Après Someday You’ll Return et Infliction, un autre thriller psychologique se profile déjà sur PC et consoles. 

C’est au petit studio américain Camel 101 que l’on doit ce nouveau thriller psychologique à l’ambiance très sombre, qui rappelle parfois Alan Wake de par sa conception et ses décors. Direction en effet l’Amérique profonde dans ce jeu, qui vous propulse dans la peau d’Edward, un jeune homme suicidaire sur le point de passer à l’acte dès la première minute de jeu, qui change finalement ses plans pour retrouver sa maîtresse dans un motel. Sur place, l’homme se rend compte que le lieu est désert. Il devra enquêter dans le petit village de Dormont sur la disparition des villageois et tenter en parallèle de se rappeler les tristes souvenirs de son existence…

Les décors du jeu sont sombres, mais soignés.

Si vous vous attendiez à un survival-horror, vous risquez d’être déçu. Sans surprise, Those who Remain se rapproche en effet davantage d’un walking-simulator que d’un clone de Resident Evil ou d’Alan Wake. Il y a certes un peu d’action, mais le tout est généralement très scripté. Il ne faudra pas s’attendre ici à des gunfights mais de longs trajets à pied, quelques résolutions d’énigmes et quelques jolis échanges narratifs.

Si l’atmosphère du jeu est soignée, son gameplay l’est beaucoup moins. La jouabilité très lourde du jeu – même au pad -, en fait un titre pas très agréable à prendre en main. Les commandes manquent terriblement de précision et de façon générale les interactions avec les objets restent très limitées. Vous pouvez par exemple soulever pratiquement n’importe quel objet et le balancer où vous voulez, mais c’est à peu près tout…

Ces terrifiantes créatures vous suivront partout…

Tout le gameplay du jeu se fonde sur l’usage de la lumière. Car ici, l’obscurité cache les ombres de créatures à l’apparence humaine qui vous déchiquèteront si vous tentez de les approcher. Pour avancer, il faudra suivre les éclairages, allumer des lampes et remettre en place des ampoules. Le concept est séduisant, mais dans la pratique, on finit vite par ne plus vraiment s’occuper des ombres, qui resent bêtement immobiles dans le noir.

La tension est souvent proche de zéro. Et c’est finalement là tout le problème dans ce survival qui manque de frissons.

Pour varier les plaisirs, les développeurs ont bien pensé à nous faire revivre les mésaventures du héros à travers une série de flashbacks dans un monde fantastique. Le résultat est plutôt convaincant, même si là aussi, le tensiomètre est proche de zéro. En revanche, là où le jeu fait mouche, c’est dans ses énigmes parfois très inventives, qui vous forceront à faire des allers-retours, activer des objets et à être parfois très perspicace.

Quelques passages vont grimper un peu le tensiomètre, mais globalement, le jeu n’est pas très effrayant…

Finalement, malgré son univers soigné et les tentatives des développeurs de créer une atmosphère pesante, Those Who Remain ne parvient pas franchement à convaincre, la faute à des mécanismes de jeu qui manquent souvent de naturel et un gameplay trop bancal. C’est et cela reste un walking simulator, un peu plus inventif que la moyenne mais qui n’en reste pas moins très dirigiste dans sa conception.

Côté réalisation, on trouve du très bon (l’éclairage, certains effets visuels et l’atmosphère globale), et du très mauvais (la modélisation des visages, certains rendus, certains décors). S’il n’est pas vendu très cher, Those Who Remain reste un jeu qui aurait mérité quelques mois de plus de travail, ne serait-ce que pour en peaufiner le gameplay ou la réalisation. En l’état, le titre reste séduisant pour les mordus du genre, mais ne parvient jamais vraiment à impressionner.

Conclusion

Séduisant sur le papier avec son univers sombre qui rappelle celui d’Alan Wake et son scénario ambitieux, Those Who Remain ne parvient toutefois pas à convaincre, la faute à des mécanismes de jeu qui restent trop simples. Comme tous les walking simulators, le jeu de Camel 101 s’emmêle les pinceaux très rapidement avec sa progression très linéaire. Si l’on apprécie la richesse des énigmes, le jeu ne parvient pas vraiment à effrayer, et pour cause puisqu’une fois qu’on a compris le principe, on ne se laisse plus trop surprendre. Techniquement, ce n’est pas non plus extraordinaire, même s’il faut bien l’admettre, l’univers du jeu a une certaine dégaine. Trop ambitieux sans doute, le jeu de Camel 101 a toutefois le mérite de bénéficier d’un scénario intéressant à suivre, et plutôt joliment mis en scène. 

Those who remain

5.5

Gameplay

4.5/10

Contenu

6.0/10

Graphismes

6.0/10

Bande son

6.0/10

Finition

5.0/10

Les + :

  • Quelques puzzles inventifs
  • Un univers séduisant
  • Une narration plutôt efficace

Les - :

  • Pas très effrayant quand on a compris le principe...
  • Une prise en main maladroite
  • Les interactions très limitées
  • Finalement, un walking-simulator déguisé...