Offert avec l’abonnement PlayStation Plus, Bugsnax débarque comme un OVNI sur l’ancienne et nouvelle génération de consoles Sony – ainsi que sur PC. Développé par Young Horses (Octodad : Dadliest Catch), le jeu se veut avant tout enfantin et amusant, mais une chose est sûre, il ne plaira pas à tout le monde. 

À la croisée d’un Pokémon pour son côté découverte et collection des « Bugsnax », des créatures à mi-chemin entre un en-cas et un insecte, et d’un jeu d’aventure et d’exploration, Bugsnax intrigue depuis son annonce. N’espérez toutefois pas vous embarquer dans une aventure épique, Bugsnax n’a rien de tout cela. Le titre de Young Horses nous pousse à enquêter sur la disparition d’une exploratrice du nom d’Élisabeth Megafig, expatriée sur l’île de Snaxburg où se trouvent les fameux Bugsnax.

Invité par cette dernière, le joueur incarne un reporter qui se rendra sur l’île pour découvrir les Bugsnax – contraction de bugs (insectes, en anglais) et snacks – et enquêter sur la disparition de l’exploratrice. Sur place, il fera la rencontre des locaux, tous plus étranges les uns que les autres, mais tout aussi attachants. Le ton y est particulièrement léger – voire un peu trop – de même que l’aspect enquête de l’aventure, avec un petit côté moralisateur parfois ennuyeux.

Une chose est sûre, Bugsnax a été développé pour un public jeune. Ce jeu d’aventure coloré et amusant pourrait être une bonne entrée en matière dans les jeux vidéo pour les petites têtes blondes, mais aussi pour découvrir la PS5, après avoir terminé Astro’s Playroom évidemment. Difficile en revanche de le conseiller aux adultes tant le ton est jeune.

La capture et collecte des Bugsnax sera centrale dans l’aventure.

L’aventure sera double puisque le joueur devra enquêter sur la disparition de l’exploratrice Lizbert, de convaincre les locaux – Grumpus – de revenir en ville, mais surtout de collectionner les Bugsnax. Les insectes-encas seront en effet au cœur du jeu puisque la plupart des missions que devra réaliser le joueur pour les habitants de l’île consisteront à attraper des Bugsnax pour qu’ils soient dévorés.

D’ailleurs, on a été quelque peu surpris de voir que les mignons petits mets qui se baladent sur l’île sont destinés à être mangés par les habitants. Un sort funeste qui contraste radicalement avec le ton du jeu…

Les quêtes annexes manquent parfois d’intérêt.

Au-delà de remplir l’estomac des Grumpux, le joueur devra également compléter sa collection de Bugsnax en explorant l’île à la recherche de bestioles. Il pourra compter sur son scanner « Snaxoscope » pour les détecter et les identifier, à la manière du Pokédex. Les adeptes de Pokémon ou des collections pourraient y trouver leur compte, mais au final, on se lasse assez vite, même si les méthodes pour les capturer varient de temps à autre. Il faudra parfois se remuer les méninges pour élaborer un plan, comprendre comment fonctionnent les différents gadgets pour mettre la main sur des Bugsnax, mais là encore, ça reste très accessible – surtout qu’ils suivent toujours le même chemin et que ce dernier est indiqué… On regrette cependant que le jeu souffre d’un manque de précision. Enfin, encore faut-il que les bestioles ne disparaissent pas tout simplement. On a en effet eu la mauvaise surprise de voir que l’un des insectes que l’on devait attraper avait tout bonnement disparu – éjecté par un autre burger sur pattes.

