Longtemps restée dans l’ombre d’une autre série B qui a elle depuis pris son envol (Earth Defense Force), Onechanbara a enfin droit au reboot qu’elle méritait. Complètement décomplexé, le nouveau jeu de Tamsoft marche sur les traces d’un Devil May Cry. 

Méconnue sous nos contrées, la série de Onechanbara avait pourtant fait ses débuts en 2004 sur PlayStation 2. Comme les Earth Defense Force, Onechanbara a fait ses débuts dans les séries Z de la série Simple 2000. En Occident, le jeu a d’ailleurs vu le jour sous un autre nom : Zombie Hunter. Elle connaîtra quatre itérations avant d’adopter son nom définitif en occident également avec l’épisode Onechanbara : Bikini Samurai Squad, sorti en son temps en exclusivité sur Xbox 360. Descendu par les critiques pour sa technique risible, le jeu connait toutefois un joli succès grâce à son concept barré, que l’on résumera en quelques mots à un “massacre de zombies au katana”. Au Japon, ce sont surtout les déguisements de l’héroïne qui ont parler de lui. Aya, le personnage principal, n’est habillé qu’avec de grandes bottes, un chapeau de cow-boy, une longue écharpe blanche et un bikini rouge. Malgré les notes très négatives des jeux, le studio Tamsoft persiste et signe plusieurs épisodes sur Wii, PSP, Xbox 360 et PS4… Jusqu’à finalement se décider à enfin se donner les moyens de réussir avec un reboot complet de la franchise avec l’épisode Origins, qui verra le jour sur PS4 et PC.

Le jeu est sanglant et complètement décomplexé dans son style.

Onechanbara Origins représente un tournant dans l’histoire de la franchise. Pour la première fois en plus de 15 ans, Tamsoft semble avoir pris au sérieux son travail. Comme Earth Defense Force avant lui, le jeu s’en retrouve complètement transfiguré.

Avant d’aller plus loin, il est important de préciser que cet épisode est en réalité un remake des deux premiers volets – sortis respectivement en 2004 et 2005. L’histoire reste plus ou moins la même, le gameplay et l’esthétique ont en revanche complètement changé. Tout d’abord, parce que les développeurs ont opté pour un style graphique radicalement différent. On abandonne le réalisme des épisodes Z et Z2 Chaos pour un style animé en cel-shading qui rend très bien à l’écran et qui permet surtout de faire passer au second plan la technique. Car c’est un fait, le cel-shading fait en général des miracles esthétiquement parlant. La direction artistique, très inspirée, fait le reste du travail, avec des monstres joliment modélisés, un bestiaire plutôt varié, un univers coloré et des personnages aux looks complètement barrés. On sombre très clairement ici dans une grosse série B qui n’a rien à envier aux chefs d’œuvre du cinéma Grindhouse.

Le style animé colle parfaitement à l’univers d’Onechanbara.

Esthétiquement, le jeu est plutôt joli mais surtout très fluide et parfaitement optimisé. Certes, on n’est pas face à une claque graphique, mais pour un jeu indépendant à petit budget, Origin est visuellement très plaisant, d’autant plus que sa patte graphique lui donne un look véritablement unique qui contraste radicalement avec les décors vides et l’univers graphique sans âme de ses ancêtres.

Toutefois, c’est surtout au niveau de son gameplay que le titre parvient à nous séduire, avec son gameplay extrêmement nerveux. Aya agite son katana dans tous les sens, transformant les combats en de véritables ballets aériens. Le sang coule à flots, les membres volent dans tous les sens, les corps se fracassent… On est face à un véritable festival du gore. Le jeu est décomplexé à un tel point qu’on en est presque surpris qu’il arrive sous nos latitudes.

