Passé relativement inaperçu lors de sa sortie sur Apple Arcade, Neversong a droit à une seconde chance en ce mois de juillet avec une sortie sur consoles qui pourrait bien lui être salvatrice. Le jeu d’Atmost Games partage plus d’un élément en commun avec les productions du studio Playdead. 

Mine de rien, Apple Arcade aura financé une belle brochette de jolis projets indépendants. Après le sympathique What the Golf? et le dernier volet de la série Shantae, place aujourd’hui à un jeu d’aventure en 2D qui n’est pas sans rappeler les productions de Playdead.

L’atmosphère du jeu est soignée. Sombre et triste, l’histoire de Neversong est basée sur le vécu de son créateur.

Neversong nous narre l’histoire de Peet, un jeune orphelin malheureux dont la vie est transformée le jour où il rencontre la belle Wren. Durant des mois, c’est le fol amour. Les deux tourtereaux partagent tout. En quête perpétuelle de nouvelles aventures, ils s’aventurent dans un asyle abandonné où ils croisent le chemin d’une terrifiante créature qui s’empare de Wren et laisse Peet dans un coma. Armé de son seul courage, le jeune orphelin tentera de récupérer sa bien-aimée en partant explorer la petite bourgade de Redwind Village. Dans cette ville aux allures Burtoniennes, les adultes ont été transformés en monstres sanguinaires et les enfants se terrent. De nombreuses allusions au monde réel se sont glissées un peu partout, et quelques indices nous montrent qu’il s’agit là d’un monde imaginaire…

Sombre, le jeu imaginé par le petit studio d’Atmost Games développe un univers féérique résolument noirâtre. L’atmosphère est pesante dans l’univers de Neversong. Les premières minutes de jeu plongent d’ailleurs le joueur dans un stress intense, jouant avec ses peurs les plus profondes. Neversong est ce type de jeu qui vous prend aux tripes du début à la fin et qui ne vous lâche plus.

Les combats de boss manquent un peu de piquant.

Car la quête principale vous amènera à partir à la découverte d’un univers plein de charme, que l’on croirait tout droit sorti d’un conte de fées. Les développeurs de Neversong ont soigné le progéniture et ont veillé à lui donner une réelle profondeur narrative. L’histoire qui nous est relatée ici n’est bien sûr pas la véritable histoire – celle qui vous sera racontée progressivement au fil des chapitres. Dans Neversong, le joueur rencontrera une belle brochette de personnages aux personnalités toutes très différentes, des compagnons d’enfance de Peet, qui développent tous une relation très différente avec le personnage. On retrouve dans Neversong cette étincelle de génie que l’on retrouvait déjà dans des productions cinématographiques comme Stranger Things ou les Goonies, ce sentiment d’appartenance à un groupe résolument cool et fantasque. Malgré sa simplicité et sa brièveté, Neversong parvient à développer un véritable univers qui lui sied très bien. Artistiquement, le jeu est également très réussi, tant à travers ses séquences de gameplay que ses cut-scenes, très stylées et parfois franchement effrayantes.

Côté gameplay en revanche, le jeu souffle le chaud et le froid. De façon générale, Neversong reste un titre très accessible. Les développeurs sont toutefois parvenus à donner un réel sentiment de progression dans le jeu en débloquant progressivement certaines capacités de notre personnage, qui acquerra dans un premier temps une batte de baseball pour tabasser ses ennemis, puis un skateboard et d’autres accessoires qui lui seront d’une utilité dans sa quête. Le jeu n’hésite pas à nous surprendre avec des puzzles intelligents, des séquences d’action nerveuses et un bestiaire assez varié. Tout n’est toutefois pas parfait dans l’univers de Neversong puisqu’on reprochera au jeu sa trop grande simplicité et une prise en main parfois assez imprécise.

Le skateboard deviendra vite votre moyen de locomotion préféré.

Quoi qu’il en soit, vous ne regretterez pas le voyage. Car l’aventure de Neversong reste passionnante de bout en bout. Si le jeu n’est pas bien long (comptez 4 à 5 heures pour un premier run), il n’est également pas vendu très cher puisqu’il ne faudra débourser que 14,99€ pour en faire l’acquisition. Le seul réel reproche qu’on lui fera concerne ses quelques boss, globalement peu imaginatifs et trop faciles à vaincre. Le endgame du jeu n’est pas non plus fou-fou puisque l’on y débloquera que deux salles inédites, et aucune autre nouveauté en terme de gameplay.

Pour le reste, Atmost Games frôle le sans faute. Que ce soit au niveau de la bande sonore, excellente avec ses doublages authentiques et ses musiques mystérieuses, ou de la réalisation graphique, sublimée par une direction artistique absolument grandiose. On retrouve dans Neversong le même génie que dans un Limbo. Ni plus, ni moins.

Conclusion

S’il manque un peu de substance et s’expédie en moins de 5 heures, Neversong n’en reste pas moins un jeu d’aventure en 2D brillant, qui s’inscrit dans la continuité d’un Limbo pour son univers cauchemardesque et la simplicité de son gameplay. Les thèmes abordés sont très sérieux. Les développeurs du jeu sont toutefois parvenus à les distiller à travers une histoire touchante, qui vous fera rencontrer des personnages aux personnalités bien trempées. Côté gameplay, le jeu manque un peu de subtilité et se révèle globalement trop facile, mais il compense ces défauts par une narration soignée et un réel sentiment de progression avec le déblocage de nouvelles aptitudes à chaque nouveau chapitre. Artistiquement, Neversong est une très belle réussite. Le jeu parvient à construire à univers très attachant. A 14,99€, on lui pardonnera volontiers ses petits défauts pour se concentrer sur ses grandes qualités. Une chose est sûre, le jeu vous fera passer une ou deux agréables soirées!

Neversong

8

Gameplay

8.0/10

Contenu

7.5/10

Graphismes

7.0/10

Bande son

8.5/10

Finition

9.0/10

Les + :

  • Une direction artistique brillante
  • Un gameplay qui gagne en richesse au fil des niveaux
  • Une bande son très réussie
  • Un univers plein de charme
  • Un prix doux (14,99€)

Les - :

  • Un peu court (4 à 5h)
  • Les combats de boss, un peu trop faciles
  • Léger manque de précision dans les commandes