Fort heureusement, le jeu propose également des phases d’énigmes et d’enquêtes qui amènent un peu de substance au gameplay. En tant que journaliste, le joueur devra en effet poser des questions aux habitants de l’île – en plus de réaliser pour eux des missions –, collecter des témoignages et recouper les informations pour comprendre ce qui est arrivé à Elizabeth Megafig. Discuter avec les habitants aura donc une place importante dans le jeu, tant pour les missions et la collection des bestioles que pour glaner des informations sur Lizbert. On regrette cependant la simplicité du système de réponses à choix multiples. Sélectionner telle ou telle réponse n’aura d’ailleurs que peu – voire aucune – influence.

La direction artistique du jeu ne plaira clairement pas à tous. 

Les personnages sont doublés – uniquement en anglais – par des comédiens enthousiastes. Le résultat est plutôt sympathique, mais on regrette malgré tout que certains jeux de mots ne fonctionnent pas toujours très bien en français (« crapple », la contraction de crab et apple en anglais, devient carapomme en français). Le titre fait également quelques références à la culture web, mais ces dernières passeront sous le nez de pas mal de joueurs, notamment les plus jeunes. Certains pourraient donc passer à côté de la sphère humoristique du jeu – même si les doubleurs et personnages en général développent une ambiance plutôt sympathique.

Enfin, Bugsnax a tout de même le mérite de proposer des idées sympathiques, ne serait-ce que les insectes-encas, et développe également son propre univers artistique. Les combinaisons d’insectes et de mets sont parfois un peu loufoques, mais souvent bien pensées. Mention spéciale aux burgers sur pattes fous de ketchup dont les bouteilles poussent dans les arbres. L’identité visuelle et le sens du détail à ce niveau sont sans doute la plus grande qualité du jeu. On pourrait tout de même regretter que les différents biomes de l’île manquent d’originalité, mais on se plait tout de même à les explorer.

Techniquement parlant, le jeu est loin d’être parfait. Certaines animations manquent en effet de fluidité, les décors de détails et de texture et dans l’ensemble, le jeu ne fait clairement pas très next-gen. Il est d’ailleurs disponible aussi sur PS4, pour ceux qui pensaient qu’il s’agissait uniquement d’un jeu next-gen…

Si visuellement, le jeu ne change pas vraiment, on préférera tout de même jouer sur PS5, ne serait-ce que pour les temps de chargement plus courts, mais c’est à peu près tout ce qui distingue les deux versions. Les vibrations de la DualSense n’apportent pas grand-chose non plus à l’expérience.

Conclusion

Véritable OVNI, Bugsnax propose une aventure loufoque sur une île peuplée d’étranges créatures, mi-insectes, mi-snacks. Le titre mêle enquête et collecte de bestioles en tous genres. Un concept qui n’est bien sûr pas sans rappeler celui de Pokémon. Bien qu’il introduise quelques très bonnes idées, avec des techniques de capture de bestioles différentes et procure un certain sentiment d’enquête à mesure que l’on glane des informations auprès des PNJ, Bugsnax n’en reste pas moins un jeu très simple dans son concept, qui montre vite ses limites niveau gameplay. On sent en tout cas qu’il se destine à un public très jeune. Sa plus grande force reste sa direction artistique et son postulat d’encas insectes qui charmera certainement les plus jeunes. Techniquement en revanche, ce n’est pas très fameux. La version next-gen du jeu n’apporte rien de neuf et le titre est loin, très loin de tirer parti des capacités des consoles actuelles. L’aventure n’est également pas bien longue. Reste que sur PlayStation en tout cas, le jeu avait au moins le mérite d’être offert aux abonnés du service PS Plus… 

Bugsnax

6.3

Gameplay

6.0/10

Contenu

6.5/10

Graphismes

6.0/10

Bande son

6.5/10

Finition

6.5/10

Les + :

  • Un univers fun et amusant
  • Un jeu tout public
  • Les différentes techniques pour attraper les Bugsnax
  • Une aventure légère et distrayante

Les - :

  • Le gameplay général s'essouffle rapidement
  • Techniquement limité
  • Un peu trop enfantin
  • Disparition inopinée d'insectes
  • Une version PS5 pauvre en nouveautés