Un an après sa sortie sur PC, Little Big Workshop débarque sur consoles de salon. L’occasion de se pencher sur le jeu de simulation signé Handygames. Enfilez vos gants, place votre marteau à votre ceinture de travail et prenez place à la tête de votre propre usine !

Le concept de Little Big Workshop est assez simple, vous incarnez le directeur d’une usine de construction. Vous êtes donc en charge de donner du travail à vos employés, de développer vos infrastructures, de gérer les commandes des clients, tout en faisant de l’argent. Au-delà de ses airs enfantins et amusants, Little Big Workshop est avant tout une aventure qui vous forme au capitalisme.

Ici, c’est en effet l’offre et la demande qui sont aux commandes du jeu. Le joueur devra ainsi se fier aux tendances du marché pour construire des canards en plastiques, des étagères solides ou des tables robustes afin de maximiser ses bénéfices. Et pour cela, il devra s’assurer que l’investissement que la construction de tel ou tel objet demande est inférieur à sa valeur sur le marché. Et attention aux fluctuations ! Un jour, les tables en bois seront en vogue, et un autre, elles seront un véritable gouffre financier sans aucune possibilité de les vendre.

Mais le marché ne sera pas le seul élément à prendre en compte pour faire du chiffre. Le joueur pourra également compter sur les commandes de clients pour augmenter ses bénéfices et faire tourner sa boutique. Ici, les contraintes seront plus nombreuses puisqu’il devra respecter les délais, mais aussi les attributs, à savoir des critères de qualité et de beauté. Plus le joueur respectera ses contrats, plus ses clients lui feront confiance. Ils passeront ainsi plus de commandes, et ce, à un meilleur prix.

Le joueur doit s’assurer que l’ensemble de ses employés et machines soient en travail pour assurer le meilleur rendement possible.

Pour vendre sur le marché ou satisfaire ses clients, le joueur devra aménager son usine pour être la plus productive possible. Il devra ainsi gérer ses différents employés, ses machines et ses ressources. Et vu qu’on ne fait pas d’argent sans en dépenser, il devra également investir dans de nouveaux équipements, afin d’optimiser ses machines et son rendement. L’objectif étant que les tables à découper, à peindre, à plier tournent en permanence, de même que les employés, mais attention aux surmenages.

À force d’en demander trop, le joueur pourra se retrouver avec des machines cassées ou des employés à l’article de la mort. Pour éviter cela, il devra s’assurer que ses employés ont de quoi se reposer, comme une salle de détente. Café, jeux vidéo, frigo, tout doit y être pour qu’ils se sentent bien et qu’ils retournent rapidement au boulot. Pareil pour les machines. Une table de construction en panne, c’est une table qui fait perdre de l’argent. Le tout est d’équilibrer les charges de travail pour les établis et employés, afin d’optimiser la production et le rendement.

Pour faire cela, le joueur pourra compter sur les nombreux tableaux et graphiques intégrés à l’aventure. Il pourra ainsi avoir un aperçu des rendements de son usine, de ses pertes, ses charges, ce qu’il paie à ses employés, etc. S’y retrouver à travers les différentes fenêtres demandera un peu de temps, surtout pour jongler entre tous les paramètres (profit, pertes, bénéfices, charges, etc.), mais elles offrent un bon aperçu global de l’usine et des infrastructures ce qui permet de garder un œil sur l’évolution de son affaire.

Plus le joueur vendra de constructions et plus il honorera les commandes de ses clients, plus il montera de niveaux. Il pourra ainsi débloquer de nouvelles compétences, ainsi que de nouveaux plans de construction. Encore une fois, contrairement à ce qu’on pourrait croire, la simulation de gestion d’usine que propose Little Big Workshop est plutôt poussée. Et cela se ressent particulièrement fort lors de la préparation des constructions.

Au fur et à mesure, les plans de construction se complexifient et les exigences des attributs sont plus poussées.

Que ça soit pour construire des poupées ou des étagères, le joueur pourra choisir entre différents matériaux (bois, acier, plastique), mais aussi leur qualité lors de la préparation des constructions qui deviendra de plus en plus complexe au fil de la progression.

