Initialement sorti sur smartphones en septembre dernier, Dread Nautical débarque sur PC et consoles de salon pour venir nous hanter… 

Un cadre et une ambiance particuliers

Le joueur devra mener son enquête pour comprendre ce qu’il s’est passé sur le paquebot Hope.

Alors que le paquebot de croisière Hope vogue sur l’Atlantique, de mystérieuses créatures apparaissent et s’en prennent aux passagers. La tranquille croisière se transforme alors en véritable cauchemar. En plus des créatures féroces apparues, les lois du temps et de l’espace semblent avoir été totalement renversées. Voilà le cadre dans lequel Dread Nautical plonge le joueur. Un contexte mystérieux qui emprunte largement aux histoires lovecraftiennes et à la légende de Cthulhu.

Sous ses faux airs de petit jeu bon enfant, Dread Nautical dissimule en réalité une histoire intrigante et mystérieuse qui poussera les joueurs à explorer les différents niveaux du bateau pour comprendre quel mal cible le paquebot et son équipage. En plus d’enquêter sur ce qu’il se passe, le joueur devra retrouver les derniers survivants du navire et les mettre en lieu sûr ou les enrôler pour l’aider dans sa quête.

La déconstruction du scénario est particulièrement intéressante et donne véritablement envie d’en savoir plus sur l’histoire. De plus, Zen Studios développe une atmosphère de mystère très bien maîtrisée, ainsi qu’une tension tout au long de l’aventure, malgré le nombre restreint d’intervenants.

Mécanismes simples, mais efficaces

L’aventure de Dread Nautical repose donc sur l’exploration du paquebot. Or, nous l’avons dit, le temps et l’espace ne fonctionnent pas comme dans notre réalité. Ici, les journées sont plus ou moins courtes et se ressemblent toutes. Les souvenirs des personnages ne sont pas fiables et ces derniers ne savent pas depuis quand ils sont là. Quant à l’espace, celui-ci n’en fait qu’à sa tête. À chaque nouvelle exploration, les différents niveaux prendront forme de manière aléatoire. Impossible de se fier à sa mémoire pour atteindre son objectif, la corne de brume pour appeler les secours.

Au-delà de son aspect rogue-like, Dread Nautical prend la forme d’un tactique RPG au tour par tour. Ainsi, en parallèle de l’exploration, le jeu devra faire preuve de stratégie lorsqu’il croisera le chemin des nombreux monstres qui pullulent dans la vingtaine d’étages du navire. Passer sans être détecté, attaquer furtivement, fuir ? Le joueur aura parfois le choix, mais pas toujours. Si les créatures le repèrent, il devra utiliser avec sagesse ses points d’action pour se déplacer ou attaquer, tout en anticipant la réaction de ses adversaires.

Cet aspect du jeu fonctionne plutôt bien, même si les monstres semblent nous repérer de manière aléatoire. On passe parfois aperçu alors qu’on passe vraiment à proximité d’eux, alors qu’à d’autres moments, ils font preuve d’une ouïe très fine. Le fait est que Dread Nautical intègre un bestiaire particulièrement diversifié. Monstres “basique”, énervé, mastodonte ou cracheur et leurs attaques rapides, incapacitantes, brutales, mortelles.se dévoilent très rapidement dans le jeu. Ils renforcent l’atmosphère tendue qui règne sur le bateau.

La tension monte rapidement, notamment lorsque plusieurs monstres vous prennent en chasse.

Pour y faire face, le joueur pourra compter sur un arsenal tout aussi diversifié. En progressant, il pourra récupérer du butin ici et là, notamment des armes (très diversifiées), des bandages et de quoi améliorer son équipement via sa base. Dans la cale du bateau qui sert de quartier général aux survivants, le joueur pourra effectivement améliorer ses armes et leurs caractéristiques via sa table de bricolage. Des aspects RPG plutôt classiques -le joueur y sera d’ailleurs confronté dès le début du jeu puisqu’il devra choisir entre 4 personnages types en fonction de leurs caractéristiques (vie, points d’action, bonus) – auxquels se rajoutent la faim et l’état d’épuisement psychologique de notre héros.

