Dans un avenir plus ou moins proche, il sera possible de profiter de l’intelligence artificielle intégrée à de petits appareils sans devoir faire appel à des superordinateurs, à Internet ou au cloud.

Une équipe de chercheurs du MIT est parvenue à intégrer des synapses artificielles à une puce de très petite taille. Une avancée importante qui permettra, dans un avenir plus ou moins proche, de mettre au point des processeurs dotés d’une véritable intelligence artificielle et de les intégrer à des appareils portables.

À l’heure actuelle, seuls les ordinateurs spécialisés et très puissants sont capables de réaliser des opérations sur base de l’intelligence artificielle. Le fait de pouvoir intégrer des synapses artificielles sur une puce est un premier pas pour démocratiser les processeurs IA sur de futurs appareils.

Un cerveau artificiel matériel

La véritable avancée réalisée par les chercheurs du MIT est d’avoir réussi à reproduire l’architecture du cerveau humain sous la forme d’une puce, un « brain-on-a-chip » (« cerveau sur puce »). Jusqu’à présent, cela n’était possible que sous la forme d’un programme informatique. Les chercheurs du MIT sont donc parvenus à intégrer les synapses artificielles au sein d’un composant informatique dit neuromorphe. Rappelons que dans notre cerveau, les synapses correspondent aux connexions entre les neurones qui permettent la transmission d’informations.

La puce neuromorphique du MIT est de la taille d’un confetti et contient des dizaines de milliers de synapses artificielles, des memristors (fusion de « memory » et « resistor ». Contrairement aux transistors que l’on retrouve dans les processeurs normaux, les memristors conservent leur fonction programmée même après que le courant ait été coupé.

L’expérience réalisée par les chercheurs du MIT a démontré que la puce dotée de synapses artificielles était capable de se souvenir et de récréer une image. Le fait que la puce se souvienne de l’image alors que le courant a été coupé démontre que les synapses artificielles fonctionnent comme celles du cerveau humain. Elles pourraient donc être en mesure de réaliser des tâches complexes sans nécessiter des superordinateurs pour réaliser les calculs.

À terme, la puce pourrait prendre des décisions autonomes sur base d’opérations internes réalisées sans devoir se connecter à Internet, au cloud ou à des superordinateurs de calculs. Elle pourrait devenir un élément central dans le développement des voitures totalement autonome, par exemple.

Le concept de memristor est loin d’être récent. Il a été théorisé en 1971 et est devenu le Graal de l’informatique moderne puisqu’il consomme moins d’énergie pour fonctionner tout en étant plus rapide que les meilleures technologies de stockage actuelles et ne perd aucune information lorsque le courant est coupé.