Le choix des matériaux sera d’ailleurs crucial pour répondre aux attentes des clients qui auront indiqué quel niveau de qualité ils voulaient pour tel ou tel objet. Les plus stratèges feront en sorte d’atteindre le niveau de qualité sans le surpasser pour éviter les investissements inutiles. Après le choix de la qualité des matériaux, le joueur devra assigner une tâche du processus de construction à ses machines. Une étape importante pour ne pas en surcharger l’une ou l’autre, mais aussi pour faire en sorte qu’elles fonctionnent toutes en même temps. L’assemblage des différentes pièces pourra ainsi se faire rapidement, de sorte à maximiser le rendement encore une fois.

On pourrait d’ailleurs rapprocher tout cela à un jeu de puzzle, toutes les pièces – la construction des différentes pièces, la disponibilité des employés – doivent s’emboiter au mieux pour que tout roule de A à Z.

Le cadre est joli et enfantin, sans être d’une grande beauté.

Le gameplay de Little Big Workshop est assez simple, classique même, mais il parvient malgré tout à offrir une expérience de gestion d’usine plutôt complète qui s’intensifie au fil des commandes. Le jeu offre une belle progression de difficulté – sans jamais vraiment être difficile. De plus, le titre d’Handygames offre une vraie liberté de mouvement au joueur qui peut décider de ne pas remplir ses contrats ou de développer son usine comme il l’entend. On peut tout de même regretter de ne pouvoir réagencer les pièces de son usine une fois qu’elles ont été établies, mais c’est un détail. Comptez une vingtaine d’heures pour débloquer tous les plans de marchandises réalisables dans votre usine.

Si elle est complète et évolutive, l’expérience Little Big Workshop manque malgré tout un peu de fun. Un reproche que l’on peut faire à beaucoup de jeux du même style. Une fois qu’on a compris comment jouer avec les lois du marché, on peut aisément se remplir les poches en produisant les mêmes marchandises avec une marge très importante. Est-ce un jeu de gestion ou de capitalisme ?

On apprécie tout de même la gestion du temps qui permet d’accélérer les choses. On apprécie également la possibilité de zoomer et la vision à 360°, même si elle manque beaucoup de fluidité et ne permet pas d’obtenir l’angle précis que l’on voulait. Techniquement, ça fonctionne plutôt bien. Rien à redire au niveau des animations, même si certaines peuvent planter à certains moments. À d’autres, c’est l’IA des bonhommes qui plante un peu, mais rien de bien méchant.

Pour le reste, le cadre reste tout à fait joli, on se laisse charmer par son esthétique enfantine et colorée, malgré l’objectif de se remplir les poches. En zoomant, on se rend compte que le rendu manque de détails, mais ce n’est pas très dérangeant. La musique est parfaitement dans le thème, joviale et sympathique, bien qu’un poil répétitive.

Conclusion

Little Big Workshop est un jeu de gestion d’usine qui vous apprendra les fondements du capitalisme. Tout le principe est basé sur l’optimisation de la production. Le joueur devra ainsi faire en sorte que ses machines et ses employés tournent en permanence pour augmenter le rendement de son usine, sans pour autant tuer ses bonshommes à la tâche et pousser ses machines à la casse. Et le jeu fait en sorte que ça fonctionne. Sans être très original, Little Big Workshop offre une expérience de gestion assez complète en prenant en compte les lois de l’offre et de la demande, les impératifs des clients à respecter, le choix des matériaux et des tâches à attribuer à chacun. De plus, durant la vingtaine d’heures de jeu que demandera la campagne pour être bouclée, on a un vrai sentiment de progression au niveau de la difficulté. Accessible, le titre est une belle porte d’entrée dans le genre, d’autant plus qu’avec son univers coloré et mignon, il se présente comme un jeu très grand public. Le tout pour un prix doux (20€). Le titre d’Handygames n’est toutefois pas exempt de défauts entre ses petits bugs, son IA pas toujours au poil, ses problèmes de caméra et son gameplay qui manque un peu de fun. 

Little Big Workshop

7.5

Gameplay

7.5/10

Contenu

8.5/10

Graphismes

7.0/10

Bande son

7.0/10

Finition

7.5/10

Les + :

  • Accessible, avec une difficulté croissante abordable
  • Une approche sérieuse des lois du marché
  • Une jolie direction artistique
  • La prise en main fonctionne, même au pad

Les - :

  • La caméra manque de fluidité
  • Pas très fun
  • Une IA qui laisse parfois à désirer
  • Quelques bugs ici et là