En réalité, l’aventure que propose Dread Nautical est plutôt complète et complexe puisqu’il faudra prendre de nombreux éléments en compte pour mener à bien la survie de son héros. Ainsi, avant chaque nouvelle exploration, le joueur devra préparer l’équipement de son personnage, car il ne pourra emporter qu’un nombre limité d’objets. Il devra également faire des choix quand il tombera sur de nouvelles armes et accessoires. Mais ce n’est pas tout.

Il faudra choisir son équipement et ses équipiers avec sagesse avant de se lancer dans un nouveau niveau.

Le titre de Zen Studios se veut également stratégique lors des rencontres avec les survivants. Lorsque le joueur croisera un rescapé, il devra faire en sorte de choisir les bonnes réponses à lui donner pour s’assurer que celui-ci rejoigne le QG et fasse potentiellement équipe avec lui. Le joueur devra alors choisir les survivants qui l’accompagneront pour gravir les niveaux du paquebot en fonction de leurs caractéristiques, mais aussi les équiper et leur attribuer un rôle lors des combats. Sans ça, ça sera retour à la case départ et il faudra donc recommencer tout le niveau qui aura été généré une nouvelle fois de manière aléatoire.

Et si ce survival-horror se révèle plutôt exigeant en mode normal tout en étant largement accessible, il l’est d’autant plus en mode difficile et “insane”. De quoi allonger la durée de vie de Dread Nautical qui demandera une quinzaine d’heures pour être terminé en mode normal.

Des personnages sans voix

S’ils parlent, les personnages de Dread Nautical ne bougent pas pour autant la bouche. Un choix qui renforce l’identité visuelle du jeu.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Dread Nautical jouit d’une direction artistique qui lui est propre. Avec son univers cartoonesque à la fois sombre et coloré, le titre arbore une esthétique simple, mais efficace. Malgré sa vision en vue du dessus, le jeu parvient à proposer des décors colorés et différents. Certaines pièces se démarquent plus que d’autres avec ses meubles et couleurs néon, mais globalement c’est charmant sans être très joli. On regrette tout de même que certaines pièces se ressemblent autant.

Sur le plan technique, on peut faire davantage de critiques. Le fait d’imposer des déplacements sur base d’un plateau – dont les cases ne sont pas visibles – n’est pas très agréable. Cela ralentit les déplacements. Les éléments de décors sont disséminés un peu partout, bloquant le chemin.

Disponible en VOSTFR, le jeu joue la carte de la sobriété au niveau sonore puisqu’il ne propose pas d’ambiance musicale. Un choix qui peut paraître étrange de la part de Zen Studios, mais qui ne pénalise pas du tout l’aventure. L’ambiance lugubre, la tension et les bruitages font totalement oublier le manque de musique.

Enfin, on notera quelques soucis de freeze à certains moments, des temps de chargement plus ou moins longs et une (des?) faute d’orthographe (Atelier de brocolage).

Conclusion

Initialement sorti sur smartphones, Dread Nautical est loin d’être un simple petit jeu mobile porté sur consoles de salon et PC. Avec son cadre très mystérieux et son ambiance lovecraftienne particulièrement réussie, le titre de Zen Studios propose une aventure riche. Prenant la forme d’un tactique-RPG au tour par tour avec des inspirations de rogue-like, Dread Nautical a en effet de quoi occuper les joueurs. Ajoutez à cela un système de dialogues à choix multiples et vous aurez un jeu qui mérite le détour. Le tout avec une durée de vie d’une quinzaine d’heures, une rejouabilité non négligeable grâce à ses différents niveaux de difficulté, mais aussi ses niveaux générés de manière aléatoire et, enfin, un prix tout à fait correct de 20 euros. 

 

Dread Nautical

6.8

Gameplay

7.5/10

Contenu

7.5/10

Graphismes

6.5/10

Bande son

5.5/10

Finition

7.0/10

Les + :

  • Une ambiance lovecraftienne réussie
  • Une bonne dose de stratégie tout en étant accessible
  • De bons mécanismes de rogue-like
  • Un riche bestiaire
  • Une intrigue prenante

Les - :

  • Quelques freezes ici et là
  • Certaines pièces manquent cruellement d'intérêt
  • L'absence de musique