Suite de deux premiers jeux qui avaient séduit la critique, Aquanox : Deep Descent se veut plein de promesses. Si la forme est très plaisante, le fond se révèle malheureusement assez vide et décevant.

Si le mot Aquanox vous est familier, ce n’est pas sans raison. En effet, sorti il y a près de 20 ans, AquaNox proposait un gameplay proche des meilleurs shooters spatiaux, avec des graphismes impressionnants et des effets de lumière révolutionnaires. Une suite sortira deux ans plus tard, avec un résultat plus contrasté. Lui seront reprochés une certaine répétitivité dans les environnements et un gameplay trop proche de son prédécesseur. La sauce fonctionne en revanche toujours aussi bien et le titre de MassiveEntertainment se vend très raisonnablement.

Il aura alors fallu attendre 17 ans pour espérer mettre la main sur un sequel à l’univers futuriste d’Aquanox. Les développeurs conservent certaines des bases qui avaient fait le succès lors des précédents volets, tout en y apportant quelques nouveautés. Malheureusement, le titre se perd dans ses idées, certes bonnes mais mal exploitées. Visiter les profondeurs sous-marines fait peut-être rêver, mais pas de cette manière.

Le scénario que propose cet épisode est dans la droite lignée des précédents volets. Vous vous réveillez d’un long cryo-sommeil dans un futur où l’humanité a été forcée de se réfugier dans les abysses de l’océan. Les précédents gouvernements et pays n’existent plus, et des factions se sont formées afin de prendre le contrôle des ressources et le pouvoir. Un pitch plutôt sommaire et qui semble vu et revu. Rassurez-vous, celui-ci ne servira que de prétexte à l’exploration sous-marine. En effet, la trame principale passe au second plan, notamment à cause de personnages trop clichés, de quêtes trop répétitives et de dialogues trop simplistes.

Il est possible de personnaliser de manière complète son vaisseau.

Car c’est un fait : vous allez très vite tourner en rond de ce Deep Descent. Les missions s’enchaînent sans réelle saveur, avec un air de quêtes FedEx trop prononcé. Il vous sera demandé la plupart du temps de vous diriger d’un point A à un point B, en récoltant quantité de ressources et en affrontant la multitude d’adversaires qui se dressera en travers de votre chemin. Heureusement, certains à-côtés viennent varier les plaisirs. On notera par exemple les différents dialogues qui entrecoupent les missions et durant lesquels vous pourrez sélectionner la réponse de votre choix. Déjà tirés des précédents titres, ces dialogues à choix multiples sont très appréciables et auront un réel impact sur les réponses de votre interlocuteur, notamment lorsque celui-ci vous propose des missions facultatives.

Certaines missions viennent également enrichir cet aspect “semi open-world” d’Aquanox. En effet, vous aurez l’impression de pouvoir parcourir à votre guise l’environnement, mais celui-ci reste bien trop petit et restreint pour espérer offrir le sentiment de liberté au joueur. Ces missions annexes vous sont proposées par les contrebandiers, pirates et autres chasseurs de prime qui vous attendront aux quais d’amarrage. Une chouette idée pour un titre en manque d’inspiration, mais qui pèche avec des missions peu inspirées elles aussi.

En revanche, tout l’intérêt d’Aquanox réside dans la personnalisation des vaisseaux. Au fil de vos aventures, vous récolterez ressources et argent vous permettant d’améliorer et de modifier votre engin. A l’image d’un certain Elite Dangerous, plus vous serez riche, plus vous aurez évidemment une machine de guerre à piloter. De nombreux items viendront vous permettre d’agrémenter votre vaisseau, comme un squelette qui modifiera intégralement l’allure de votre vaisseau. Des armes, bonus mais également teintures seront également à ajouter à votre sous-marin, afin notamment d’en obtenir le véhicule parfait. Les possibilités sont nombreuses et se déverrouillent très tôt dans l’aventure, afin notamment de pimenter un début de campagne beaucoup trop lent dans sa construction.

Si vous êtes un adepte des shooters spatiaux, comme notamment Elite Dangerous, Aquanox est fait pour vous. Le titre de THQ Nordic récupère de nombreux aspects de ce style très populaire, comme par exemple le maniement du vaisseau, les boucliers, bonus et autres turbos. Un gameplay efficace, qui a fait ses preuves, et qui est parfaitement adaptés à l’univers d’Aquanox. Le gameplay est terriblement efficace, avec un sous-marin très agréable  et facile à piloter, qui là aussi bénéficie de nombreux atouts au fil de l’aventure et des améliorations. L’environnement sous-marin, assez exigu, requerra une certaine adresse afin d’éviter les nombreux récifs qui vous entourent. Le radar est pour sa part toujours indispensable, notamment afin de se repérer dans ces eaux profondes et obscures.

