monstres au cours de notre périple, ce n’est jamais très méchant.

D’ailleurs, il n’est pas question de – tous – les tuer, mais de les libérer d’une emprise qui les rend agressifs. Encore un aspect qui ajoute de la poésie au titre. Affaiblir les créatures extraterrestres demandera un peu de coordination si vous jouez à deux. Dans le cas contraire, vous devrez simplement appuyer sur les bonnes touches au bon moment. Haven se rapproche en quelque sorte d’un jeu de rythme, mais là encore, il n’y a pas vraiment de challenge. On pourrait d’ailleurs le lui reprocher. Autre bémol : la construction du jeu fait qu’il se montre vite très répétitif.

Haven propose quelques combats, mais rien de bien méchant ni excitant.

Nous l’avons dit, Haven se regarde plutôt qu’il ne se vit. Sa direction artistique et son univers sont vraiment très plaisants à explorer. L’environnement réagit à notre passage. Le côté cell shading du jeu et sa colorimétrie créent une atmosphère très particulière. De manière générale, les animations sont chouettes et fluides, même si certains sont parfois en-deçà.

L’ambiance globale du jeu est soulignée par des musiques électroniques qui collent parfaitement avec le côté extraterrestre et science-fiction du jeu, même si elles manquent parfois d’originalité et se ressemblent un peu toutes au bout d’un moment.

Mais le côté poétique d’Haven provient avant tout de son écriture. On rentre dans l’intimité de nos deux héros plutôt bavards et on assiste à leurs tracas du quotidien. Fort heureusement, les dialogues sont bien écrits, de sorte qu’on ne s’en lasse pas. Et bien que le joueur puisse avoir un impact sur le déroulement des événements en via des réponses à choix multiples, ce dernier est plutôt spectateur de l’histoire d’Yu et Kai. On a d’ailleurs parfois l’impression d’être un peu voyeur de leur intimité, mais c’est plaisant.

Conclusion

Les créateurs de Furi sont de retour pour une nouvelle aventure pleine de charme. Dès les premiers instants, Haven frappe par sa poésie et sa direction artistique. Aux commandes de deux amants en fuite pour vivre leur amour dans les confins reculés de l’espace, le joueur se retrouve à explorer une planète à la recherche de vivres et de pièces pour réparer son vaisseau. Une exploration qui mènera à la contemplation tant la direction artistique du jeu fait rêver. Davantage contemplative que ludique, cette aventure manque toutefois cruellement de piquant et de défi. La promenade d’ilot en ilot se montre vite assez répétitive. Reste un titre plein de charme et sans doute l’un des plus jolis OVNIS vidéoludiques de 2020. 

Haven

Gameplay 5.0/10
Contenu 6.5/10
Graphismes 8.0/10
Bande son 7.0/10
Finition 7.0/10
6.7

On aime :

La direction artistique

L'ambiance générale poétique

Une très bonne écriture

Le sentiment de liberté des glissades

Un univers plein de charme

On aime moins :

Un gameplay assez fade, sans aucun challenge

Le concept devient vite répétitif