Vu par certains comme le successeur de Splatoon, Ninjala était attendu au tournant par les propriétaires de Switch. D’autant plus qu’il s’agit de l’un des rares free-to-play de la console… 

Ne le cherchez pas sur l’eShop belge, vous ne le trouverez pas. Visiblement, la loi sur les lootbox a fait une nouvelle victime en Belgique. Ninjala est disponible un peu partout dans le monde, mais pas chez nous. La bonne nouvelle, c’est que vous ne manquerez pas grand chose…

Certaines attaques sont… assez spéciales.

Pour ceux qui souhaiteraient malgré tout y jouer, il est possible de le télécharger en créant un compte eShop à l’étranger. Soyons tout à fait honnête avec vous : cela n’en vaut pas vraiment la peine. D’une part, parce que le jeu semble avoir été sorti à la va-vite. Les serveurs sont remplis à craquer, mais le temps d’attente pour jouer (quand on peut!) est atrocement long… D’autre part, parce que côté gameplay, ce n’est guère très fameux… On se retrouve ici face à un jeu de combats en arènes qui se rapproche d’un Splatoon pour ce qui est de son design et pour sa vue à la troisième personne, mais la comparaison s’arrête là car ici l’objectif n’est pas de repeindre tout le niveau mais d’accumuler les points en savatant ses adversaires…

Techniquement, ce n’est pas fameux…

On a ici affaire à un beat them all très (trop!) accessible, avec une seule touche d’attaque et différents pouvoirs qui ne pourront pour certains être activés qu’après un certain temps d’attente… La prise en main se réduit à 90% du temps au matraquage du bouton ZR. Inutile de le préciser, ce n’est pas très fin comme gameplay, et le jeu se révèle en réalité très répétitif et très limité dès la première partie. D’autant plus que les développeurs ont eu de très drôles d’idées… notamment en ce qui concerne le système de balance des joutes, qui est basé non pas sur le skill des joueurs mais sur le hasard… Une caractéristique qui peut se révéler très frustrante pour le joueur puisque même en faisant preuve de skill, il est possible de perdre face à un joueur inexpérimenté dans Ninjala. Le jeu de GungHo Online se révèle par ailleurs également très brouillon dans ses affrontements, qui tournent vite au grand n’importe quoi. On est très loin du génie d’un Splatoon…

Autre mauvaise surprise : côté contenu, ce n’est guère très fameux puisqu’on retrouve seulement 2 cartes à la sortie du jeu – deux cartes de taille toute petite, au level-design peu inventif et dont on fait finalement très vite le tour… Plus inquiétant, le mode solo devra ici être déverrouillé avec des points… Là où Ninjala fait mouche en revanche, c’est au niveau de son système de progression, basé sur l’acquisition de points d’expérience qui permettront de débloquer divers éléments cosmétiques.

Les décors et le level-design sont très pauvres.

Côté réalisation, le constat n’est guère plus rassurant. Malgré ses décors colorés et sa direction artistique sympathique, Ninjala peine à convaincre, la faute à un moteur graphique complètement dépassé. Visuellement, le jeu est très pauvre. Les décors sont vides et n’ont aucune âme. Les bugs sont nombreux également. De façon générale, on reprochera au titre un réel manque d’optimisation, en particulier sur la partie online. Le temps d’attente entre chaque partie est atrocement long… Il faudra parfois patienter jusqu’à 5 minutes avant que la partie ne démarre… pour patienter davantage encore après le temps que tout se synchronise. En terme d’expérience utilisateur, on fait difficilement pire. Alors certes, il s’agit d’un F2P, mais des titres comme Apex Legends ou Vigor ont prouvé qu’il était possible de livrer des jeux gratuits d’une grande qualité dès leur sortie.

Si la qualité du jeu pourrait s’améliorer au fil des mises à jour, le constat au jour du lancement n’est guère très réjouissant. On serait vraiment étonné que le jeu se transforme en une bonne surprise au vu de l’énorme retard à combler. Une chose est sûre : n’est pas le nouveau Splatoon qui veut!

Conclusion

Attendu au tournant par les propriétaires de la Switch, Ninjala est peut-être la première vraie grosse déception pour un titre exclusif à la plate-forme de Nintendo. S’il s’inspire assez ouvertement de Splatoon pour sa direction artistique, sa vue à la troisième personne et son orientation multijoueur, le jeu de Gungho s’éloigne de son modèle niveau gameplay puisqu’on se retrouve ici face à une sorte de beat them all multijoueur très bancal, dans lequel le skill passe au second plan. Le système de jeu est en effet en grande partie basé sur la chance. Assez mou, répétitif et finalement pas très engageant, le jeu de Gungho souffre surtout d’un contenu rachitique à son lancement et d’une partie en ligne bâclée, avec des temps d’attente beaucoup trop long. Alors oui, le jeu est gratuit, mais ce n’est pas une raison pour nous livrer un titre qui n’est pas fini… Sur Switch, Splatoon 2 a encore de beaux jours devant lui. 

Ninjala

2.4

Gameplay

1.5/10

Contenu

2.0/10

Graphismes

3.0/10

Bande son

3.5/10

Finition

2.0/10

Les + :

  • Le système de déblocage de contenus
  • Une direction artistique sympa
  • Gratuit

Les - :

  • Un gameplay trop simple, trop mou, et surtout très mal pensé
  • Techniquement, c'est décevant
  • La très longue attente entre chaque partie...
  • Un contenu ridicule au lancement
  • Pas de vrai mode solo