Plus de 25 ans après Streets of Rage 3, la franchise de Sega revient enfin avec un nouvel épisode, développé par un studio de passionnés. Et le résultat est à la hauteur de nos attentes. 

Personne ne s’attendait à ce que la série culte de Sega fasse un jour son grand retour sous le feu des projecteurs. Un petit studio de développement français a décidé qu’il était temps de ressortir la franchise du placard. Réalisé par une petite équipe de passionnés, Streets of Rage 4 est un hommage vibrant aux beat them all old-school.

A plusieurs, ça peut vite devenir très difficile de s’y retrouver.

Comme ses ancêtres, Streets of Rage 4 ne s’attarde que très peu sur son scénario et sa mise en bouche. Il faudra se contenter ici de quelques textes et échanges verbaux, pas forcément admirablement écrits. L’un dans l’autre, on ne s’attendait pas forcément à beaucoup plus, mais pour un jeu de 2020 aussi soigné techniquement, il est tout de même étonnant que les développeurs n’en aient pas fait plus au niveau de la narration, qui reste beaucoup trop minimaliste. Tout ici n’est finalement qu’un prétexte à nous envoyer affronter les larbins du syndicat du crime local. Découpé en 12 chapitres, le jeu vous fera voir du pays. De façon générale on ne peut que s’incliner devant le travail accompli par les développeurs, qui nous livrent un jeu très complet niveau contenu.

Déjà, parce qu’il faudra 2 bonnes heures de jeu pour le boucler en ligne droite une première fois. Ensuite, parce qu’il y a un nombre impressionnant de contenus à débloquer, et notamment des personnages supplémentaires. Chaque personnage se contrôlant vraiment différemment, on prend un certain plaisir à parcourir plusieurs fois le jeu, de surcroît dans différents modes de difficulté. Et pour ne rien gâcher à notre plaisir, il est possible d’y jouer en coop à 4 en local et à 2 en ligne. On retrouve également pas mal de modes alternatifs, de l’arcade au combat de boss ou au duel. Bref, il y a largement de quoi s’occuper, surtout pour un tarif de 24,99€.

Les combats de boss sont intenses.

Niveau gameplay, Streets of Rage 4 s’inscrit dans la continuité de ses ancêtres tout en modernisant certains mécanismes de jeu. Si la difficulté du jeu est corsée, pas de panique pour les débutants, le mode easy offre un nombre de vies infini. Globalement, la prise en main reste également très simple, et en grande partie basée sur le matraquage de bouton et le bon timing. Plusieurs autres éléments sont également à prendre en compte : les sauts et choppes, mais aussi le super, qui permet d’aligner des coups plus puissants et l’attaque ultime qui fait sauter la garde de l’adversaire.

Comme dans les précédents volets de la série, on retrouve plusieurs catégories de larbins, qui ont tous leurs propres techniques de combat. Toutefois, ce sont bien les boss qui vous en feront voir de toutes les couleurs avec leurs attaques surpuissantes. Pour les vaincre, il faudra maîtriser des patterns particuliers. Si le jeu n’est pas excessivement technique, il nécessite un petit temps d’adaptation pour mémoriser tous ses mécanismes.

De façon générale, les développeurs de Streets of Rage 4 ont brillamment modernisé le gameplay de la série, sans entièrement toucher aux mécanismes du jeu. Seuls petits regrets peut-être : que l’action devienne vite très confuse à deux joueurs et plus, et que les déplacements soient aussi lents.

Les décors offrent une belle diversité d’environnements.

Techniquement, Streets of Rage 4 s’en sort également très bien. Les visuels sont soignés, les décors lisses et la patte graphique exerce un certain charme. Certains décors manquent toutefois de détails et de profondeur, et le character design ne sera très clairement pas du goût de tous – logique puisqu’on parle du pixel-art à un style plus comic-book un peu frenchie.

La bande son peine également à convaincre malgré sa fidélité à celles des précédents volets et de jolies collaborations avec plusieurs artistes nippons de renommée, dont notamment Yuzo Koshiro et Motohiro Kawashima (Streets of Rage) et Yoko Shimomura (Final Fight, Street Fighter II : The World Warrior). Le compositeur français Olivier Derivière s’est entouré des bonnes personnes pour ce projet et le résultat est concluant, même s’il manque finalement à ce Streets of Rage 4 un thème vraiment emblématique qui aurait marqué l’esprit des joueurs.

Conclusion

Avec Streets of Rage 4, Guard Crush Games, Dotemu et Lizardcube livrent un vibrant hommage aux beat them all old-school. D’une rare fidélité au matériau de base, cette suite inespérée ressuscite une franchise qui était restée au placard depuis plus de 15 ans. Et on le sent, les développeurs sont des passionnés puisque le jeu modernise brillamment tous les mécanismes de jeu de l’époque. Nerveux et même technique, le beat them all se déguste de préférence à plusieurs, en local ou en ligne. Le savatage en règle des truands est un petit plaisir qui se partage. Comme dans les précédents volets, les combats de boss occupent une place centrale dans le jeu et lui donnent un certain cachet. Là où Streets of Rage 4 parvient à surprendre, c’est toutefois dans son contenu très généreux, avec ses 12 niveaux, ses multiples modes de jeu et ses nombreux personnages à débloquer le jeu justifie facilement son tarif de 24,99€. Techniquement, c’est également très propre, même s’il est vrai que la direction artistique très frenchie ne plaira pas à tout le monde et dénature un peu le matériau de base. Pour autant, ne gâchons pas notre plaisir, il s’agit d’un des come-back les plus inattendus et les plus réussis de ces dernières années!

Streets of Rage 4

8

Gameplay

7.5/10

Contenu

9.0/10

Graphismes

7.5/10

Bande son

7.5/10

Finition

8.5/10

Les + :

  • Un contenu solide, pour un prix compétitif (24,99€)
  • Jouable à 4 en local et 2 en ligne
  • Plein de contenu à débloquer
  • Les combats de boss, intenses
  • Un gameplay très efficace

Les - :

  • La mise en scène d'un autre temps
  • Un scénario qui tient sur un bout de papier
  • La direction artistique, pas toujours très inspirée