Bien sûr, il ne faut pas s’attendre à une réplique de Devil May Cry, le gameplay reste moins complet et les affrontements de boss sont moins impressionnants que dans le jeu de Capcom, mais au niveau de la dynamique générale et de la prise en main, Onechanbara nage très clairement dans les mêmes eaux. C’est fun, décomplexé, on prend son pied et si certaines séquences ont tendance à tirer en longueur, on s’amuse finalement beaucoup dans ce hack & slash sanglant au bestiaire varié. D’autant plus que notre personnage peut évoluer au cours de l’aventure grâce aux points d’expérience gagnés, et peut déverrouiller de nouvelles techniques de combat. Finishing moves et attaques combinées avec un second personnage sont également au programme!

Le jeu est extrêmement dynamique dans ses affrontements.

Autre bonne surprise : le contenu est plutôt généreux. En dehors du mode solo principal, qui propose une succession de missions à réaliser dans des niveaux assez linéaires et n’omet pas de nous faire affronter quelques boss, on retrouve des défis et pas mal d’éléments déblocables. L’aventure principale n’est pas bien longue – comptez 6 heures de jeu environ – mais la rejouabilité est assez bonne. On regrette cependant qu’il soit vendu chez nous plein tarif là où très clairement il aurait dû être proposé à un tarif de 40€.

Côté présentation, les développeurs se sont contentés du minimum syndical, et c’est là que le bas blesse. L’intro nous est présentée sous la forme d’un texte défilant. Aucun effort n’a été fait au niveau de la narration ou du scénario, toujours aussi risible. La bande son du jeu n’est pas non plus formidable, même si elle fait le taf’. Très clairement, il y avait matière à améliorer le jeu.

Certains combats de boss sont franchement traumatisants.

Pour un reboot, Origin n’en reste pas moins une jolie réussite. Onechanbara Origin est le premier épisode véritablement réussi de la franchise de Tamsoft. Le studio nippon a réalisé un excellent travail tant au niveau de la réalisation que de la prise en main de son jeu. Ceci étant dit, de par son côté complètement décomplexé, Onechanbara Origin ne s’adressera très clairement pas à tous les publics.

Conclusion

Onechanbara Origin est un reboot très réussi d’une série de hack & slash relativement méconnue sous nos latitudes. Le studio nippon Tamsoft a choisi de repartir d’une feuille blanche en repensant complètement le look de sa série avec des graphismes en cel-shading et en lorgnant du côté d’un Devil May Cry pour son gameplay. Beaucoup plus nerveux, fun et joli que ses ancêtres, Onechanbara Origin est un jeu complètement décomplexé qui joue à 100% la carte du gore, avec des hectolitres de sang qui fusent, des membres arrachés qui tombent par dizaines et des tas de zombies à l’écran. Le joueur y incarne Aya, une jeune femme au look très… décomplexé?… qui tranche des zombies à grands coups de katana. Onechanbara Origin se présente très clairement comme un épisode de transition. Pour la première fois depuis ses débuts, la série prend son envol et se décroche de son statut de série Z. Elle marche également sur les traces d’un Earth Defense Force, l’une des autres franchises cultes de D3 Publisher. Reste que de par son orientation, le jeu ne s’adresse très clairement pas à tous les publics. On regrette aussi très clairement que le studio nippon n’ait pas pris soin de peaufiner la présentation du jeu, minimaliste en l’état, au vu du prix de vente du jeu… 

Onechanbara Origin

7.2

Gameplay

7.5/10

Contenu

7.5/10

Graphismes

7.0/10

Bande son

7.0/10

Finition

7.0/10

Les + :

  • Le côté série B parfaitement assumé
  • Le gameplay fun et nerveux, façon Devil May Cry
  • Une direction artistique réussie
  • Un contenu solide
  • Un jeu complètement décomplexé

Les - :

  • Un scénario risible
  • Certaines séquences de jeu beaucoup trop longues
  • Un gameplay qui manque un peu de profondeur
  • La présentation minimaliste
  • Vendu prix plein chez nous