Aquanox : Deep Descent est bien trop décevant techniquement parlant.

Les mécaniques de jeu viennent heureusement sauver le titre. Graphiquement, le titre est décevant, avec des graphismes proches de ceux auparavant vus sur Playstation 3 et Xbox 360. Les détails sont trop grossiers tandis que les différentes algues et plantes des fonds marins ne laissent paraître aucune once de réalité. Les effets de lumière viennent rehausser le tout, avec de très jolis visuels.

On reprochera également à Aquanox un environnement simpliste et beaucoup trop répétitif. Les terrains se succèdent, avec trop peu d’éléments qui leur sont propres et un aspect de déjà-vu omniprésent. Certes, les fonds marins présentent moins de diversité que la surface de la terre, mais il y avait ici moyen de laisser paraître de magnifiques paysages et environnements. Ceux-ci ne sont pas non plus aidés par la faune environnantes, dont la réalisation est faiblarde et dont les déplacements sont trop mécaniques, proches des vaisseaux articulés par l’homme.

Enfin, le titre semble fini à la va-vite. Celui-ci entrait pourtant en bêta fermée il y a de ça trois ans, et présente encore aujourd’hui des erreurs qui auraient pu être rectifiées avant la sortie officielle. Mentionnons par exemple la bande-sonore, beaucoup trop répétitive et qui passe relativement inaperçu vis-à-vis du bruit du moteur, qui réagit très bien aux accélérations et décélérations de l’engin. Niveau affichage, ce n’est guère mieux. Les différents poissons peuplant l’océan apparaissent et disparaissent comme par magie, et se permettent même le luxe de pénétrer dans votre cockpit, comme si aucun parebrise n’existait.

De son côté, l’IA se révèle terriblement inerte. Si elle vous aidera lors des missions en attaquant les ennemis, elle suit tous vos déplacements en vous collant de beaucoup trop près. Il ne sera d’ailleurs pas rare de vous retrouver bloqué par celle-ci, ou qu’un bug empêche la progression à cause d’une vaisseau allié coincé. L’affichage du HUD est pour sa part catastrophique, en témoignent les indicateurs de tir ennemi à votre encontre. Une flèche vous indique la direction des dégâts, mais se trompe régulièrement. Enfin, vous serez constamment surpris par le manque de précision de vos tirs. S’il est possible de verrouiller les armes sur l’ennemi, vos tirs passeront trop régulièrement à côté et il sera nécessaire de s’immobiliser, ce qui vous mettra dans une position délicate vis-à-vis de vos adversaires.

Conclusion

S’il marche sur les traces de ses ancêtres, Aquanox : Deep Descent n’est toutefois pas le hit que l’on attendait. Techniquement, le jeu est assez moyen et souffre surtout de plusieurs problèmes d’affichage. Son concept atypique, basé sur l’exploration sous-marine et des gunfights intenses sous l’eau en font un titre qui accroche le regard. Le sous-marin se pilote agréablement, les gunfights sont nerveux et l’expérience globalement séduisante. Quelques détails viennent tout de même entacher un très joli tableau : de l’IA au manque de précision dans les tirs. Parcourir les fonds marins est un véritable plaisir, même si ceux-ci sont trop peu diversifiés. Vous découvrirez trop souvent les mêmes environnements et la bande-son est malheureusement trop légère pour dire de rythmer le tout. Ne comptez pas non plus sur le scénario pour vous divertir : celui-ci est beaucoup trop simpliste et les missions s’enchaînent à un rythme effrayant. On n’a pas le temps de se poser ni de vraiment explorer cet univers qui manque pour le coup de charme et de profondeur. Toutefois, si vous êtes un habitué et un amateur des shooters spatiaux, il se pourrait bien que vous trouviez votre bonheur dans cet Aquanox : Deep Descent de par son approche atypique. Dommage que les développeurs ne se soient pas donné les moyens d’aller au bout de leurs rêves…

Aquanox Deep Descent

7

Gameplay

7.0/10

Contenu

7.5/10

Graphismes

7.0/10

Bande son

6.5/10

Finition

7.0/10

Les + :

  • Une ambiance générale fort originale
  • Un réel plaisir d'explorer des fonds marins
  • Une personnalisation complète du vaisseau
  • Un vaisseau agréable à piloter
  • Un prix relativement doux

Les - :

  • Peu de diversité dans les environnements et dans les missions
  • Des graphismes décevants
  • Tirs trop souvent imprécis
  • Manque de finition : IA, affichage, HUD...
  • Un scénario très peu inspiré, trop lent